Inversion de la collecte d'ordures : "On a une réduction nette des déchets", annonce Limoges-Métropole

Depuis le 23 novembre 2020, trois quartiers de la métropole de Limoges ont testé l’inversion de la collecte des ordures. Le but ? Inciter au tri et à la réduction des déchets. A mi-parcours de ce test de 6 mois, les premiers résultats s'observent déjà.

Le volume des déchets recyclables augmente et les déchets ménagers diminuent.
Le volume des déchets recyclables augmente et les déchets ménagers diminuent. © Margaux Blanloeil

"Après 13 semaines d’expérimentation, on a 19% d’ordures ménagères en moins, on a une augmentation de 39% du tri sélectif. On a perdu 3% d’ordures globales et donc une réduction nette des déchets", constate Delphine Ruchaud, cheffe de service collecte à Limoges-Métropole. "Les résultats attendus sont très bons puisqu’il y a un très bon report du tri sélectif", remarque de son côté Laurent Jarry, coordinateur du pôle économie circulaire à l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) dans le Limousin. 

Depuis le 23 novembre 2020, la métropole limougeaude a mis en place dans trois quartiers test (Landouge, Bellegarde et Réjaud), un système de collecte inversé des déchets. En d’autres termes, pendant 6 mois, dans ces secteurs, les ordures ménagères sont ramassées une fois toutes les 2 semaines et les déchets recyclables une fois par semaine. Le but principal de cette mesure est d’inciter au tri-sélectif et de réduire les déchets. Une expérimentation qui va même être prolongée 6 mois de plus "pour avoir un retour de résultat d’un an", explique Delphine Ruchaud.

Composteurs et poules pour réduire les déchets

Et le retour d'expérience satisfaisant de cette mesure s'ajoute au fait qu'elle a permis de faire connaître les autres mises en place par la métropole. 

On a distribué plus 42% de composteurs. Il y a eu une grosse demande impulsée par l’inversion de la collecte.

Delphine Ruchaud, cheffe de service collecte à Limoges-Métropole

En effet, depuis 2017 le composteur gratuit est proposé aux foyers qui le souhaitent à la condition d’adapter le volume de leur bac vert pour réduire la quantité de déchets jetés, notamment organiques qui sont purement et simplement "de l’eau qui finit dans l’incinération. Brûler de l’eau ça n’a pas de sens", réagit Laurent Jarry. Toutes les informations pour obtenir un composteur sont ici.

Et ce n’est pas tout, la métropole propose même une aide à l’achat de poules et de poulaillers. Efficace ? "En termes de tonnage ce n’est pas énorme mais en terme de communication c’est très bon", déclare le coordinateur du pôle économie circulaire de l'ADEME.

Pour nous tout ce qui va dans le sens d’enlever les biodéchets dans les bacs d’ordures ménagères, ça nous intéresse.

Laurent Jarry, coordinateur en économie circulaire de l’ADEME

Toutes ces mesures interviennent dans le cadre du "Territoire Zéro déchet, zéro gaspillage", lancé par le Ministère de la transition écologique pour lequel Limoges-Métropole a été candidate. Elle devait réduire de 10% ses déchets entre 2010 et 2020. Un objectif non atteint, "plutôt de l’ordre de 1% sur tous les déchets", indique le coordinateur en économie circulaire de l’ADEME. Aujourd’hui, c’est l’horizon 2030 qui est fixé avec la loi de 2015 sur la transition énergétique : elle impose une diminution de 15% de production des déchets tout confondus (bac vert, jaune, déchetterie) d’ici à dans 9 ans.

Et des nouveautés arrivent dès le 1er avril 2021 pour renforcer cette politique du "zéro déchet", comme le remboursement des composteurs en bois, annonce la cheffe de service collecte de la métropole : "On apportera une aide maximum de 60 euros".

 

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