Bientôt déconfinés... comment ont-ils vécu le confinement ?

Ils avaient témoigné de leur quotidien bouleversé au début du confinement. À la veille du déconfinement, nous les avons recontactés pour savoir quel bilan ils tirent de cette période inhabituelle, et ce qu'ils espèrent pour la suite.

11 mai 2020 : l'entrée dans une nouvelle ère... (photo d'illustration).
11 mai 2020 : l'entrée dans une nouvelle ère... (photo d'illustration). © MaxPPP - PhotoPQR - L'Alsace - Vanessa Meyer
Quelques jours après le début du confinement, Bernadette et Michel, 84 et 86 ans, nous avaient confié que - pour l'instant - tout allait bien, qu'ils ressortaient les albums photos de leurs voyages et jouaient au scrabble, tout en s'inquiétant davantage pour leurs petits-enfants, professionels de santé à l'hôpital.
 
Sept semaines plus tard, l'optimisme et la bonne humeur de Bernadette n'ont pas changé. Cette ancienne institutrice, globe-trotter et passionnée de photographie, a profité du confinement pour s'adonner à son passe-temps favori : les albums photos.

Je me suis dit que, s'il nous arrivait quelque chose, il fallait que nos deux fils aient une trace des plus beaux voyages que nous avons faits ensemble. Alors pendant deux semaines j'ai ressorti les photos, fait du tri, et j'ai fait deux énormes albums de souvenirs.


Pendant ce temps, son mari, Michel, s'est occupé du jardin, quand la météo le permettait. Le couple n'a pas trop souffert de cet isolement.

Nos enfants et petits-enfants nous ont appelés tous les jours. Vous savez, à nos âges, on a vécu des périodes difficiles. Il faut toujours s'attendre à l'inattendu.

Finalement, c'est davantage pour leurs petits-enfants, qui travaillent en première ligne à l'hôpital, que Bernadette et Michel se sont inquiétés. Surtout quand l'un d'eux, interne au CHU de Rennes, a été atteint par le Coronavirus. Mais ils ne l'ont su qu'une fois le jeune homme totalement guéri.

Ils ne nous l'ont pas dit. Ils savaient que ça nous aurait fait très mal... Oui, nous sommes fiers de nos petits-enfants soignants, mais là, c'est une fierté dont on se passerait bien...

 


Le casse-tête de l'école à la maison


Nathalie est la maman de deux filles, scolarisées dans un quartier nord de Limoges en CM1 et en 3ème. Au début du confinement, elle se disait submergée par la quantité de devoirs à faire à la maison, surtout pour sa fille collégienne.

Ma fille en 3ème travaille toute la journée. Certains enseignants ne se rendent pas compte, ils pensent qu’il n’y a que leur matière.

Finalement, la quantité de travail s'est allégée au bout de deux semaines, tout le monde a trouvé ses marques, les enfants comme les enseignants.

J'ai la chance d'avoir deux filles qui se débrouillent toutes seules. Pour ma fille en primaire, c'était très bien organisé, l'institutrice donnait les devoirs à la semaine, et elle filmait même des séances de sport avec ses enfants à reproduire à la maison !


Pour les deux filles, le plus dur a été de ne pas voir les copines. Le téléphone et les séances visio ne remplacent pas le contact physique. Surtout à l'adolescence. Et la situation va se prolonger car elles ne retourneront pas à l'école ni au collège, leur maman ayant des problèmes de santé.

C'est très dur pour elles, mais on n'a pas le choix. C'est difficile surtout pour l'ainée qui passe au lycée l'année prochaine et ne retrouvera plus certains camarades. Elle n'a pas pu dire au revoir aux enseignants, aux pions. Elle n'a pas pu, non plus visiter les lycées car les portes-ouvertes étaient prévues le premier week-end du confinement. Et en primaire, il n'y aura pas de photo de classe cette année...

 


Familles nombreuses et confinement : attention danger !


La famille Andrade vit dans une petite maison en plein centre-ville de Limoges, mais sans jardin... Pas facile lorsque toute la famille reste confinée, dont trois garçons très actifs de 5, 10 et 12 ans, et leur grande soeur de 18 ans.

Au début du confinement, ils nous confiaient s'être fait contrôler plusieurs fois par la police, ne passant pas inaperçus alors qu'ils promenaient le chien ou qu'ils montaient à six dans la voiture.
 

Pour cette famille habituée des promenades en forêt ou sur les bords de Vienne, le confinement a été un peu difficile à vivre à ce niveau-là.

Les garçons jouent beaucoup ensemble, ils ne s'ennuient pas. Mais ils ont besoin de se défouler et de courir !

Pas facile non plus de superviser l'école à la maison avec quatre niveaux scolaires différents.

On fait avec certains le matin, d'autres l'après-midi. Mais je ne peux pas les aider tous en même temps ! Alors souvent ça déborde sur le soir ou le week-end.


Les trois garçons devraient reprendre le chemin de l'école dans les deux semaines qui viennent, mais ce n'est pas une certitude car les familles dont les parents travaillent tous les deux sont prioritaires...
 

La frustration du sportif de haut niveau


Pour le Briviste Mathieu Bosredon, multiple champion de France de handbike, le confinement a rimé avec entraînement à la maison, alors qu'il avale les kilomètres sur route quotidiennement en temps normal... bref, un peu de frustration.
 

Le champion paralympique avoue qu'il a soufflé après l'annonce du report des Jeux de Tokyo, auxquels il devait participer cet été.

Les 10-15 premiers jours ont été les plus durs, car j'avais une grosse charge d'entraînement à la maison pour garder des capacités physiques optimales, mais avec le risque de se blesser car on n'est pas dans les conditions habituelles. Et avec le stress d'être contaminé si la compétition était maintenue.


Mathieu Bosredon a donc vécu comme un soulagement le report des Jeux Paralympiques à l'année prochaine, et a continué de s'entraîner sans pression, sur home trainer dans son garage, 1h30 à 2h par jour.

Ma condition physique est restée bonne, je n'ai pas pris de poids, mais je sais qu'il va me falloir un mois et demi ou deux mois pour revenir au niveau d'avant le confinement. Le plus difficile est de ne pas se démobiliser alors que toutes les compétitions officielles sont pour l'instant annulées. C'est là qu'on verra qui sont les plus costauds.



Un marathon dans son jardin... pour s'occuper


Le 5 avril dernier, nous avions suivi un autre sportif, amateur celui-ci : Damien Gadet s'était lancé le défi de courir un marathon dans son jardin à Ambazac, avec l'objectif de récolter des fonds pour le personnel soignant.

La cagnotte, lancée sur un site participatif, a atteint 732€, qui seront reversés dès ce lundi 11 mai au CHU de Limoges.

Pendant le confinement, Damien Gadet, qui compte à son actif trois marathons et deux ultra-trails, ne s'est pas lancé d'autres défis sportifs. 
Il s'est contenté de s'entraîner régulièrement, alternant course et vélo dans les petits sentiers des monts d'Ambazac, tout en respectant la limite autorisée de 1 km autour de chez lui.

J'ai perdu en endurance, c'est certain. Mais j'ai fait beaucoup plus de renforcement musculaire que d'habitude, sur tapis au sol et avec des haltères, donc j'ai gagné en explosivité (en puissance - ndlr) et en souplesse.


Pour lui aussi, la reprise de la compétition reste incertaine. La course du viaduc de Millau, à laquelle il devait participer mi-mai, a été reportée à l'année prochaine. Et le marathon du Mont Blanc prévu fin juin sera au mieux reporté, voire annulé.

Il ne lui reste plus qu'à organiser un autre marathon dans son jardin !
 

Que vont-ils faire, une fois déconfinés ?


Bernadette et Michel, nos deux octogénaires, ne vont pas changer grand chose à leur mode de vie. Ils vont continuer à se protéger. Et tant pis pour les escapades au camping qu'ils ont l'habitude de faire une fois par trimestre. L'été restera limousin, avec au mieux de petites balades à Brive ou à Périgueux.

Nathalie et ses filles s'autoriseront une sortie : aller voir la famille, qui leur manque tant, dans le nord de la Haute-Vienne. Mais il faudra rester prudent, car les problèmes de santé ne permettent pas un réel déconfinement.

La famille Andrade a prévu, dès lundi, d'aller se promener dans la forêt des Vaseix. Depuis le temps qu'elle attend ça !

Mathieu Bosredon, le champion de handbike, va reprendre l'entraînement sur route. Sa discipline fait partie des sports extérieurs et individuels qui sont à nouveau autorisés dès le 11 mai. Jusque là, il a scrupuleusement respecté l'interdition, alors même que "c'est un sport sans contact, et qu'on ne croise absolument personne sur les petites routes", mais par respect pour tous ceux qui font aussi un effort.

Enfin, Damien Gadet, notre marathonien, rêve de sa prochaine vraie sortie dans les Monts d'Ambazac, "une bonne partie de 20 bornes, aller voir les hauts plateaux que j'aime, les petits ruisseaux que je connais bien".

C'est la première chose que je ferai après le déconfinement. Et vous ?



 

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