Sud Gironde : la solidarité des blouses blanches en zone rurale face au coronavirus

En première ligne, les infirmiers libéraux du Sud Gironde se retrouvent sur un groupe WhatsApp afin d’échanger sur le virus. Une initiative lancée par un médecin généraliste de Sauveterre de Guyenne, petite commune rurale située au cœur du vignoble bordelais, à 50 kms de Bordeaux.
Chaque jour, les infirmiers et infirmières libérales sont en première ligne face aux malades à domicile.
Chaque jour, les infirmiers et infirmières libérales sont en première ligne face aux malades à domicile. © France 3 Aquitaine
Christiane Dulong est infirmière libérale, elle est appelée à se rendre régulièrement au chevet des personnes âgées qui ne peuvent pas se déplacer, afin de surveiller leur état de santé ou de réaliser des prises de sang et des pansements.

Très vite, elle a souhaité participer à ce groupe de paroles :

Cela nous permet de parler des pratiques et des conduites à tenir sur le terrain. Les médecins généralistes nous donnent des conseils. On peut dire nos craintes, dédramatiser des situations et trouver des solutions. Car nous sommes un peu livrés à nous-mêmes pour faire face à la pandémie.
Christiane Dulong, infirmière diplômée depuis 41 ans. 

L’un des problèmes majeurs soulevés par le groupe est l’isolement.

Ce groupe m’a permis de prendre conscience de la grande solidarité qui règne entre tous les professionnels de santé qui travaillent en zone rurale : pharmaciens, médecins généralistes et infirmières. Je ne m’attendais pas à un tel élan de solidarité !


Au total, ils sont plusieurs dizaines à échanger sur leurs conditions de travail à travers ce groupe WhatsApp. " On communique sur des problèmes de santé sérieux mais on évoque aussi des sujets moins sérieux pour détendre un peu l’atmosphère ». Car dans cette lutte contre le coronavirus, les infirmiers peuvent être au contact de personnes atteintes du COVID-19.

"Même si pour l’instant il n’y a pas de cas signalé dans le secteur de Sauveterre de Guyenne, tous les matins, je pars travailler la boule au ventre. Nous, ce qui nous fait le plus peur, c’est de contaminer les malades les plus vulnérables. De devenir des virus ambulants. On craint aussi pour nos familles. "

Autre initiative à signaler en Sud Gironde : la maison de santé pluridisciplinaire de Targon où travaillent 23 professionnels dont Christiane Dulong : ils ont mis au point un répertoire téléphonique qui recense les patients les plus vulnérables :

On les appelle régulièrement pour prendre de leurs nouvelles, leur recommander de rester confiné chez eux et de ne se déplacer au cabinet médical qu’en cas d’urgence.

Rester chez soi mais pas chacun pour soi : un message reçu cinq sur cinq par ces blouses blanches qui sillonnent les routes de campagne sans relâche.
 
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