COVID 19 : taux d’incidence record en Haute-Vienne

La Haute-Vienne détient le triste record du plus fort taux d’incidence de Nouvelle-Aquitaine pour la semaine du 6 au 12 avril.  

Le quartier du Val de l'Aurence à limoges
Le quartier du Val de l'Aurence à limoges © Franck Petit

Certes, le nouveau cluster découvert à l’EHPAD Suzanne Valadon de Bessines-Sur-Gartempe n’aidera pas à améliorer la situation. 24 résidents et 12 soignants sont positifs à la COVID 19. Heureusement, aucun cas grave n'est à déplorer puisque 90% des personnes âgées avaient été préalablement vaccinées.  

Certes, le maire de Limoges fustige l’attitude de certains de ses administrés qui ne respecteraient pas les gestes barrière dans les 9 quartiers prioritaires de la ville : les ZUP de l’Aurence Nord et Sud, Beaubreuil, La Bastide, les Portes Ferrées, Bellevue, Vigenal, les Coutures ou Sablard. 

Faire de l’épidémiologie, c’est ouvrir les yeux. Il n’est pas stigmatisant de vouloir protéger les gens. 

Emile Roger Lombertie, Maire (LR) de Limoges

Mais tout cela suffit-il à comprendre les derniers chiffres alarmants publiés par Santé Publique France pour la Haute-Vienne ? 

 

Début d’explication 

Car dans la semaine du 6 au 12 avril, le taux d’incidence a grimpé de manière vertigineuse dans le département : 369,2 cas pour 100 000 habitants. Il s'agit du triste record du plus grand nombre de nouveaux malades de Nouvelle-Aquitaine. 

Laurent Filleul, épidémiologiste et directeur régional de Santé publique France, rappelle cependant que ce chiffre est à relativiser. Car lors de la semaine du 6 au 12 avril, le nombre de dépistages a chuté à cause de la fermeture des écoles et du long weekend de Pâques. Un rattrapage fait que l’ensemble des taux d’incidence a artificiellement augmenté dans les jours qui ont suivi. 

On a aussi beaucoup dépisté dans 3 communauté de commune de Haute-Vienne : Val de Vienne, Elan Limousin Avenir Nature, et Limoges métropole. Le nombre de cas positif a donc automatiquement augmenté.

Le taux de 369,2 cas pour 100 000 habitants reste tout de même inquiétant. Pour le professeur Sébastien Hantz, virologue au CHU de Limoges, le relâchement des gestes barrière est indéniable : “on constate que depuis quelques semaines, des virus qu’on ne voyait plus sont de retour. C’est le cas de ceux qui sont responsables de la bronchiolite ou certains rhumes.” Cela signifie qu’on se lave moins les mains, ou qu’on porte moins les masques. 

Il y a quelques semaines encore, on se demandait si le variant anglais de la COVID 19 était arrivé en Haute-Vienne. On sait que désormais, 96 % des contaminations sont dues à ce dernier. Il est beaucoup plus contagieux. Les gestes barrières doivent être d'autant plus respectés. 

 

Que faire ? 

Les Hauts-Viennois doivent se reprendre, même si le printemps est de retour et qu’on constate une certaine lassitude autour de cette épidémie qui n’en finit pas. 

Santé publique France propose par ailleurs des outils statistiques aux décideurs, comme cette carte des taux d’incidence par commune ou quartiers. Pour Laurent Filleul, directeur régional de l'agence, les élus locaux peuvent utiliser ces informations pour cibler ponctuellement leurs interventions de dépistages. Mais ils doivent être particulièrement prudents avec ces chiffres. 

La contamination n’est pas forcement liée au quartier de résidence. On ne sait pas où les gens se contaminent. D’un point de vue statistique, il est dangereux de faire une interprétation quartier par quartier ou village. La meilleure échelle reste celle de la communauté de commune. 

Laurent Filleul, Directeur régional de Santé Publique France Nouvelle-Aquitaine. 

Pour preuve, la dernière carte des taux d’incidence par communes, montre qu’Eyjeaux et Saint-Léger-La-Montagne affichent des chiffres supérieurs à 1000. Dans ces 2 villages, seuls quelques habitants ont été infectés sans que cela nécessite une hospitalisation. 

La carte du taux d’incidence par communauté de communes pour la Haute Vienne est disponible ici. 

 

Dépister les populations jeunes 

Les épidémiologistes du CHU de Limoges expérimentent une méthode qui consiste à analyser les eaux usées pour y détecter la COVID 19. 

C’est ainsi que la rue Jean Lebail a été ciblée par plusieurs opérations de dépistage. Les gens qui se sont présentés ne sont cependant pas un bon reflet de la population du quartier.  

Le virus circule beaucoup par des jeunes qui ne se font pas dépister et ont du mal à respecter les règles de distanciation sociale. 

Professeur Sébastien Hantz, virologue au CHU de Limoges 

Le maire de Limoges souhaite multiplier les opérations de dépistage au plus près de ces jeunes, et pourquoi pas bientôt, installer directement des centres vaccinations là où ils habitent. 

 

 

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