Les basketteuses ont le moral dans les chaussettes

Le sport semi-professionnel est une nouvelle fois mis à rude épreuve avec les nouvelles restrictions sanitaires. C'est le cas des deux équipes haut-viennoises de NF1, la 3ème division de basket féminin. Elles s'apprêtaient à reprendre le championnat avant d'être brutalement stoppées.

© Nicolas Chigot

Tiphaine Mélois est kinésithérapeute. Elle est aussi la meneuse de l'équipe du Feytiat Basket 87. Avec ses coéquipières elle venait de reprendre l'entrainement au début du mois de janvier avec en ligne de mire la reprise du championnat le 6 février. Depuis les dernières annonces du gouvernement, le 14 janvier 2021, tout est à l'arrêt Une nouvelle fois. "On pensait vraiment être reparties pour de bon, on s’était entraînées pour. C’est pas facile à vivre parce que c’est propre à la fédération de basket, chaque fédération fait comme elle l’entend. Et on voit que nos homologues masculins de même niveaux ont eux le droit de jouer." Déplore la jeune femme.

C'est dans la salle municipale que Feytiat et le Limoges ABC devaient reprendre leur saison pour le derby. À Limoges, quatre joueuses ont des contrats professionnels et poursuivent les entrainements, les autres filles ont un statut d'amateur sur le papier mais dans les faits ce sont des sportives de haut-niveau comme l’explique Régis Racine leur entraîneur : "J’ai des joueuses qui sont entraînées quotidiennement, qui ont aussi fait à moment donné les équipes de France. Alors lorsque l’on a cet ADN du quotidien et qu’on ne peut plus pratiquer, on est obligés de retourner dans un moment de latence où on cherche des solutions."

Les basketteuses ont le moral dans les chaussettes

Pour la 3ème fois en moins d'un an le championnat de NF1 est stoppé et à chaque fois sans aucune visibilité ni certitude sur la reprise, ce que déplore Jean-Paul Robert, le président du Limoges ABC : "On va dire quoi, le 23 février, le 6 avril, non on a bien vu que ça tombait à l’eau, là on n’a pas de date, je pense que la communauté scientifique n’a pas vraiment de date non plus. Il faut rester mobilisés et motivés, on est obligés de faire avec cette absence de calendrier."

Les médecins du sport constatent aujourd'hui que ces coupures à répétition affectent désormais le mental des sportifs, c’est le cas du docteur Phaly Chum médecin au pôle médisport de la polyclinique de Limoges : "Ces jeunes sont là pour donner beaucoup d’eux même, avoir des résultats, faire plaisir au public, nous faire plaisir, et quand on s’arrête et qu’on reprend à ce niveau-là, c’est vrai qu’il y a une perte de motivation. Les phases d’arrêt et de reprise entraînent de grosses difficultés psychologiques."

Compétitrices dans l'âme les équipes semi-professionnelles se seraient bien passées de cette nouvelle épreuve.

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