Des chèvres de Rove en pâture dans les landes de la tourbière des dauges

3 boucs et 50 chèvres de Rove broutent actuellement dans les landes sèches qui encerclent la tourbière des dauges. Habituées à la garrigue, cette race méditérannéenne convient tout à fait pour l'entretien de la végétation sèche qui pourrait enfermer la réserve naturelle. Un modèle à suivre.

3 boucs et 50 chèvres du Rove exactement sont désormais en pâture sur les landes qui encerclent la tourbière des dauges, à 30km de Limoges.
3 boucs et 50 chèvres du Rove exactement sont désormais en pâture sur les landes qui encerclent la tourbière des dauges, à 30km de Limoges. © Isabelle Rio France 3 Limousin

Les premières chèvres de Sylvain Morvan s'appelaient Figue et Olive. S'il en a ajourd'hui 53, c'est qu'il est passionné depuis sa plus tendre enfance par cet animal, très attachant et docile, au point que cet habitant de Saint-Léger-la-Montagne était connu pour sa chèvre Figue, qui l'accompagnait comme un chien dans ses déplacements en voiture.

Mais aujourd'hui, c'est un tout autre rêve pour lui : devenir berger. S'il travaille actuellement dans une scierie, il souhaiterait vivement se reconvertir dans ce métier, dont il espère un avenir.

La nature, les animaux, la tranquillité... j'ai besoin de ça, j'ai besoin de les voir tous les jours

Sylvain Morvan, berger caprin par passion

Un souhait qui a beaucoup intéressé Philippe Durepaire de la maison de la nature au Conservatoire d'espaces naturels. En charge de la préservation de l'ensemble de la réserve naturelle qui comprend la tourbière des dauges, le CEN cherchait comment entretenir les landes sèches du Puy rond et du Puy long, qui étaient peu à peu colonisées par des ligneux. Le risque est de voir la forêt reprendre le dessus et fermer le paysage. Le pâturage par un troupeau caprin est de toute évidence, pour le conservatoire, la solution idéale. Plus naturelle qu'une solution mécanique, plus efficace aussi qu'un troupeau de vaches qui préfère l'herbe tendre.

Sylvain MORVAN a très vite accepté la proposition du CEN de délocaliser son troupeau de Rove sur les landes sèches de la réserve.

Un contrat Natura 2000, financé par l’Europe et l’Etat, est venu officialiser la démarche. Un financement qui a permis l'achat et la pose des clôtures pour contenir les chèvres sur les zones à pâturer. 

Autour de Sylvain Morvan, habitant de Saint-Léger-la-Montagne, Philippe Durepaire du Conservatoire d'espaces naturels du Limousin et Anaïs Lebrun, Animatrice Natura 2000 sur le site de la tourbière des Dauges
Autour de Sylvain Morvan, habitant de Saint-Léger-la-Montagne, Philippe Durepaire du Conservatoire d'espaces naturels du Limousin et Anaïs Lebrun, Animatrice Natura 2000 sur le site de la tourbière des Dauges © Isabelle Rio France 3 Limousin

La chèvre du Rove est une race caprine française, originaire du nord de Marseille. C'est l'une des races dites « à petit effectif », environ 15000 chèvres en France. Elle est particulièrement reconnaissable à ses cornes torsadées. L'espèce se plait dans les zones sèches et apprécie notamment les jeunes pousses d'arbres. Elle est du coup recherchée pour défricher ou entretenir les zones inaccessibles, pour éviter des dégats trop conséquents en cas d'incendie. Certains éleveurs font eux-mêmes leur fromage avec son lait, notamment les fromages AOC pélardon, picodon et Banon.

Un modèle à suivre dans les communes rurales pour l'entretien des chemins... si tant est que les équipes municipales s'y intéressent
Un modèle à suivre dans les communes rurales pour l'entretien des chemins... si tant est que les équipes municipales s'y intéressent © Isabelle Rio France 3 Limousin

Berger... un métier d'avenir ?

Quoi de plus naturel que de faire faire le travail mécanique d'entretien des chemins et autres surfaces boisées communales par un troupeau de chèvres ? Ceux-ci sont en général entretenus par toute une équipe municipale. Sylvain Morvan et le Conservatoire d'espaces naturels encouragent vivement les maires des communes rurales à étudier de plus près cette possibilité d'itinérance. Une solution qui emporterait sans doute l'adhésion de la population dans une région de tourisme vert et qui permettrait de péréniser un emploi, celui de berger.

De nouvelles venues sur les landes autour de la tourbière des dauges

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
environnement agriculture bio agriculture économie agro-alimentaire
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter