Britanniques du Limousin : les conséquences locales de la quatorzaine au Royaume-Uni

Un isolement strict de 14 jours est prévu pour tous les voyageurs qui poseront le pied au Royaume-Uni. La mesure concernera aussi les Britanniques installés en Limousin. Réactions
 
La quatorzaine ? Un casse-tête pour les Britanniques installés en Limousin
La quatorzaine ? Un casse-tête pour les Britanniques installés en Limousin © André Abalo - France Télévisions
La mesure entrera en vigueur le 8 juin. Le Royaume-Uni va imposer une quatorzaine aux voyageurs arrivant sur son sol. Une décision incompréhensible pour David Johnson, installé en Creuse, à Dun-le-Palestel, depuis 38 ans. 

Pour assister au mariage de sa nièce, dans le Yorkshire,  il va sûrement devoir être isolé pendant 14 jours à son arrivée, puis à nouveau 14 jours à son retour car la France se tient prête à instaurer une mesure de réciprocité. Au total, 28 jours de quarantaine pour avoir le droit de passer 4 jours avec sa famille ! Faudra-t-il, en plus, télécharger une application de traçage ? Une obligation qui fait sourire David Johnson, "c’est extrême et liberticide… mais je n’ai pas de téléphone portable ! "

Dans le village de Saint-Léger-Magnazeix en Haute-Vienne, Donald Yaxley se prépare à ne pas voir sa famille pendant encore de longues semaines. Ses parents, mais aussi ses enfants qui travaillent au Royaume-Uni. Son fils et sa fille devaient lui rendre visite et rester chez lui une semaine, mais avec cette nouvelle mesure cela signifierait s’absenter pendant au minimum 3 semaines. Pour le Britannique, cette mesure n’est pas nécessaire :

 "La distanciation sociale est utile, mais pas cette quatorzaine. C’est too much ! "

Le Royaume-Uni, pays le plus touché d’Europe par le Coronavirus, a choisi de durcir les règles pour accompagner son déconfinement. Les conséquences pourront se faire sentir jusqu’en Limousin. À la tête d’une petite agence immobilière qui rayonne dans le Sud de la région, Tanya Bright s’inquiète. "Chaque jour, j’ai 5 ou 6 clients qui m’appellent du Royaume-Uni pour une maison. Je leur propose une visite virtuelle, mais ils ne peuvent pas acheter sans voir la maison de leurs propres yeux ! Et s’ils viennent, ils seront coincés en rentrant chez eux. C’est une décision qui bloque le marché. »
 
À Montrol-Sénard, Susan Savage pense que son gîte ne fera pas le plein cette année. Une perspective qu’elle envisage sans agacement, ni rancoeur. "Ce que je demande à une décision politique, c’est qu’elle soit claire et que tout le monde sache ce qu’il a à faire."

Il avait, un temps, était envisagé que les voyageurs venus de France ne soient pas concernés par cette quatorzaine obligatoire, mais la Franco-Britannique estime plus "juste et logique" que la règle s’applique à tous, sans exception, même si ce n’est pas à son avantage. Comme beaucoup de sujets de Sa Majesté installés en Limousin, Susan Savage a, elle aussi, dû reporter une réunion de famille prévue cet été. 

La patience légendaire des Britanniques semble à nouveau mise à rude épreuve.


 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
europe politique covid-19 santé société déconfinement