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Infanticide de Barsac (33) : la mère devra s'expliquer devant les assises de Gironde lundi

Coup de folie ou tir accidentel ? Aurélie Coulon devra s'expliquer à partir de lundi devant la cour d'assises de Gironde sur le meurtre de sa fille de neuf ans, tuée d'un coup de carabine le 9 mars 2015.

Par CB et AFP

La mère avait été retrouvée, àl'époque, en état de choc et tenant des propos incohérents.
Aujourd'hui âgée de 36 ans, elle avait été immédiatement internée dans une unité psychiatrique après son
interpellation sur les lieux du crime, au bord d'une route à Barsac (Gironde).

Elle n'avait pu être mise en examen que deux mois plus tard, sans avoir livré aux enquêteurs de version convaincante du drame.
La jeune femme n'a toutefois pas été déclarée irresponsable au moment des faits et, bien que souffrant à l'époque d'une très forte addiction aux stupéfiants - particulièrement au cannabis qu'elle fumait comme du tabac -, elle n'était pas sous l'influence de drogue ou d'alcool.

Entre détention provisoire et soins psychiatriques, Aurélie Coulon devra donc répondre durant trois jours de l'infanticide de sa fille Manon, et d'une tentative de meurtre d'un automobiliste qui passait par là.
Me Christian Dubarry représente le père de la victime, ainsi que des oncles et ses grands-parents paternels, tous parties civiles. :

Avec une telle fragilité psychologique, "le procès s'annonce compliqué (...) Je ne sais pas si on aura de véritables réponses".
"Ils veulent comprendre. Depuis trois ans, le schéma est pour eux totalement incompréhensible (...) Aurélie Coulon ne présentait pas de signe particulier de violence, ne semblait pas être capable d'utiliser une arme à feu, encore moins contre Manon", dont elle était très proche.

Selon les dires de l'accusée, tout a été déclenché par des "traces de sang" découvertes dans la culotte de sa fille. Une vision qui aurait soudainement renvoyé la mère à un épisode ancien de sa propre vie, totalement occulté jusqu'alors: un viol infligé par son père, accusation formellement démentie par ce dernier comme par son ex-épouse.

Tuer le père

La jeune femme décide alors de partir tuer son père, qui réside à Villenave-d'Ornon, près de Bordeaux. Le 9 mars 2015, à 5h30, elle se saisit d'une carabine qui lui appartient, et quitte en voiture son domicile de Saint-Michel-de-Castelnau, dans le sud de la Gironde, pour aller se venger. Et emmène sa fille avec elle...

Aurélie Coulon roule à vive allure pendant une heure lorsqu'une panne d'essence l'immobilise à la sortie du village de Barsac. Sa fille est vraisemblablement endormie dans la voiture. Elle sort et dit avoir cherché à stopper les quelques voitures qui passent à cette heure matinale pour se faire emmener jusqu'à Villenave-d'Ornon, 
en ouvrant le feu sur celles qui refusent de s'arrêter.
Selon ses dires, elle se retourne à un moment vers sa voiture quand un coup part accidentellement, la balle atteignant l'enfant à l'abdomen. Une version contredite par l'autopsie et l'expertise ballistique mais que la mère a maintenue tout au long de l'instruction. 

Elle dira aussi avoir voulu se suicider mais qu'elle n'avait plus de cartouche, alors que les gendarmes ont saisi une arme chargée. Puis elle a affirmé ne pas avoir réussi à retourner la carabine contre elle, car ses bras étaient trop courts... 
C'est alors qu'un automobiliste, infirmier de profession, s'arrête et parvient à désarmer la femme, en état de "grand désarroi" sur le bord de la route. Tandis qu'il tente en vain de secourir l'enfant, la mère s'enfuit à pied à travers les
vignes.
Elle sera vite rattrapée par les gendarmes qui la trouve "en état de folie", tenant des propos "vraiment incohérents".

Le verdict est attendu mercredi.

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