Haute-Vienne : la collecte de la Banque Alimentaire, essentielle mais difficile en temps de Covid

La Banque alimentaire a démarré sa collecte de vivres pour les plus démunis, en Haute-Vienne. Avec l’explosion de la pauvreté, il y a urgence. Mais cet appel aux dons est rendu difficile par le confinement et les gestes barrières.
© N. Poitevin - France Télévisions
A périodes exceptionnelles, moyens exceptionnels. La campagne de collecte de la Banque Alimentaire débute en pleine épidémie de Covid-19, avec un tout nouveau système de coupons. Un petit papier est donné à chaque client à l’entrée de la grande surface. Il suffit de le remplir et de le passer en caisse pour faire un don : "On propose aux gens d’offrir des bons repas à deux euros, explique Guy Delorme, bénévole. Ils offrent ce qu’ils souhaitent : deux, quatre, six repas."

À la fin de l'opération, les magasins reverserons les sommes collectées sur un compte de la Banque Alimentaire. Le système est destiné à limiter au maximum les contacts entre le personnel de l’association et les donateurs, en respect des gestes barrières.

Déjà 2000 tonnes d'aliments distribués

Mais certains bénévoles ne cachent pas leur frustration de ne pas pouvoir mesurer, à la fin de la journée, le fruit de la collecte. "On n’arrive pas à savoir si on a pu persuader des gens, regrette Odile. On ne voit pas les bacs se remplir."

Cette collecte, déjà inédite, est d’autant plus difficile que beaucoup de bénévoles n’ont pu y participer du fait de leur grand âge. A cela s’ajoute la réduction du nombre de points de collecte, la Haute-Vienne n’en comptera que 63 cette année.

Et ce, alors même que cet appel au don est plus que jamais vitale. En 2019, la Banque avait distribué 1600 tonnes de vivres. Elle en a donné déjà plus de 2000 tonnes depuis le début de l’année.

Un million de pauvres supplémentaires

Parmi les bénéficiaires, sans cesse plus nombreux, l’association compte de plus en plus de jeunes, mais également des gens que l’on croyait à l’abri de la grande précarité.

"On voit arriver des chefs de petites entreprises, des auto-entrepreneurs, qui sont dans la difficulté… Sans doute de façon passagère", espère Guy Delorme.

Les associations caritatives estiment que la crise sanitaire a fait basculer dans la pauvreté un million de Français, qui s’ajoutent aux 9,3 millions de personnes vivant déjà au-dessous du seuil de pauvreté monétaire.

L’épidémie et ses conséquences économiques ne cessant pas de se faire sentir, la Banque Alimentaire n'attendra pas l'automne prochain : elle organisera une nouvelle collecte nationale dès le printemps.
 
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