Après deux années sans, c'est le grand retour de la Frairie des Petits Ventres en centre ville de Limoges. Une fête pour célébrer la gourmandise, la tripe et le boudin dans la convivialité, l'amitié et l'odeur d'oignons frits !

À nous les amourettes à la persillades, andouillettes à la plancha, boudins noirs aux châtaignes ! Après deux années d'absence en raison de la crise sanitaire la Frairie des Petits Ventres fait son grand retour en centre ville de Limoges.

Elle aura lieu, comme le veut la tradition, le 3ème vendredi d'octobre (en l'occurrence le 21 octobre 2022), rue de la Boucherie place Saint-Aurélien et place Barreyrette, ceci malgré la présence d'un échafaudage. Les travaux de rénovation des quatre immeubles historiques partiellement détruits lors de l'incendie de février 2018 se poursuivant pour encore quelques mois. 

"En 2019 lors de la précédente édition il y avait déjà un échafaudage", rappelle Sarah Gentil, adjointe au maire en charge de l'évènementiel. "La solution était de fermer au trois quart la rue de la Boucherie pour que les gens puissent aller place Barreyrette. Donc pour nous au niveau de l'organisation rien de nouveau, c'est la même configuration que la dernière fois."

Mais de quoi nous parlez-vous ?

La Frairie des Petits Ventres ne dit sans doute rien à ceux qui auraient choisi de s'installer en Limousin depuis moins de deux ans. Mais que va t-il se passer ce 21 octobre pour que l'air frais de Limoges s'emplisse de la douce odeur de l'andouillette grillée pendant plus de huit heures, jusqu'à plus de cinq kilomètres du centre ville ?

Plus de 30 000 personnes dans une seule rue de Limoges, près d'une quarantaine de bouchers, tripiers et restaurateurs aux fourneaux sur des étals à même la rue, proposant essentiellement des produits tripiers 100% limousins. Andouilles, andouillettes, boudins noirs, boudins blancs, rognons, tripes et panses d'agneaux farcies, nez de cochons ou encore têtes de veaux.

Mais pour goûter à la pure tradition limougeaude il faut absolument essayer les fameuses amourettes ou animelles : des testicules de moutons servies à la persillades, étrangement, c'est excellent. Ou encore le girot, qui n'est proposé que durant la Frairie, une spécialité faite - historiquement - à base de sang d'agneau et cuit dans du boyau de boeuf, aujourd'hui, il se cuisine avec du sang de porc.

Pour les végétariens, le clafoutis sera également servi à même la feuille de papier absorbant et bien évidement avec les noyaux, sinon ce n'est pas du vrai clafoutis !

Depuis quand ?

Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, la Frairie des petits Ventres, telle que nous la connaissons, ne remonte pas à la nuit des temps... quoi que...

La Frairie a été lancée en 1973 par l'association Renaissance du Vieux Limoges. Créée la même année pour contrer une idée de la municipalité d'alors, qui suggérait de raser une partie du centre ville : la rue de la Boucherie et la Place des Bancs pour y bâtir des immeubles... L'idée de la Frairie est donc née de l'envie de redonner vie à ce quartier qui fut autrefois le cœur battant et commerçant de la ville.

Cependant, pour imaginer cette fête de la tripe il a suffit d'ouvrir quelques vieux livres de l'histoire du quartier de la boucherie pour apprendre que dès le Xème siècle, on célébrait ici la tripe. La puissante corporation des bouchers qui avait pignon sur rue en centre ville dès l'an 930 aimait rendre grâce à Saint Aurélien, le saint patron des bouchers. À partir du XVème siècle, les bouchers fêtaient leur patron en ripaillant après avoir donné une messe en son honneur dans la fameuse chapelle Saint-Aurélien.

Chapelle, qui pour l'anecdote, abrite le "petit Jésus au rognon". Un enfant Jésus tenant dans sa main ce qui ressemble effectivement à un rognon (ou a un fruit, mais les bouchers préférèrent y voir un abat), une icône unique au monde.

En pratique

Le 21 octobre vous pourrez profiter de la gastronomie limougeaude dès potron-minet et jusqu'au soir, tard. Vous pourrez y petit-déjeuner (il faut aimer les petits dej' costauds tout de même), y déjeuner, les restaurants sortent leur terrasse à midi, y gouter (ni frugale, ni léger) et y dîner (debout et collé à vos voisins, plus de 30 000 personnes ça fait du monde)... Evidemment n'espérez pas pouvoir vous garer aux abords des étals, prévoyez large.