Sénatoriales en Gironde : pas d'union, tous en ordre dispersé

Les écologistes espèrent profiter de la vague verte ayant porté un maire EELV à la tête de Bordeaux. A droite et au centre, c'est la désunion. Le scrutin cru 2020 conserve une part de suspense. 

Palais du Luxembourg, le Sénat à Paris
Palais du Luxembourg, le Sénat à Paris © LIONEL BONAVENTURE / AFP
Un vent nouveau va-t-il souffler sur la représentation girondine au Sénat. Le département envoie six sénateurs au Palais du Luxembourg. A ce jour, trois à gauche et trois à droite élus en 2014 sur seulement deux listes.  
Mais pour le cru 2020, rien n'est comme avant. Tous se représentent mais cette fois en ordre dispersé.  Finie l'union et les alliances d'hier aux municipales.
La candidate Europe Ecologie Les Verts, issue de la métropole bordelaise, Monique de Marco, croit en sa chance. Elle a déjà été candidate en 2014, recueillant 4,83% Bordeaux passant au vert, ce sont donc potentiellement des voix d'élus en plus pour la candidate. " Il y a quand même une anomalie actuellement, nous n'avons aucun député, une seule sénatrice écologiste donc il est nécessaire qu'il y ait en Gironde  et ce sera une étape historique, une candidate de conviction écologiste. " plaide la candidate Monique De Marco. 
Il lui faudra réunir 450 voix.
Pour le parti socialiste,  Hervé Gillé ,Sénateur  de la Gironde et candidat parle aussi toujours de ses " amis " d'Europe Ecologie les Verts, " Il faut qu'ils fassent leur route " remarque le candidate. Avec un bémol pourtant : " La liste Europe Ecologie les Verts est très marquée métropolitaine. Quand on est en tournée sur l'ensemble périurbain et du secteur rural, on voit que cette liste est en décalage. "
L'objectif de maintenir les trois élus socialistes est toujours inscrit mais l'une d'entre eux est partie vers d'autres cieux. Françoise Cartron, élue en 2014 sur la liste PS et aujourd'hui LREM, pourrait souffrir des résultats piteux du parti présidentiel aux municipales. Elle espère : " C'est une élection  beaucoup moins politisée que d'autres. Je dis pas dans la métropole, les choses sont beaucoup plus sans doute cadrées. Quand vous êtes dans le rural, ils vous parlent de leur problème. Ils vous parlent des gens du voyage, de l'orchestre à l'école qui avec le Covid ne peut pas reprendre. Des choses très concrètes, l'étiquette politique ça passe après. "

Rififi à droite

La droite se déchire pour ce cru 2020. A droite et au centre, unis il y a six ans, LR part tout seul avec Florence Lassarade, sénatrice sortante. Les deux femmes sénatrices ont choisi chacune d'être tête de liste. Nathalie Delattre, UDI et conseillère municipale de Bordeaux revendique l'appui du président du Sénat Gérard Larcher. Elle est très implantée dans le territoire viticole puisqu'elle est elle-même issue de cette activité forte dans le département. Elle fait équipe avec le Modem Alain Cazabone : " Nous sommes deux sénateurs sortants à faire la liste d'union de la droite et du centre. Mais effectivement, il n'a pas été possible et au combien pourtant j'ai essayé de faire cette liste d'union. " 

Une position contestée par leur ancien colistier Yves d'Amécourt, soutien de François Fillon. Lui revendique son implantation à la campagne et son "mouvement pour la ruralité."  Il est amer car éconduit pour faire alliance dit-il. " Il y a six ans, j'ai joué un rôle dans leur élection. Aujourd'hui elles sont choisi de faire cavalier seul, de ne pas renvoyer l'ascenseur. Je me présente parce que c'est dans la logique des mandats que j'ai exercés. " Il tacle Florence Lassarade, sénatrice LR sortante et la désignation de sa liste " dans les alcôves ", sans réunion dans les instances du parti au plan départemental regrette-il. 

Réponse de la bergère au berger, sans fard " Je sais pas si Yves d'Amécourt s'est bien remis de l'affaire Fillon dont il parle toujours. Je pense qu'il se fourvoie complètement. Il ne s'est pas représenté aux élections sur son secteur. Il a fait perdre sa mairie, sa communauté commune donc je ne vois pas à quel titre il vient maintenant faire la leçon et dire que c'est lui le sénateur de droite. C'est pas vrai. "
Qui pour les départager ? Les 3500 grands électeurs qui votent pour ce scrutin en Gironde dimanche prochain 27 septembre. Mais le scrutin laissera des traces. 
 
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