Limoges : une vie dans les égouts

Philippe Brun vient tout juste de prendre sa retraite, après avoir passé 33 ans sous terre, à quelques mètres sous nos pieds. Un parcours atypique, au service de la collectivité. Son métier, c'était égoutier.

Philippe Brun a définitivement raccroché le harnais et les cuissardes d'égoutier
Philippe Brun a définitivement raccroché le harnais et les cuissardes d'égoutier © Martial Codet-Boisse

Pour qui se promène dans les rues de Limoges, impossible d'imaginer qu'un réseau de 90 kilomètres d'égouts visitables chemine sous terre. Pourtant des hommes y travaillent, pour les contrôler et les réparer. Pendant 33 ans, Philippe Brun a fait partie de ceux-là.

Attention danger

Et le métier d'égoutier n'est pas sans danger. Sous terre, il y a parfois des poches de gaz qui se forment, de l'hydrogène sulfuré, mortel. A cause des rats, les égoutiers peuvent aussi attraper des maladies comme la leptospirose. Les risques de noyade ne sont pas à exclure, si par malheur une conduite d'eau vient à lâcher.

Et puis claustrophobes, s'abstenir ! Dans les conduites, très basses, il faut circuler courbé, et à quatre pattes. Philippe Brun, pourtant aguerri, a déjà été pris d'un moment de panique, alors qu'un collègue a coupé la ventilation, c'était du côté du Pont Saint-Etienne. "J'avais tout le matériel adéquat pour voir s'il manquait d'oxygène, tout fonctionnait très bien, mais j'ai été pris de panique, se souvient-il, j'avais une chappe de chaleur qui est tombée sur mes épaules. Comme c'est un boyau qui fait 1m20 de haut sur 60 cm de large, avec le matériel, à quatre pattes, c'est très dur."

Pas de dégout pour l'égoutier

Alors que le métier d'égoutier pourrait en dégouter certains, Philippe Brun a aussi su apprécier la beauté sous terre

C'est typique de chez nous

Philippe Brun, égoutier

 

 

Le vaste réseau, près de la gare des Bénédictins est fait de granit, typiquement limousin. "Nous avons de belles rampes en granit, avec des marches, c'est typique de chez nous, c'est très joli." Un endroit réservé à quelques initiés, ceux qui comme Philippe Brun exercent un métier essentiel au confort de notre vie moderne. 

 

On peut l'entendre dans le reportage qui suit dans lequel s'exprime aussi Laurent Barrat, le chef de service réseaux eau et assainissement de Limoges Métropole. 

 

Souvenirs d'égoutier ©France Télévisions

Après 33 ans à oeuvrer dans la plus grande discrétion pour que nos effluents s'écoulent sans gêner la vie en surface, Philippe Brun a raccroché ses cuissardes. La relève assure la continuité du service. 

 

 

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