Face à l'Histoire : à Oradour-sur-Glane une délégation de la Bundeswehr visite le village martyr

À l'occasion d'un séminaire, des militaires et salariés de l'armée nationale allemande se sont déplacés sur des lieux de mémoire en Haute-Vienne. Un symbole important pour les historiens du territoire.

C'est une visite bien particulière pour Oradour-sur-Glane. Depuis mardi 20 septembre, une vingtaine de militaires et salariés du ministère de la défense allemand, en civil, arpentent les sentiers du village-martyr, paysage-témoin d'une histoire traumatique commune. 

En silence, Fabian Riesbeck, instructeur de la 5ème compagnie du Panzergranadier, bataillon 391, constate avec émotion, l'état des lieux : "En tant que personne, c'est très dur de voir le village car c’est nos ancêtres qui ont fait ça (...) Tu ne peux pas imaginer les vrais actes commis durant la Seconde Guerre mondiale. Oradour est l'un de ces endroits où tu es confronté à ce passé".

Une Histoire dans toutes les mémoires 

Soixante-dix-huit ans plus tôt, le 10 juin 1944, le village d'Oradour-sur-Glane était dévasté par un bataillon de la division "Das Reich", faisant 643 morts. Il s'agit du plus grand massacre de civils commis en France par les armées allemandes.

Comprendre, échanger, se rappeler. C'est le but de ce séminaire préparé par le ministère de la Défense allemand, qui propose chaque année des formations civiques à ses soldats. Au programme, une journée à Oradour-sur-Glane, et une demi-journée au musée de la Résistance à Limoges.

Carl-Christoph Düvel, second lieutenant de la 5ème compagnie du Panzergranadier, bataillon 391, en est satisfait : "Cette visite est très intéressante, parce qu'on a pu avoir le point de vue français sur l'Occupation. On n' étudie pas tous les aspects de l'histoire en Allemagne, à l'école ou à l'université."

Lutter contre le révisionnisme 

Apporter un éclairage sur l'histoire française de la seconde Guerre Mondiale, c'est l'ambition d'Andrea Erkenbrecher, historienne allemande, auteure d'une thèse de doctorat sur Oradour.

Elle accompagne la délégation depuis mardi et elle a voulu sensibiliser ces soldats sur le négationnisme. "J'ai voulu leur donner les clés pour comprendre les méthodes utilisées par les porteurs de la doctrine révisionniste (...) On a en Allemagne, comme en Europe, une instabilité de la démocratie, des partis extrémistes, il faut rester vigilants et ne pas commettre les mêmes fautes"

Les soldats bien accueillis en Haute-Vienne acquiescent. Encore quelques heures dans le Limousin avant de partir à Strasbourg, pour assister à leur prochain séminaire sur les relations franco-allemandes.

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