Autoroute entre Limoges-Poitiers : le projet relancé

Les membres de l'association A147 Grand Ouest viennent de l'apprendre : au début de l'année 2021, Jean-Baptiste Djebarri, ministre délégué aux transports, va saisir la commission nationale du débat public au sujet du projet d'autoroute A147, entre Limoges et Poitiers.  
La RN 147 entre Poitiers et Limoges n'a guère évolué en 30 ans. Alors lassés d'attendre une voie express sans cesse repoussée, des entrepreneurs se sont réunis en collectif pour promouvoir la réalisation d'une autoroute payante.
La RN 147 entre Poitiers et Limoges n'a guère évolué en 30 ans. Alors lassés d'attendre une voie express sans cesse repoussée, des entrepreneurs se sont réunis en collectif pour promouvoir la réalisation d'une autoroute payante. © France 3
Les membres de l'association A 147 Grand Ouest s'y attendaient-ils ? Ils viennent de recevoir un courrier du ministre délégué aux transports, Jean-Baptiste Djebarri, leur annonçant la saisie en 2021 de la commission nationale du débat public, pour le projet qui les anime : la création d'une autoroute concédée entre Limoges et Poitiers, l'A147. 

Un pas en avant

Pierre Massy, le président de la Chambre de Commerce de Haute-Vienne et président de l'association A147 Grand Ouest ne cache pas son enthousiasme à l'annonce de cette future saisie.

"Je n'ai jamais lâché le morceau", explique celui qui relancé le projet d'une autoroute concédée entre Limoges et Poitiers il y a deux ans et qui a obtenu le soutien de 2000 chefs d'entreprises de Haute-Vienne et de Vienne, mais aussi de plus en plus d'appuis politiques, comme celui de l'agglomération de Limoges. 

D'ailleurs, le président LR de Limoges Métropole, Guillaume Guérin, se dit ravi également par cette annonce, tout en restant prudent : "C'est un bon point, on va dans le bon sens, c'est une évolution positive, mais je me méfie des études."
 
Guillaume Guérin, le président LR de Limoges Métropole
 

La commission nationale du débat public

Le président de Limoges Métropole a-t-il raison de se méfier de la commission nationale du débat public

Tout d'abord, sa saisie n'a rien d'exceptionnel. Elle est obligatoire pour tous les projets routiers de plus de 300 millions d'euros. Et celui-ci affiche les 850 millions d'euros. 

Ensuite, mieux vaut ne pas se réjouir trop prématurément. Car le processus est long.

Quand le ministère des transports aura saisi la commission, dans les premières semaines de 2021, celle-ci aura 35 jours pour se prononcer sur la saisine. Un délai d'étude pour aboutir sur deux options, au choix: -participation en ligne
-débats mobiles
-réunions publiques
-ateliers thématiquesDans les deux cas, tous les citoyens sont amenés à donner leur avis. Sauf qu'entre le début et la fin de l'option "débat public", il faut compter près d'un an et demi maximum contre huit mois maximum pour la concertation.  
Dans l'un ou l'autre cas, l'affaire nous amène à 2023.

 

"La Commission nationale du débat public (CNDP) est une autorité administrative indépendante dont la mission est d’informer les citoyens et de faire en sorte que leur point de vue soit pris en compte", lit-on sur le site de la commission. 

Quand tous les avis ont été exprimés, la CNDP formule des recommandations, et le responsable du projet a l’obligation par la loi de répondre, de manière motivée et publique, à ces recommandations.

Et l'argent ? 

Reste bien-sûr le problème du financement. Les dernières estimations annonçaient 850 millions d'euros répartis de la manière suivante : 450 millions à la charge de la concession, 400 pour les collectivités (Etat, région, départements, et les agglomérations de Limoges et de Poitiers).

Mais là encore Pierre Massy se dit confiant. Dans le courant du mois de décembre, à la demande du ministre délégué aux transports, Jean-Baptiste Djebbari, une réunion entre les différentes collectivités locales va se tenir sous l'égide de la préfète de la région, Fabienne Buccio. Il y sera question du financement, "des signes extrêments forts", se réjouit le président de la chambre de commerce de la Haute-Vienne. 
 
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Pierre Massy
 

 

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