Covid 19 en Limousin : 3 questions à se poser avant Noël

Dans l’attente du vaccin, nous passons ce mardi 15 décembre du confinement au couvre-feu. Alors que le virus circule toujours, particulièrement en Haute-Vienne, la situation dans les prochaines semaines dépend encore de nos comportements individuels et collectifs pendant les fêtes.

"Tout va dépendre si on est tous responsables" - Laurent Filleul, épidémiologiste
"Tout va dépendre si on est tous responsables" - Laurent Filleul, épidémiologiste © MAXPPP

Qu'est ce qui change ce mardi 15 décembre ?

Le principal changement, c’est que nous n'avons plus besoin d’attestation pour nous déplacer pendant la journée.

Nous ne sommes plus limités dans le temps, nous pouvons sortir plus de 3 heures.
Nous ne sommes plus limités dans l’espace, nous pouvons sortir à plus de 20 kilomètres.

En revanche, il y a un couvre-feu, et les sorties sont interdites entre 20h et 6 heures du matin, sauf exception professionnelle ou de santé.
Le lien vers les attestations nécessaires est disponible sur le site du ministère de l'Intérieur.

On ne peut toujours pas aller au restaurant, au théâtre ou à la salle de sport.

Dernier élément important : pas de couvre-feu le 24 décembre, on peut réveillonner et rentrer chez soi après 20h. Il y a seulement une préconisation : 6 adultes à table et des gestes barrière à respecter.

Est-ce que la situation sanitaire s’améliore ?

Dans la région, on a bel et bien passé la deuxième vague, mais on constate maintenant une stagnation de la circulation du virus, et même une légère augmentation.

Les taux d’incidence dans les trois départements du Limousin sont encore supérieurs au seuil d’alerte de 50, et il n’y a qu’en Corrèze que le chiffre baisse (Haute-Vienne, 113, Creuse, 71,4, et Corrèze, 52,8). Avec 239 patients, le nombre d’hospitalisations pour Covid 19 est encore à son sommet en Haute-Vienne.

L’épidémiologiste Laurent Filleul explique que le confinement a clairement été efficace, mais il rappelle que le but n’était pas de détruire le virus, plutôt d’aplanir la courbe épidémique. Cet objectif est atteint, mais le résultat est encore très fragile.

La crainte, c’est ce qui s’est passé à Thanksgiving, début octobre, aux Etats Unis et au Canada : des réunions familiales qui coïncident avec un pic de contaminations, même si pour l’heure aucune étude solide ne décrit encore le phénomène.

Le Premier ministre Jean Castex a déclaré ce matin qu'il ne pouvait pas "garantir" que les cafés, bars et restaurants "rouvriront le 20 janvier". C’est une déclaration prudente...

Comment fait-on pour les fêtes ?

Dans un rapport mis à jour hier soir, le conseil scientifique recommande chez les adultes de restreindre au maximum les contacts une semaine avant le 24 ou le 31 décembre, en particulier pour ceux qui souhaitent passer des fêtes en famille.

Concernant les établissements scolaires, on apprend aujourd’hui qu’une "tolérance" sera appliquée jeudi et vendredi pour les absences des élèves qui s’auto-confinent avant les fêtes.

Il faut aussi se faire tester et s’isoler dès qu’on a des symptômes ou qu’on est potentiellement un cas contact (voir encadré). Sinon il faut seulement rester prudent.

Et pour la suite ? Laurent Filleul constate : "Tout va dépendre si on est tous responsables"

Pour éviter un troisième confinement et aussi pour sauver des vies, c’est à nous tous d’être très vigilants, même pendant les fêtes. 

 

 

 

Le Conseil scientifique entrevoit 2 cas de figure pour l’utilisation, ou non, des tests virologiques.

1er cas : Une personne est symptomatique dans la semaine précédant les jours du 24, 25, 31 décembre et 1er janvier : Elle doit bénéficier d’un test diagnostique et doit s’isoler sans attendre le résultat du test. Un test antigénique peut être réalisé si le début des symptômes est récent (< à 3 jours) et un test RT-PCR si le début des symptômes est plus ancien (⩾4 jours).

2ème cas : Une personne est asymptomatique et s’interroge sur la question de passer ou non un test. Deux cas de figures se présentent :

- Il existe une prise de risque dans la semaine précédant les jours du 24, 25, 31 décembre et 1er janvier en raison d’une multiplication des contacts ou d’un contact positif avéré, un test RT-PCR peut être réalisé, ou à défaut un test antigénique.

- Il n’existe pas de prise de risque ou un auto-confinement a eu lieu dans la semaine précédant les jours du 24, 25, 31 décembre et 1er janvier, les tests virologiques (RTPCR ou tests antigéniques) n’ont pas, ou peu, d’intérêt. Ils ne sont donc pas recommandés.

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