• ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • SOCIÉTÉ
  • FAITS DIVERS
  • SPORT
  • CULTURE

Dom Juan ou le Festin de pierre: Carnet de bord #1

© Tristan Jeanne-Valès
© Tristan Jeanne-Valès

Le mythe de Dom Juan se réinvente toujours. Dom Juan ou le Festin de pierre est le nouveau spectacle proposé par le théâtre de l'Union et l'académie supérieure professionnelle de théâtre du Limousin. Une adaptation originale et audacieuse présentée du 19 au 29 mars. 

Par Delphine Vialanet

C'est l'histoire d'une création que nous vous proposons de suivre ici même. Dom Juan ou le Festin de pierre est la nouvelle création de Jean Lambert-wild, le directeur du Théâtre de l'Union de Limoges et de Lorrenzo Malaguerra.
Ce spectacle revisite le mythe de Dom Juan. Sur scène à partir du 19 mars 2019, quatre des dix-sept jeunes comédiennes et comédiens de l’Ecole Supérieure Professionnelle de Théâtre- l’Académie de l’Union joueront également tour à tour et en alternance Don Elvire, Charlotte, Don Carlos et le Mendiant.

Voici le 1er carnet de bord de la création de Dom Juan ou le Festin de pierre

Carnet Nicolas #1
Dès le début, nous nous sommes dits qu’il devait faire chaud sur le plateau. Pas chaud au sens d’une boîte de nuit ou d’un sauna, versions usées jusqu’à la corde pour signifier la séduction. Non, chaud au sens physique du terme, placer l’action sous des latitudes moins tempérées que la nôtre afin d’y voir pousser toutes sortes d’affections physiques, de plantes grimpantes et d’ennui. Pourquoi ? Comme souvent, tout est parti d’une intuition autour de laquelle peuvent se construire du sens et du jeu. Cette intuition tournait autour du caractère de Dom Juan et de sa rencontre avec le clown de Jean Lambert-wild. Nous en parlerons en détail dans les prochains carnets mais disons que nous cherchions de la tempérance plutôt que de la fougue ou de la colère. Tempérance, voire une certaine forme de nonchalance tout en utilisant ce dernier terme avec des pincettes car il ne fallait surtout pas rendre mou le personnage. La chaleur nous a donc semblé donner du sens à cette érosion de l’âme, à cette perte de valeur morale, au fait que Dom Juan renverse la table des conventions sociales d’autant plus violemment qu’il n’y a plus de société autour de lui à part quelques personnages perdus comme lui dans la jungle.

A partir de là, d’un seul élément physique, s’est construit le projet de notre Dom Juan ou le Festin de pierre. Si nous devions d’ailleurs trouver une continuité entre nos dernières réalisations communes – Richard III, Roberto Zucco, Yotaro au pays des Yôkais – nous pourrions dire que nous avons toujours cherché à mettre ces « héros » dans des environnements très contraignants ou particuliers (respectivement une machine de foire, un panoptique, le monde des esprits), qui renforçaient la solitude du personnage, qui le séparaient en quelque sorte du monde normal des vivants. 

Ce pouvoir d’étrangeté qui a été au cœur de nos précédents spectacles, prend avec Dom Juan une forme assez extrême car il faut ajouter au décor somptueux de cette jungle un choix d’interprètes qui avaient finalement assez peu de chance de se croiser un jour sur la même scène : de tout jeunes acteurs, des musiciens (suisses) plutôt habitués à la chanson et au cabaret ainsi qu’un formidable acteur vu dans le documentaire La mort de Danton d’Alice Diop, Steve Tientcheu. Nous avions là aussi l’intuition que ces croisements géographiques, sociaux, générationnels étaient certes très risqués mais qu’ils avaient du même coup un énorme potentiel théâtral. En créant ces rencontres, il était absolument clair que ce projet-là, que ce Dom Juan là ne ressemblerait à aucun autre, que même à la limite il nous échapperait par le fait que nous ne pouvions absolument pas prévoir ce que cet assemblage allait produire. 

Idéalement, un fabuleux monstre...

Par Jean Lambert-wild, Lorenzo Malaguerra et Marc Goldberg
© Tristan Jeanne-Valès
© Tristan Jeanne-Valès

Sur le même sujet

toute l'actu théâtre

François Asselin - invité du 19/20 de France 3

Les + Lus