Gironde : le commissaire enquêteur émet un avis défavorable au projet de parc éolien à Lesparre-Médoc

Le premier Parc éolien de l’ex-Aquitaine, verra-t-il finalement le jour sur la commune de Lesparre-Médoc ? Le commissaire enquêteur vient de rendre un avis défavorable.
 

Il n'existe aucune éolienne à ce jour sur le territoire de l'ex-Aquitaine
Il n'existe aucune éolienne à ce jour sur le territoire de l'ex-Aquitaine © JOEL SAGET / AFP
Il devait être implanté dans le secteur forestier des Vignes Oudides, au sud de la commune de Lesparre. Le projet de 12 éoliennes, développé par la société girondine Valorem et la Caisse des dépôts et consignations a aujourd‘hui du plomb dans l’aile.

Le commissaire enquêteur vient de rendre un avis défavorable. 

Dans son rapport, il estime « qu’il y a eu défaillance au niveau de la participation du public dans le cadre d’une concertation en amont. Cette défaillance remet en cause l’acceptabilité sociale du parc éolien et explique les oppositions frontales au projet sur la fin de l’enquête »
 

Déception du maire de Lesparre

Dès 2016, la commune de Lesparre avait donné son feu vert à ce parc qui selon elle, allait permettre à sa ville et à la communauté de communes de toucher des dividendes : près de 300 000 euros par an.

Mais le projet, avec une hauteur en bout de pales de 210 mètres de haut et d'une puissance de 50 MW avait aussi ses détracteurs. A commencer par les chasseurs vent debout contre cette implantation située, selon eux, au cœur du couloir migratoire et qui allait au passage "défigurer" le paysage.

Aujourd’hui, Bernard Guiraud, le maire (DVG) de Lesparre, regrette la décision du commissaire enquêteur.

Encore une fois dans le Médoc, on va refuser un énième projet sur notre territoire : on a refusé un pont sur la Gironde dans les années 80, on est le seul estuaire en Europe à ne pas être traversé, on a refusé le grand contournement aujourd’hui c’est l’éolien. C’est encore une minorité qui va faire capoter le projet !
Bernard Guiraud


Bernard Guiraud, récuse les accusations de nuisances et défend l’implantation du parc dans un territoire éloigné de la commune à 700 mètres de la première habitation.


Un dossier "pertinent" pour Valorem

De son côté, la société Valorem installée à Bègles en Gironde, préfère ne pas commenter pour l’instant cet avis défavorable et explique vouloir d’abord étudier le rapport.

Pour autant, ses représentants restent persuadés de la pertinence du dossier sur un territoire faisant partie des «meilleurs gisements éoliens ».

Un dossier, qui dit-on au sein de l’entreprise répond aux objectifs de la transition énergétique voulue par le gouvernement et à la volonté régionale de rééquilibrer les projets sur l’ensemble de son territoire.

De nombreux parcs ont vu le jour et continuent d’émerger en ex-Poitou-Charentes, ce qui n’est pas le cas pour l’ex-Aquitaine qui n’en accueille aucun à ce jour.
 
Une situation qui pourrait générer un sentiment d’iniquité. La Charente-Maritime a d’ailleurs lancé début 2019 un observatoire de l'éolien "pour dresser un inventaire". Et le conseil départemental a également voté un moratoire de deux ans sur l’éolien (sans portée juridique). 


L'avenir du parc éolien à Lesparre 


Après l'avis défavorable du commissaire enquêteur, le dossier du parc éolien sur la commune de Lesparre doit être présenté devant la commission départementale de la nature des sites et des paysages (CDNPS).

C'est au préfet de Gironde que reviendra la décision finale.

 
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