LAOU, la start-up de Limoges qui favorise le changement de vie

Créée en 2019 à Clermont-Ferrand, implantée depuis à Limoges, la start-up LAOU œuvre à la réunion d'entreprises cherchant à recruter, et de cadres cherchant à quitter les grandes métropoles pour s'installer en régions.
L'équipe de LAOU à Limoges, avec Aurore Thibaud (en bas à droite).
L'équipe de LAOU à Limoges, avec Aurore Thibaud (en bas à droite). © Aurore Thibaud/LAOU

L'idée d'une start-up favorisant l'implantation dans les territoires

Quand un possible projet personnel aboutit à la création d'un projet pour tous !
En 2018, Aurore Thibaud et Perrine Bailly vivent et travaillent à Paris. Pour diverses raisons, elles candidatent sur un projet initié par une pépinière d'entreprises, basée à Clermont-Ferrand (63).
Deux ans plus tard, si la deuxième est restée dans la capitale, la première a d'abord rejoint l'Auvergne, puis est revenue dans son Limousin natal, et elles continuent de développer leur idée commune : celle d'une start-up qui viendrait aider, quasiment de A à Z, la mise en commun, d'un côté, d'entreprises cherchant à recruter, de l'autre, de cadres cherchant à quitter la région parisienne ou les grandes métropoles, pour s'implanter sur d'autres territoires.

"On s'est rendu compte avec Perrine que d'un côté, beaucoup d'entreprises cherchaient à recruter des cadres en Province, sans y parvenir, et que de l'autre, 80% des cadres d'Île-de-France étaient prêts à changer, à s'implanter en Province, mais sans franchir le pas. D'où notre idée : les mettre en relation, et favoriser leur échange, du simple échange de coup de fil de prise de contact, jusqu'au recrutement et au déménagement final", explique Aurore Thibaud.

En gros, comme le mantra que les deux jeunes femmes affichent sur leur site : trouver un job génial et l'accompagner d'une vie géniale.

"Il y a quand même encore beaucoup de clichés parisiens sur la vie en Province. Si l'argument de loyers fonctionne bien, les craintes liées à la vie culturelle, à la vie sociale et à d'autres choses perdurent, et il est dur de se battre contre. Or nous voulons justement montrer au contraire la force, l'attrait et la diversité de nos territoires. Si je reprends le cas des loyers, les gens comprennent qu'ils sont plus élevés à Paris, mais c'est vrai à Bordeaux, à Nantes ou même à Clermont, qu'à Limoges par exemple. Mais ils ont quand même l'impression qu'ils vont perdre du pouvoir d'achat s'ils viennent s'implanter ici. Et c'est faux, c'est ce qu'on leur montre ! On veut « objectiver » (sic) les situations". 

Les réalisations de la start-up

Avec une équipe de trois salariés sur Clermont, et désormais autant sur Limoges, à Ester Technopole, le site des deux jeunes femmes propose donc des simulateurs, des comparateurs et des facilitateurs pour aider à franchir le pas.

"C'est vrai que nous même, nous rentrons dans une forme de cliché : aider des Parisiens à rejoindre la Province. Mais dès le départ, nous avons eu une démarche interrégionale. Du coup, aujourd'hui, si 75% de nos candidats viennent encore de Paris, les 25% restants sont intéressés par des « mutations » de grandes métropoles à territoires. Et nous voulons « grignoter » les territoires. Du fait de nos débuts, nous sommes encore très implantés sur l'Auvergne-Rhône-Alpes. Mais depuis notre arrivée à Limoges, nous développons toute la Nouvelle Aquitaine, et également la façade Ouest. Il y a vraiment un très fort potentiel. D'autre part, nous faisons essentiellement dans les « IT », les métiers de l'information, la communication et les nouvelles technologies. Développeur front-end, back-end, full-stack, devops, admin sys, data, product, chef de projet IT, UX, du « geek » quoi. Mais nous voulons pouvoir diversifier nos offres. Si demain, nous pouvons aider un boucher d'Île-de-France à venir en Limousin, l'idée et la démarche seront les mêmes !". 

Particularité du site : tout ce qui est proposé aux éventuels candidats à une nouvelle vie est gratuit, financé par les entreprises clientes. Et ainsi, LAOU met en commun un panel de quelques soixante-dix entreprises (dont désormais une dizaine en Nouvelle Aquitaine) pour les recruteurs, et quelques 6 000 candidats à une nouvelle vie, dont plus de 800 ont été accompagnés quasiment jusqu'à l'embauche.

 

Le coup d'arrêt, mais le potentiel lié au Coronavirus

"Forcement, sur notre créneau, un gros fantasme est né du Coronavirus. Mais la principale conséquence est que dans les deux premiers mois, notre activité s'est réduite à zéro, littéralement. Après, oui, le Coronavirus sera peut-être un accélérateur, mais principalement sur des projets déjà en route. Peut-être développera-t-il aussi certaines envies."

Le confinement, principalement à Paris et dans les grandes villes, ainsi que le développement forcé du télétravail, a pu faire naître chez certains la tentation de changer de vie, pour un cadre plus agréable. Aurore Thibaud reconnaît donc ce potentiel, mais le tempère.

"Il n'y aura pas non plus de horde, de wagon, qui font déferler sur les territoires. Mais il y a il est vrai un frémissement. Peut-être d'ailleurs plus perceptible dans les métropoles que dans la capitale. Comme je disais, à Bordeaux aussi par exemple, les loyers se sont envolés. Et ce sont peut-être plus des Bordelais que des Parisiens qui sont prêts à franchir le pas. Cela fait parti de nos axes de développement." 

Développement que la start-up envisage d'ailleurs sous plusieurs angles : territoriale et sectorielle, on l'a dit, mais également en variant les partenariats.
Et c'est ainsi que LAOU va présenter ce mercredi 17 juin un projet mené avec la CCI de Haute-Vienne, le Conseil Départemental et une quinzaine de partenaires privés : une opération d'attractivité, visant à faire gagner des séjours-découvertes d'un week-end du département et de ses atouts, aussi bien professionnels qu'autres, à ceux qui auraient un projet de nouvelle vie.

 

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