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Libourne : les avocats en grêve pour protester contre la réforme de la justice

Les avocats libournais dénoncent une "justice déshumanisée". / © C.Bonté-Baratciart
Les avocats libournais dénoncent une "justice déshumanisée". / © C.Bonté-Baratciart

Ce mercredi 12 décembre, l'ensemble du barreau de Libourne a répondu à l'appel de la journée nationale "justice morte", alors que le texte de loi sur la réforme judicaire a été adopté par l'Assemblée Nationale la nuit dernière.

Par Margaux Dubieilh

Le tribunal de Libourne pourrait-il bientôt fusionner avec celui de Bordeaux ? C'est la question que se posent les avocats du tribunal d'instance de Libourne. Ce mercredi, ils étaient tous en grève pour protester contre le projet de réforme de la justice, voté dans la nuit du 11 au 12 décembre par les députés.
 
L'ensemble du barreau de Libourne était en grêve contre la réforme de la justice

 

Justice déshumanisée

En effet, ce texte de loi prévoit la fusion des tribunaux d'instance (TI) et de grande instance (TGI) dans une nouveau "tribunal judiciaire".  Les magistrats craignent donc que celui de Libourne ne perde une partie de ses contentieux, au profit du TGI de Bordeaux.

Le bâtonnier Raphaël Monroux craint que cette situation ne mène à une "justice à deux vitesses" :

 Les avocats s'inquiètent d'une justice qui va se concentrer sur les centres-villes au détriment du territoire. La justice est pour tous, ce n'est pas un produit de luxe.

Il redoute la création de "mastodontes judiciaires", éloignés des citoyens. Une inquiétude partagée par les élus des Libournais, qui soutiennent le mouvement des avocats, mais aussi l'ensemble de la profession :

Pour un justiciable du Blayais, du Libournais, se déplacer à Bordeaux pour un litige de droit commun sera de plus en plus compliqué. C'est une atteinte, me semble-t-il au pouvoir régalien de l'État et au droit de chaque citoyen d'être jugé assez proche de son habitation.

 

Interview de Raphaël Monroux, bâtonnier du tribunal d'instance de Libourne


6500 emplois, 7000 places de prison

Ce texte de réforme n'a pas fait l'unanimité au sein de l'Assemblée nationale, hier soir . En effet, il a été adopté en première lecture par 88 voix contre 83. Les oppositions de droite et de gauche, qui ont tous voté contre, déplorent même une adoption "en catimini".

Outre cette fusion des tribunaux, la réforme comprend une loi de programmation budgétaire qui permettra d'augmenter le budget de la justice de 24%. Cette hausse devrait financer à terme la création de 6500 emplois et 7000 places de prison.
 

"Ma pôvre justice"

En Dordogne, les avocats de Périgueux ont décidé de pousser la chansonnette contre cette réforme : sur leur compte Facebook, ils ont publié une vidéo où ils exposent leurs craintes sur une reprise de la chanson de Kendji Girac "Andalouse". Tourné dans le Palais de justice de la ville, le clip a fait déjà plus de 9000 vues.
 

Une façon sympathique et efficace de protester contre cette réforme, largement critiquée par les magistrats.

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