Les sécheresses à répétition menacent l’approvisionnement en eau en Limousin

A l'occasion de l'annonce du plan Eau par le chef de l’Etat, il faut se rendre à l'évidence : l'eau est une denrée rare. Emmanuel Macron a présenté ce jeudi une cinquantaine de mesures pour améliorer la gestion de l’eau. Une question préoccupante surtout dans une région agricole comme le Limousin.

La problématique de l'eau au menu du déplacement du chef de l'Etat ce jeudi, plus qu'une préoccupation avec le dérèglement climatique avec les sécheresses à répétition depuis plusieurs années qui obligent les préfet à relever les niveaux d'alerte. Mais quand on parle de l’eau on parle d’abord de nappes phréatiques.

1 - Qu’est-ce qu’une nappe phréatique ?

Les nappes phréatiques ce sont des réserves d’eaux souterraines. Il s’agit d’eau de pluie contenue dans les pores ou les fissures des roches et qui se trouvent à faible profondeur.

 

2 - Est-ce qu’il y en a en Limousin ? Est-ce que c’est une légende urbaine de dire qu’il n’y en a  pas ?

La réponse est oui, il y en a, mais… comme on peut le voir sur la carte ci-dessus, les points bleus indiquent des nappes superficielles, autant dire pas de quoi approvisionner les trois départements.

Pourquoi, parce qu’il n'y a pas de grande nappe profonde en Limousin comme il peut en exister dans le Centre-Loire par exemple.

Il faut ajouter que la présence ou non de nappes phréatiques fait débat, le BRGM par exemple explique qu'il n'y en a pas. 

3 -  On se souvient de l’actualité récente, le préfet de la Corrèze et de la Creuse qui ont activé le niveau de vigilance sécheresse.

C’était début mars. Une première depuis longtemps, en général, c'est début mai que le préfet prend ce genre de mesure.

« Depuis fin janvier, le temps est sec sans aucune précipitation significative. C'est la première fois qu'est enregistrée en Corrèze une si longue période sèche en hiver. Du fait de ce déficit hydrique, le taux d'humidité des sols s'est fortement détérioré et a atteint un niveau anormalement bas pour la saison », écrit à l'époque le préfet Etienne Desplanques, préfet de la Corrèze. Le communiqué ajoutait toutefois que le « niveau de vigilance n’entraîne pas de restriction, mais incite tous les usagers (particuliers, professionnels et collectivités) à restreindre volontairement leur consommation d’eau, tant prélevée dans le milieu naturel que dans le réseau d’eau potable ».

4 - Sur cette carte, qui représente le niveau moyen des nappes au mois de mars 2023, on peut s'apercevoir que la situation est très préoccupante. Les réserves en eau n’ont jamais été aussi basses depuis longtemps.  

C’est en Creuse que la situation est particulièrement grave.

On peut citer l’exemple de Gouzon, où là-bas, où se situe l’une des rares nappes phréatiques de la région, mais impossible de l’utiliser, car elle est radioactive. L’ARS interdit d’ailleurs tout forage.

Pour parer au plus urgent, le syndicat de l’eau de Gouzon Boussac va investir 3 millions d’euros pour traquer et stopper les fuites d’eau.

« Nous avons 11 000 abonnés, avec 1200 km de réseau d’eau. Un réseau avec de nombreuses fuites. Cette opération servira à remplacer les canalisations qui fuient à cause de la vétusté du réseau » explique Vincent Turpinat, président du syndicat de l’eau de Gouzon Boussac.

« Le niveau de l’eau dans les nappes phréatiques du département n’est pas remonté » s’inquiète l’élu.

Mais dans le département, on ne se résout pas à une certaine fatalité. « On est en train de faire une grande interconnexion avec l’Allier et Montluçon pour faire venir de l’eau sur le secteur de Boussac. En attendant, on invite les administrés à faire des économies d’eau » prévient le président du syndicat de l’eau.

Le malheur « de notre département, c'est que nous avons un sol granitique, à la moindre goutte de pluie, tout ruisselle et s’en va », ajoute-t-il.

Dans ces déclarations de ce jeudi 30 mars, le chef de l’Etat vient d’ailleurs d'annoncer 180 millions d’euros dès 2024 pour réparer les fuites d’eau.