Les laboratoires limousins prêts pour les tests sérologiques

Le ministère de la Santé vient de publier une liste de tests sérologiques jugés fiables. Ils permettent de détecter les anticorps du coronavirus. Ils devraient bientôt être remboursés par la sécurité sociale.

 

Plus simple qu'un test PCR avec un prélèvement "naso-pharyngé", le test sérologique est réalisé avec une prise de sang.
Plus simple qu'un test PCR avec un prélèvement "naso-pharyngé", le test sérologique est réalisé avec une prise de sang. © PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP
On a beaucoup parlé depuis le début de l’épidémie de Covid des tests PCR, ces prélèvements « naso-pharyngés » pas vraiment agréables réalisés au fond du nez avec un écouvillon. Ils permettent de détecter la présence du virus, et sont au cœur du dispositif de l’Agence régionale de santé pour lutter contre l’épidémie. 

60 000 tests PCR ont ainsi été effectués en Nouvelle Aquitaine depuis le début de la crise, dont 30 000 depuis le début du déconfinement. 

Désormais, un nouveau test pourra être proposé aux patients qui ont présenté des symptômes sans test positifs ou qui ont été en contact avec des malades : le test sérologique.

 

Qu’est ce qu’un test sérologique ? 


Un test sérologique détecte les anticorps du coronavirus. Il dit si l’organisme d’un patient a été en contact avec la maladie. 
De nombreux tests ont été mis au point ces dernières semaines, et le ministère de la Santé vient de publier une liste des tests jugés conformes par le Centre national de référence (CNR), conformément aux préconisations de la Haute-Autorité de Santé (HAS).

Sur les 23 tests jugés conformes, sept sont du type "Elisa" : à partir d'une prise de sang, ils permettent en quelques heures de savoir si on a développé des anticorps. 
Seize sont des tests de "diagnostique rapide", avec une simple piqûre et un résultat en quelques minutes.

Après une infection, la réaction immunitaire n’est pas immédiate, et les anticorps peuvent mettre plusieurs jours avant d’être détectables dans l’organisme. 
Les tests sérologiques n’ont donc pas vocation à établir un diagnostic, comme les tests PCR.

 

Quel intérêt ?


Le but est de savoir si une personne ayant présenté des symptômes mais qui n’a pas eu de test PCR a bien été infectée. 
Le test sérologique permet aussi d’affiner le diagnostique pour un patient : les tests PCR peuvent donner de "faux négatifs", c’est-à-dire donner un résultat négatif alors que la maladie est bien présente. 
Enfin, on pourra tester les personnels de santé qui n’ont pas eu de symptômes, mais qui ont pu côtoyer des personnes contaminées. 
Plus généralement, les tests sérologiques représentent un outil supplémentaire pour étudier l’évolution de l’épidémie de Covid 19.

Le test se fait sur prescription médicale, et c’est toujours le médecin qui décide si le test est pertinent. 
Selon Eric Sevin, biologiste au laboratoire Biolyss de Limoges, les tests PCR et sérologiques ont des objectifs différents : 

Le test sérologique est intéressant pour rattraper des malades qui n’ont pas été repérés. Avec le test PCR, il arrive qu’on ne retrouve plus de traces du virus, alors que la maladie continue à évoluer.


Le test sérologique vient donc plutôt en complément du test naso-pharyngé. Selon Pierre-Yves Guillot, biologique au laboratoire Astralab de Limoges, 

On n’est pas certain que les anticorps soient prédicateurs. Actuellement, l’intérêt, c’est principalement de tester pour savoir si un patient est contagieux. Le test sérologique apporte peu d’informations pertinentes sur la contagion.

 

Comment se faire tester ?


Pour l’heure, les tests sont réalisés dans les laboratoires d’analyse médicale. A Limoges, Astralab et Biolyss proposent déjà des tests sérologiques depuis plusieurs semaines. 
Leurs tests font partie de la liste présentée par le ministère de la Santé.

Jusqu’ici, les tests sérologiques n’étaient pas remboursés. A Astralab, on n’en a pas encore réalisé beaucoup. Selon Pierre-Yves Guillot, il restait des zones d’ombres à éclaircir :

On manquait de recul pour savoir si les tests marchaient bien ou pas. Sur le marché, il y avait des tests qui n’étaient pas valides. Ces doutes étaient médiatisés, le gens n’en ont pas fait beaucoup.

 

Un test fiable ?


La fiabilité des tests est aujourd’hui validée par le ministère de la Santé. 
Mais en biologie, on distingue la fiabilité d’un test et sa valeur prédictive. Selon les académies nationales de médecine et de pharmacie, dans le cas des tests sérologiques, "même en utilisant un test ayant une spécificité de 98 %, la valeur prédictive positive d'une séropositivité ne sera que de 50 % dans toutes les régions du territoire épargnées par l'épidémie où la séroprévalence est estimée en moyenne à 2 %. 
Concrètement, dans une région comme la Nouvelle Aquitaine où le virus a apparemment peu circulé, un résultat négatif sera très crédible, alors qu’un résultat positif pourra être remis en cause.

 

Le test ne dit pas tout


Le coronavirus porte encore beaucoup de mystères, et le test sérologique ne permet pas de tout savoir. Ainsi, selon Eric Sevin, il faut avoir conscience de ses limites :

On n’est pas certains que les anticorps soient protecteurs, et que le patient ne soit plus contagieux.


Les académies nationales de médecine et de pharmacie préviennent également : "Si une sérologie positive témoigne d'une immunité contre le virus, elle ne permet pas de prévoir avec certitude que la personne sera protégée en cas de réinfection."

Ces tests sérologiques représentent donc un nouvel outil pour lutter contre la Covid 19.
Le gouvernement doit encore préciser les conditions de son remboursement et de sa distribution. 

Quoi qu’il en soit, avant de se lancer, le mieux est d’en parler à son médecin... 
 
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