REPLAY. Régionales 2021 en Nouvelle-Aquitaine : ce qu'il faut retenir du débat entre les cinq candidats du second tour

À quelques jours du second tour des élections régionales 2021 dans les ex-régions Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes, les 5 têtes de liste qualifiées en Nouvelle-Aquitaine ont débattu sur France 3 : stratégie politique, environnement, transports... Ce qu'il faut en retenir. 

A  quelques jours du second tour des élections régionales en Nouvelle-Aquitaine, les cinq candidats qui se sont qualifiés pour le second tour ont débattu sur France 3, ce jeudi 24 juin 2021.   

Autour d'Annaïck Demars de France 3 et de Jérôme Edant de France Bleu :

Elections régionales en Nouvelle-Aquitaine : débat de l'entre-deux tours ©France Télévisions

Les thèmes du débat

La stratégie politique de l'entre-deux tours

Le débat s'ouvre en priorité sur l'aspect politique de cet entre-deux tours. 

Les électeurs de Nouvelle-Aquitaine ont placé Alain Rousset (PS) en tête du premier tour des Régionales 2021 à l'issue du scrutin du 20 juin 2021. A l'échelle de la région, 5 listes seront au second tour, aucune alliance n'ayant été conclues. 

Contrairement à 2015 où la liste PS et la liste EELV de Françoise Coutant avaient fusionné, les tractations entre Alain Rousset et Nicolas Thierry ont échoué au lendemain du 1er tour 2021. Chacun part donc de son côté pour le second tour.  

Les écologistes, à la lumière de leur progression, revendiquaient plus de vice-présidences au sein de l'exécutif régional qu'en 2015 et d'élus potentiels dans l'assemblée. Alain Rousset n'a pas été dans ce sens et conclut : "Je ne conçois pas la politique régionale comme une simple question de partage de postes. C’est une relation politique, pas une question comptable.

Au premier tour, la liste écologiste est la seule des listes présentes en 2015 qui progresse en nombre de voix par rapport à ce précédent scrutin : un gain de plus de 64 000 voix sur l'intégralité de la région. Alors que les socialistes ont perdu des voix, un peu plus de 200 000, l'abstention étant passée par là : 64, 09% hier.

Le Rassemblement National arrive en seconde position au niveau de la région à l'issue du premier tour mais la liste d'Edwige Diaz enregistre une perte de plus de 200 000 voix par rapport à 2015.

Geneviève  Darrieussecq, pour la majorité présidentielle, est repartie en campagne mais sans aucun partenaire puisque Nicolas Florian (LR) maintient sa liste pour le second tour.

L’alliance de 2015 a volé en éclat. On en est plutôt à la fracture entre les alliés d’hier. Sur le plateau de ce deuxième débat, Alain Rousset vise les écologistes : "Refus de débattre sur le fond, pas possible de discuter » Les discussions se sont prolongées jusqu’à 4H30 dans la nuit de samedi à dimanche, en vain.
« Discussion de cour de récréation", pour Nicolas Thierry à la tête des écologistes.
Ces deux parties, ensemble pour gouverner la région ces six dernières années, affichent clairement leurs oppositions depuis le début de la campagne et encore durant ce débat.

Les Verts refusent "de se faire acheter pour un plat de lentilles."

Alain Rousset lui tient à disposition les SMS et mails pour prouver les demandes de postes et donc de pouvoir des écologistes, portant le poids de leur voix : 12,1%, deux fois plus qu’en 2015.
Nicolas Thierry, EELV, avoue ce qu’il retient de cette dernière mandature : le soutien du président de région à Emmanuel Macron alors candidat à la présidence en 2017 pour le premier tour. Et aujourd’hui une alliance avec le PC pour cette liste régionale version 2021. «  Je n’ai pas de leçon politique à recevoir » conclut l’écologiste. Même réponse du président Rousset. Un dialogue sans aucun consensus.  

Les LR et la majorité du Président Macron représentée par Geneviève Darrieussecq n’ont pas davantage fait alliance on le sait. Nicolas Florian pour les LR met un point d’honneur à rappeler que lui et son parti sont opposés au gouvernement et au Président Macron.
Donc logiquement, il ne peut pas afficher une alliance au plan régional. Il justifie aussi précisant qu’il n’est pas un « boutiquier ». Il met en avant ses colistiers, mobilisés durant la campagne. Il n’avait pas à cœur de leur demander d’abandonner la place. Et de toute façon "nous n’avons pas les mêmes projets" : point final….

Geneviève Darrieussecq n’a pas rebondi sur le sujet. Elle a pris soin simplement de rappeler que le président Macron avait demandé à ses ministres de s’engager. Elle s’est exécutée : "Je me suis engagée, j’aime ma région", a-t-elle déclaré. Rassemblant et c’est sa fierté, des candidats centristes et "des personnalités de la droite modérée et des juppéistes."

Elle n’a pas cherché d’alliance. Edwige Diaz, au nom du rassemblement National cherche plutôt du soutien du côté des abstentionnistes pour gagner des places dans l’hémicycle régional, voire la présidence. "Ce premier tour ne compte quasiment pas, on remet les compteurs à zéro. Ce sont les candidats du deuxième tour qui auront des élus". L’enjeu, et elle le détaille, va au-delà de la préoccupation régionale : c’est de "maximiser les chances de Marine" pour 2022 en se mobilisant dimanche prochain et en glissant un bulletin pour Edwige Diaz et ses colistiers.

 

►L'actuelle assemblée régionale avant le scrutin de 2021

A l'issue du scrutin de 2015, la gauche diposait de 107 sièges, la droite 47 et le FN 29. 

 

L'environnement

Première thématique abordée lors de ce débat, l’environnement a été au cœur de cette campagne des Régionales en Nouvelle-Aquitaine. On a notamment beaucoup parlé du problème des éoliennes et de ce vent de colère qui souffle de plus en plus fort dans l’ex-Poitou-Charentes. Dans les Deux-Sèvres, en Vienne et dans les deux Charentes se concentrent en effet 90% du parc néo-aquitain.

"Aujourd’hui, force est de constater que, sur l’éolien terrestre, il y a des grands groupes qui arrivent, qui passent en force et ce n’est évidemment pas acceptable", constate Nicolas Thierry qui dit comprendre l’exaspération des citoyens confrontés aux nouvelles implantations. Le candidat d’Europe Ecologie Les verts se déclare donc plutôt favorable aux nouvelles générations d’éoliennes offshore sur notre littoral.

Globalement, sur ce sujet, l’ensemble des candidats ont d’ailleurs, à des degrés divers, une approche plutôt négative du développement de cette source d’énergie dans la région. Edwige Diaz, sans surprise, est la plus radicale en rappelant que le Rassemblement National s’est toujours opposé à l’implantation d’éoliennes.

Même opposition de Geneviève Darrieussecq : "Nous avons besoin d’un mix énergétique", complète la candidate de la majorité présidentielle, "on ne peut pas à l’heure actuelle, dire que notre objectif, c’est de faire du « tout énergie renouvelable ». C’est absolument impossible".

Nicolas Florian, lui, préfère mettre l’accent sur nos usages et les efforts à faire dans nos modes de consommation, par exemple, en termes d’isolation. "Pour ce qui est de la source, nous avons aujourd’hui le nucléaire, une filière industrielle qui est sécure", affirme l’ancien maire de Bordeaux.

Alain Rousset évoque, lui, l’effort porté sur la méthanisation lors de cette mandature qui s’achève. "La stratégie que nous avons mis en place vise à être autonome en gaz vert d’ici 2050", explique le président sortant qui mise beaucoup, par ailleurs sur la recherche : "Tous les produits que va produire notre industrie doivent pouvoir être déconstruits et recyclés. C’est un défi technologique avec des milliers d’emplois et je souhaite que la Nouvelle-Aquitaine puisse porter cela".

Autre dossier brûlant en ces temps de réchauffement climatique, la gestion de l’eau divise encore plus franchement les différents candidats. Il y a notamment les polémiques qui entourent les projets des fameuses « bassines », que les agriculteurs préfèrent appeler « retenues d’eau ».

"La situation agricole de Nouvelle-Aquitaine est dramatique", constate Edwige Diaz qui se dit favorable aux projets de retenues d’eau, "un agriculteur sur cinq vit sous le seuil de pauvreté. Il faut en prendre conscience et arrêter cet « agri-bashing » qui pénalise clairement nos agriculteurs".

L’eau et « les bassines », un point de désaccord entre Alain Rousset et Nicolas Thierry qui, on le sait, n’ont pas trouvé de terrain d’entente pour ce deuxième tour. "La ressource en eau, c’est un cycle fermé", explique l’élu écologiste, "c’est une ressource limitée et quand vous la captez quelque part, c’est au détriment de quelqu’un, donc le meilleur moyen, c’est de changer le modèle agricole".

"La question, c’est quand est-ce qu’on fait des réserves de substitution", réplique Alain Rousset, "pendant les périodes de très hautes eaux, on peut prélever. Mais pour quelle agriculture ? Toute la question est là".

Geneviève Darrieusecq, qui s’était fait remarquer en rendant visite au lac illégal de Caussade dans le Lot-et-Garonne, préfère insister sur le besoin de sécurisation de l’accès à l’eau potable et prône la mise en place d’un grand plan régional pour la gestion de la ressource.

"Je ne serai jamais le président qui empêchera un agriculteur d’arroser ses champs", conclue Nicolas Florian qui propose de mettre en place "un grand service publique de l’eau pour l’agriculture pour éviter qu’il n’y ait que 7 à 8% des agriculteurs qui puissent bénéficier de ces retenues dans l’ex-Poitou-Charentes et qu’il n’y ait pas de privatisation de cette ressource essentielle".

Les transports

Pour Geneviève Darrieussecq, la LGV Bordeaux Toulouse ne pourra pas se faire sans un axe vers Dax. Un point sur lequel Nicolas Florian la rejoint : " Si je deviens président de la région, pas un euro n'ira à la liaison Bordeaux/ Toulouse s'il n'y a pas un axe vers Dax. Sur cette LGV, d'ailleurs, je remercie le maire de Toulouse et la présidente de la région Occitanie d'avoir faire les poches du Premier ministre. Ici, personne ne s'est occupé de ce dossier." 

Avec 63 000 voyageurs (seulement) dans les TER chaque jour en Nouvelle-Aquitaine, Geneviève Darrieussecq souhaite améliorer les cadences. Alain Rousset réaffirme la priorité de liaisons entre Limoges et Poitiers, par le ferroviaire : " On est prêt à rénover le ferroviaire mais qu'on nous donne une ressources. C'est ce que nous avons signé avec le ministre Djebbari pour les 10 ans qui viennent". Le président sortant confirme également l'engagement vers une deux fois deux voies. 

Pour Nicolas Thierry, pas question de la LGV pour 8 milliards d'euros : "A un moment, il faut faire un choix. Je suis partisan de moderniser la ligne existante entre Bordeaux et Toulouse et moderniser, d'ici à 2028  toutes les lignes du quotidien en Nouvelle-Aquitaine."

Du côté d'Edwige Dias, c'est un consensus global : "Je suis favorable à la LGV. Je n'oppose pas les trains du quotidien à la route et aux voitures. Notre position est très claire : développement des infrastructures routières et du ferroviaires."  

 

Rappels des thèmes évoqués lors du premiers débats

L'économie

Sur l'économie, lors du premier débat le 9 juin 2021 :

 

La jeunesse et la formation

Lors du premier débat, ce thème avait sans doute été le moins clivant.
Les candidats se sont entendus sur un diagnostic, celui de la souffrance de la jeunesse qui vient de traverser la crise sanitaire avec plusieurs difficultés rencontrées : un enseignement en pointillé, un manque de débouchés sur le marché de l'emploi et la précarité et proposer des solutions et notamment : 

 

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