Le rôle crucial des assistants pour les athlètes handisport "J'ai entièrement confiance et j'arrive plus sereine au départ"

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Les 200 nageurs internationaux rassemblés à l'Aquapolis de Limoges ces 7,8 et 9 juin pour une épreuve de la coupe du monde de paranatation sont tous accompagnés d'un assistant. Une aide adaptée à chaque handicap, qui permet à ces sportifs de haut niveau de performer au mieux.

"Ma mission sur la compétition, c'est d'accompagner l'athlète dans tout son cheminement avant la course, de la chambre d'appel jusqu'au moment du départ, pour l'assister sur toutes les petites choses qu'il ne peut pas forcément faire en autonomie du fait de son handicap" explique Julien Moulin, entraîneur de l'équipe de France de paranatation et assistant départ.

"Solène Sache par exemple est paraplégique, donc c'est moi qui dois la mettre sur le plot de départ, et ensuite, il faut que je lui tienne les pieds, que je la maintienne immobile jusqu'au start".

Un duo, qui exige une grande complicité : "Le truc à ne pas faire, c'est que Julien tombe, dit Solène dans un éclat de rire. Ce qui est chouette, c'est qu'on a confiance l'un en l'autre, et surtout moi. Comme j'ai entièrement confiance, je ne me dis pas au départ qu'il faut qu'il mette mon pied comme ça ou comme ça, je sais qu'il va le faire correctement, et j'arrive plus sereine au départ."

Une place à trouver

"Au début, je n'étais pas forcément à l'aise pour faire son assistance sur le plot de départ, l'équilibrer, confie Steven Deyres, l'assistant du nageur Laurent Chardart. Je suis juste là en point d'appui. Évidemment, il faut que je sois bien gainé, bien en place sur le plot, et après, à lui de jouer."

En 2016, Laurent Chardart a été attaqué par un requin sur l’Ile de la Réunion. Il s’en sort avec une jambe et un bras en moins. À 28 ans, il est trois fois champion du monde de paranatation, et déjà qualifié pour les JO de Paris.

Laurent est très autonome, mais il a tout de même besoin d’un assistant sur la ligne de départ. Et c’est Steven, juste derrière lui qui lui prête son épaule pour l’aider à se stabiliser avant le coup de sifflet.

Pour Léane Marceau, athlète malvoyante qui a réussi ce vendredi dans les séries du 100 m dos le temps qualificatif pour les JO de Paris, le rôle de son assistant et entraîneur Benoît Monpion est primordial. En bout de ligne, au bord du bassin, il la touche avec une perche lors de son tout dernier mouvement de bras, pour lui éviter de taper dans le mur.

Le reportage de Franck Petit et Nassuf Djalani

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Seconde journée de la dernière étape de la coupe du monde de paranatation qui passe cette année encore par Limoges et focus sur les assistants des athlètes, avec qui ils forment de vrais duos. ©Franck Petit et Nassuf Djailani-France 3 Limousin

Une assistance très encadrée

Pendant que Julien Moulin tient les pieds de Solène Sache avant le départ, il ne doit pas bouger, sans quoi les juges considéreraient que l’athlète a fait un faux départ. "Il y a pas mal d'anticipation et de travail en amont, comme ça le jour de la compétition, il n'y a rien à faire, rien à dire" explique l'entraîneur et assistant.

Lorsque Steven Deyres stabilise Laurent Chardart avant le coup de sifflet, les deux hommes n’ont pas le droit de se parler.

Des règles strictes qui nécessitent des heures de travail, pour acquérir des automatismes et former un duo irréprochable.

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