La mairie de Limoges réorganise ses centres culturels et supprime des ateliers

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La mairie réorganise son secteur culturel en transformant ses centres municipaux. Le centre Jean-Moulin sera désormais dédié à la danse, le centre Jean-Gagnant diffusera des spectacles, quant aux ateliers de langues étrangères et de musiques, ils sont supprimés.

A compter de la prochaine rentrée scolaire 2022, au mois de septembre, les centres culturels ne seront plus généralistes, mais vont se spécialiser.

La mairie de Limoges a annoncé ce lundi de printemps 2022 ses choix en matière culturelle et une large réorganisation se prépare.

Jean-Moulin

Le centre Jean-Moulin va devenir ainsi la Maison de la Danse, et sera désormais piloté par L'Opéra de Limoges. Le site sera utilisé pour des répétitions du coeur et l'orchestre de l'Opéra, il intégrera également des classes de danse du conservatoire. L'objectif est de créer "pole d'excellence danse" porté par la scène conventionné  de l'Opéra.

Pour appuyer cette volonté de faire émerger une ambition dans le domaine de la danse, ce centre culturel sera rénové. La municipalité de Limoges a programmé 11 millions d'euros de rénovation pour 2024. 

Jean-Gagnant

Le centre Jean-Gagnant devient la "Maison de la création artistique" : un "lieu de fabrication et représentation au service des compagnies et des artistes" explique la mairie. L'idée est de faire de mettre ce lieu à disposition d'équipes de création.

Les contours précis de la mise en œuvre de ce nouveau rôle restent  cependant à définir, tout comme l'accompagnement - notamment financier - pour la création et la diffusion de spectacles vivants.

John-Lennon

Le centre culturel John-Lennon poursuit son activité actuelle, centrée sur les musiques actuelles, à la fois en diffusion et en aide à la création. 

Les ateliers

Le nombre d'ateliers culturels proposés va diminuer. Ceux qui sont conservés seront toujours répartis sur 4  centres culturels municipaux : Jean-le-bail, Jean-Macé, Jean-Moulin et Jean-Gagnant, 

  • Les ateliers langues et musiques sont supprimés
  • les ateliers sports sont maintenus provisoirement, mais ils pourront évoluer pour être repris par des clubs sportifs
  • les ateliers créatifs demeurent mais leur offre va être revue et modifiée
  • les ateliers théâtre sont maintenus
  • les stages vacances seront réservés au jeune public

Le nombre d'ateliers proposé actuellement est supérieur à 300. A la rentrée ce chiffre devrait descendre autour de 200. 

C'est donc bien une vaste restructuration de l'offre culturelle municipale qui se dessine. Depuis des semaines, des éléments de ce projet étaient évoqué, suscitant  des inquiétudes, chez des habitants, des artistes, et des salariés de ces institutions. 

Une manifestation, vendredi 18 mars, avait ainsi réuni près de 200 personnes, sur le parvis de la mairie, pour protester contre ces changements. 

Evidemment dans cette restructuration,  la question politique affleure rapidement. Cette offre culturelle, dense, offerte par la ville de Limoges et ses centres culturels, était un héritage de gauche.

L'équipe de la mairie de Limoges - à droite - trouvait-elle cet héritage encombrant à gérer ? L'adjoint à la culture de Limoges, Philippe Pauliat-Defaye réfute cette manière de voir les choses. Il met en avant une volonté d'attirer un nouveau public, plus jeune, ce qui passe par une remise au goût du jour de l'offre. Par ailleurs, il évoque une nécessaire "mise en cohérence" des propositions.

Sur le volet financement, la nouvelle politique devrait faire baisser de 25% les budgets des centres municipaux. Nul doute que ce seul élément sera largement contesté par l'opposition municipale  de gauche.


Une question importante reste également en suspend dans ce projet : le devenir des personnels des centres qui s'occupaient de la programmation culturelle. Dans la nouvelle organisation, ce sont les associations culturelles qui seront le moteur des propositions, sans que l'on sache concrètement comment cela se traduira.

Certains secteurs sortent renforcés de cette réorganisation, la danse et la musique, d'autres sont confortés, comme le théâtre. Pour les langues et la musiques, il faudra se tourner vers les associations ou les cours privés.

Les propositions à destination du jeune public, très riches jusqu'à présent et qui faisaient aussi partie de l'identité culturelle de Limoges restent également un grand point d'interrogation.