Prix de l'énergie : les maires réclament un bouclier tarifaire

Publié le Mis à jour le
Écrit par Gwenola Bériou .

Face à la flambée du coût de l'énergie, les collectivités locales, comme par exemple Isle en Haute-Vienne, voient leurs factures s'envoler. L'association des maires ruraux de France demande au gouvernement d'appliquer un bouclier tarifaire pour les communes, au même titre que pour les particuliers.

Alors que la Première Ministre Elisabeth Borne vient d'annoncer, ce mercredi 14 septembre, la prolongation du bouclier tarifaire pour les ménages, ainsi qu'un chèque énergie pour les foyers les plus modestes, les collectivités locales lancent un cri d'alarme.

Elles se sentent oubliées de la stratégie gouvernementale, alors même qu'elles subissent de plein fouet la flambée du prix de l'énergie.

Une facture en hausse de 560%

A Isle, en Haute-Vienne, le maire Gilles Bégout n'en revient toujours pas. Le contrat avec son fournisseur d'énergie prenait fin au 31 août. La proposition la plus intéressante qu'il ait trouvée annonce une facture qui augmentera de +560% !

Concrètement, sur une année, on doit trouver 1,8 millions d'euros.

Gilles Bégout

maire d'Isle (87)

"C'est possible si on arrête de faire fonctionner un certain nombre de bâtiments, si on baisse le chauffage, si on limite l'électricité, mais on dégrade le service public. Le chauffage du gymnase ne sera plus assuré, il n'y aura plus d'eau chaude dans les douches... On peut peut-être y arriver - je ne suis pas sûr, je l'espère - mais on ne sera plus dans le confort", prévient l'édile.

La mairie a déjà pris plusieurs mesures pour limiter sa consommation d'électricité : extinction des lumières en journée dans plusieurs établissements (gymnases, hôtel de ville...), coupure de l'eau chaude en semaine dans les vestiaires etc...

"L'urgence de la situation"

Dans un communiqué publié ce mardi 13 septembre, l'Association des maires ruraux de France - à laquelle s'associe l'Association des maires de France - réclame, de toute urgence, un bouclier tarifaire pour les dépenses liées à l'énergie, un fonds de soutien énergie, ainsi qu'une hausse des dotations.

"A ce jour, seules les plus petites communes (moins de 10 salariés et des recettes de fonctionnement inférieures à 2 millions d’euros) peuvent bénéficier d’un retour au tarif réglementé. Des aides sont possibles pour les communes mais ne seront touchées que dans plusieurs mois, sans lien avec l’immédiateté des difficultés et sous certaines conditions, rendant l’aide virtuelle quand les tarifs augmentent concrètement" détaille le communiqué.

C'est le serpent qui se mord la queue. Beaucoup de collectivités vont se retrouver en situation de déficit budgétaire et ne pourront plus investir, notamment au profit de la rénovation énergétique.

Stéphane Delautrette

Député et président de l'AMF 87

Le député socialiste de Haute-Vienne et président de l'Association des maires de France dans le département, est alarmiste : "Il faut que le gouvernement prenne la mesure de l'urgence de la situation. Les communes vont connaître des déficits qui les empêcheront d'investir l'an prochain, et auront des conséquences pour l'économie locale, notamment toutes les entreprises du bâtiment ou qui travaillent pour les collectivités."

L'association des maires ruraux de France réclame un tarif réglementé de l'électricité et du gaz pour toutes les communes et l'indexation de la dotation globale de fonctionnement sur l'inflation. 

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