Membre de la protection civile du Sud Médoc, Christophe raconte sa mission à Saint-Martin

 Christophe Bacquet / © Fédération nationale de la protection civile
Christophe Bacquet / © Fédération nationale de la protection civile

Christophe Bacquet 22 ans,  est le seul Girondin de la protection civile a avoir intégré une misison sur l'île de Saint-Martin, dévastée par le cyclone Irma. De retour, il raconte son expérience. 

Par Maïté Koda

Septembre 20145. Le cyclone Irma s'abat sur la Caraïbe.  Aux rafales à plus de 300 km/heure, s'ajoutent des vagues de 12 mètres de haut et des pluies diluviennes. L'île de Saint-Martin, qui compte une partie française et l'autre hollandaise est très gravement touchée. Quatre personnes sont mortes, l'île est détruite à 95%.

Une seule place pour toute la Gironde

Sur place, les premiers secours s'organisent rapidement depuis la Guadeloupe et la Martinique voisines. Depuis l'Hexagone, pompiers, secouristes et militaires sont sollicités. A Saint-Aubin de Médoc, en Gironde, Christophe Bacquet, 22 ans, voit passer un appel à volontaires. Le jeune homme a est bénévole dans la protection civile depuis déjà cinq ans. Il se manifeste. Une seule place est attribuée à la Gironde, elle sera pour lui.
 
Le départ, un temps reporté à cause du passage de José, un nouvel ouragan, est fixé au 15 septembre. Un vol conduit les secouristes jusqu'à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, où ils restent une nuit avant d'arriver à Saint Martin,  à 300 kilomètres de là. C'est un premier choc.
 

On avait essayé de se préparer en regardant les images, les informations. Mais rien ne pouvait nous préparer à ça. C'était vraiment chaotique, tout était détruit.

 
 
Les volontaires étaient logés dans un entrepôt qu'ils ont eux-mêmes déblayé, puis dans des salles de classe. "On était beaucoup mieux lotis que la plupart des gens sur place", assure Christophe.
 
 
© Fédération nationale de la protection civile
© Fédération nationale de la protection civile


Son groupe comptait 42 secouristes. Vingt sont venus depuis les Antilles, et 22 depuis l'Hexagone. Ils doivent assurer des missions de proximité auprès des habitants, qui ont tout perdu.
 

On déblayait des maisons et des jardins, on bâchait les toits qui s'étaient quasiment tous envolés, on distribuait de l'eau et des denrées…

 
 
Les missions  de la protection civile complètent celles des pompiers et militaires sur place.
Le jeune volontaire se souvient également avoir du détruire 180 tonnes de denrées avariés, après avoir été décongelées et recongelées à répétition. La faute aux nombreuses coupures d'électricité post ouragan. Mais Christophe reste surtout marqué par l'accueil et la générosité des Saint-Martinois.
 

On avait toujours droit à un signe de la main, un petit mot… Des gens qui n'avaient plus de toit venaient nous proposer à boire, ou à manger… C'était incroyable de voir ça

 
© Fédération nationale de la protection civile
© Fédération nationale de la protection civile


Pendant son séjour sur place, un nouvel ouragan, Maria a menacé l'île. Christophe et ses collègues, en mission pour alerter la population sur l'imminence du phénomène, reçoivent eux-mêmes un ordre de confinement dans un délai d'une heure.

On a quand même essayé d'alerter les gens. Mais soit, ils n'étaient pas au courant du passage de Maria, soit ils s'en foutaient. Après Irma, ils pensaient qu'il ne pourrait rien leur arriver de pire. Leur maison était dévastée, certains restaient dans la rue… On s'est vraiment sentis impuissant
 

 
Après deux semaines passées sur place, Christophe est rentré à Saint Aubin de Médoc après sa première grosse mission, et, avec une seule envie: repartir. 

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