Masques au marché et dépistage sur la plage : les mesures des Girondins pour lutter contre la Covid-19

Entre un relâchement général et l'afflux de touristes, la Gironde fait face à une augmentation des cas positifs à la Covid. Pour faire face, plusieurs communes du département ont mis en place des mesures pour protéger leurs habitants.
En prenant quelques jours d'avance, le maire de Libourne veut "rappeler l'importance des gestes barrières" en imposant le masque au marché couvert.
En prenant quelques jours d'avance, le maire de Libourne veut "rappeler l'importance des gestes barrières" en imposant le masque au marché couvert. © M-P. D'Abrigeon / France 3 Aquitaine
Le Premier ministre l’a annoncé en début de semaine : les masques seront obligatoires dans tous les lieux publics clos dès lundi. Une décision rapidement suivie en Gironde, placée en "vulnérabilité modérée" depuis vendredi 10 juillet. 

L'ARS de Nouvelle-Aquitaine a alerté, vendredi 17 juillet sur une intensification de la circulation du virus dans la région. Si onze clusters ont été recensés en Nouvelle-Aquitaine, ils sont désormais quatre à Bordeaux, suite à des événements privés. Au total, 41 cas ont été identifiés à Bordeaux.


Marché masqué

A Libourne, près de Bordeaux, le maire de la ville a anticipé les consignes gouvernementales. Dès ce vendredi matin, le marché couvert n’était accessible qu’aux porteurs de masques. "J’ai considéré qu’au vu de la dégradation sanitaire, il fallait se redonner de la motivation vis-à-vis des gestes barrières et redire que la bataille n’est pas gagnée", explique Philippe Buisson, le maire de la commune.
Au marché couvert de Libourne, les masques sont déjà obligatoires, depuis ce matin.
Au marché couvert de Libourne, les masques sont déjà obligatoires, depuis ce matin. © M-P. D'Abrigeon / France 3 Aquitaine
Et dans les allées du marché couvert, la mesure est validée. "J’ai eu l’occasion d’attraper le corona lors de la première vague. Je n’ai pas envie que cela revienne", explique un Libournais. Pour pallier les oublis, des policiers et agents municipaux distribuent des masques à l’entrée du marché. Les réfractaires quant à eux, écoperont d’une amende de 68€. 


Dépistage sur la plage

Du côté du bassin d’Arcachon, où une rave party avait fait craindre la naissance d’un nouveau cluster, la commune de la Teste-de-Buch va lancer un dispositif de dépistage, sur la plage. "Pour la période estivale, nous avons mis l'accent sur un dépistage préventif, qui cible plutôt les touristes en Gironde", explique Catherine Le Mercier, directrice adjointe de la délégation girondine de l'ARS.

Située sur la plage du Petit-Nice, la structure accueillera les riverains et vacanciers dès mardi prochain, et pendant tout l'été, de 10h à 13h. Ouvert à tous, sans ordonnance, chacun pourra alors se faire dépister, accompagné d’un agent de prévention. "Nous sommes en lien avec le centre hospitalier d'Arcachon et nous allons faire appel à des services civiques pour créer une équipe de préleveurs", détaille Catherine Le Mercier. Les communes d'Arcachon, de Lège-Cap-Ferret, de Lacanau et de Vendays-Montalivet ont aussi répondu à l'appel. Elles devraient ouvrir dans les prochains jours des centres de dépistage de la Covid pour tous.

Relâchement estival

Depuis quelques semaines, le département est particulièrement surveillé, suite à un doublement du nombre de cas positifs hebdomadaires. "Nous avons balayé l’ensemble des indicateurs et on note une augmentation de l’activité de SOS Médecins, trois nouvelles hospitalisations et l’apparition de nouveaux clusters", détaille Laurent Filleul, responsable régional de Santé Publique France.  En Gironde, les trois clusters se sont formés suite à des soirées privées, où une personne peut contaminer une dizaine d’autres. “On remarque que les nouveaux cas apparaissent souvent dans le milieu festif où il y a une baisse de la vigilance. On ne porte plus le masque et les distanciations n’existent plus et on va ensuite contaminer d’autres personnes”, regrette Laurent Filleul. 

Autre profil type, les voyageurs de retour de pays étrangers touchés par l’épidémie. La Gironde est l’une des principales destinations de vacances en France. "On ne stigmatise pas le fait qu'il y a des touristes qui vont arriver, la menace ne vient pas de là. La menace vient du fait que le virus est toujours présent et qu'il ne faudrait pas qu'on ouvre les portes pour qu'ils circule de plus en plus", estime l'épidémiologiste.
Pour limiter la propagation du virus, l'ARS rappelle les distanciations nécessaires de façon imagée.
Pour limiter la propagation du virus, l'ARS rappelle les distanciations nécessaires de façon imagée. © ARS Nouvelle-Aquitaine
Comme pour les soirées, il n’est cependant pas question d’interdire le tourisme. L’épidémiologiste appelle seulement à du bon sens, et au retour des gestes barrières. "Si vous, ou une des personnes de votre entourage rentrez de voyage, vous gardez vos distances, vous portez un masque tous les deux, et aux premiers symptômes, vous vous faites dépister", martèle l'épidémiologiste. 




 
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