Baisse record du chômage en Limousin en 2021 : une tendance durable ?

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Le nombre de demandeurs d’emploi continue de baisser au 4ème trimestre 2021, en Limousin et en France. Il est au plus bas niveau depuis 10 ans. Après une hausse du chômage au début de la crise sanitaire, l’activité économique reprend. Mais est-ce durable ?

Si la situation sanitaire n’est pas encore stabilisée, les nouvelles sont bonnes au plan économique.
Le ministère du Travail et Pôle Emploi viennent de publier les chiffres du chômage pour le 4ème trimestre 2021. Le nombre de demandeurs d’emploi n’a jamais été aussi bas depuis 10 ans : 3,336 millions de chômeurs sans aucune activité (catégorie A) en France, soit un niveau jamais atteint depuis le 3ème trimestre 2012.

Entre octobre et décembre 2021, le nombre de demandeurs d’emploi a diminué de 5,9%, confirmant la baisse amorcée depuis le début de l’année (-12,6% sur un an).
Pour rappel, au pic de l’épidémie de Covid-19, au 2e trimestre 2020, on dénombrait 4,142 millions de chômeurs de catégorie A.

Baisse du chômage en Limousin aussi

Cette tendance à la baisse s’observe aussi en Limousin, où l’on dénombre 27 760 chômeurs de catégorie A, fin 2021 (1440 de moins en 3 mois).

Le détail par département :

  • Haute-Vienne : 14 410 demandeurs d’emploi (-5,6% au 4e trimestre, -12,8% sur un an)
  • Corrèze : 8850 demandeurs d’emploi (-4,8% au 4e trimestre, -10,8% sur un an)
  • Creuse : 4500 demandeurs d’emploi (-2,8% au 4e trimestre, -7,2% sur un an

Cette baisse du chômage concerne particulièrement les jeunes : le nombre de demandeurs d’emploi de moins de 25 ans a baissé de 13,5% en un an en Limousin (-17,8% au niveau national). Ce dont se félicite la ministre du Travail, Elisabeth Borne.


Rappelons tout de même que, si l’évolution est positive, le taux de chômage des jeunes reste élevé (20%).
La baisse du nombre de demandeurs d'emploi est moins importante pour les plus de 50 ans : - 7% en Limousin, -8,2% en France.

Enfin, toutes les catégories de demandeurs d’emploi ne sont pas concernées de la même façon par cette évolution positive.
La catégorie C - les personnes exerçant une activité réduite (de + de 78h par mois), notamment les intérimaires – enregistre pour sa part une augmentation : + 7,6% sur un an en Haute-Vienne, + 6,9% en Corrèze et + 1,4% en Creuse. Ce qui signifie que le nombre d’emplois précaires a tendance à augmenter.  

Une évolution durable ?

Cette baisse record du niveau du chômage en 2021 fait plus qu’effacer la hausse importante de +7,5% du nombre de demandeurs d’emploi enregistrée en 2020, au début de la crise sanitaire.
Après les premiers confinements, la reprise économique a été très forte (+6,7% de croissance enregistrée en 2021) et plus rapide que prévue.
Elle a permis de nombreuses créations d’emplois dans des secteurs clés comme l’hôtellerie-restauration (mise à mal au début de l’épidémie), la santé ou le BTP.
Le nombre d'offres d'emploi déposées auprès de Pôle Emploi a bondi de 28% entre décembre 2019 et décembre 2021.

Mais cette tendance est-elle durable ? Certains craignent un retour de bâton.
« Il faut distinguer les effets à court terme et les effets à long terme », analyse François Acquatella, maître de conférences à l’université de Limoges spécialisé dans l’économie numérique, « La politique du "quoi qu’il en coûte" , la croissance économique et les efforts en matière de formation ont permis de développer l’activité économique et de créer de nombreux emplois. Mais à plus long terme, les aides vont baisser, il faudra rembourser les PGE [prêts garantis par l’Etat – NDLR], et la tendance risque de s’inverser ».

Bertrand Blancheton, doyen de la Faculté d’Economie et de Gestion de Bordeaux, est – pour sa part – plus optimiste : « Je pense que cette tendance est durable. Là, il y a un effet de rattrapage après la crise sanitaire, mais on est dans la poursuite d’un mouvement engagé depuis 5 ans, avec à la fois des mesures allant vers la libéralisation, la flexibilité du travail, et des efforts importants en matière de formation. Le nombre de contrats d’apprentissage, par exemple, est passé de 350 000 en 2019 à 700 000 aujourd’hui, il a doublé en deux ans, ce qui explique notamment la baisse importante du chômage chez les jeunes ».

Pour cet économiste, la baisse du chômage devrait logiquement se poursuivre en 2022, grâce à un taux de croissance prévu de 3,6%. « On pourrait atteindre un taux de chômage de 7% », prédit-il.
A ce jour, il est de 8,1% sur le territoire français, 7,9% en métropole.