Menaces sur les radios associatives en Limousin

Baisse de revenus publicitaires et de subventions à cause de la crise sanitaire : les treize radios locales associatives du Limousin sont dans le flou quant à leur avenir. Elles comptent sur le fonds de soutien à l'expression radiophonique.

Bram FM à Tulle fait partie des radios locales inquiètes.
Bram FM à Tulle fait partie des radios locales inquiètes. © L.Claveau/FTV

A Tulle, en Corrèze, Bram FM fait partie de la Fédération des radios associatives en Limousin et Aquitaine, comme 13 autres stations. Toutes sont financées par le Fonds de soutien à l'expression radiophonique locale (FSER) qui dépend du ministère de la Culture. Mais cette année, les subventions sont en baisse à cause de la crise : 15 000 euros de moins pour les radios de la région.

Pendant le confinement, les radios n'ont pas pu honorer les émissions avec lesquelles elles avaient signé des partenariats.

Philippe d'Hauteville, Président de la Fédération des radios associatives en Limousin et Aquitaine.

"Conséquence : on ne peut pas rendre de compte au fonds de soutien de toutes nos actions, on a donc eu moins de subventions" poursuit le président.

Menaces sur les radios associatives en Limousin

Autre impact sur le budget des radios associatives : la baisse des revenus publicitaires générés, en temps normal, par la diffusion de messages d'intérêt collectif. Manque à gagner pour le Groupement des Radios Associatives Libres (GRAL) du Limousin cette année : plus de 20 000 euros. "Les collectivités achètent des espaces publicitaires mais cette année, pas de messages donc pas de messages pubs donc pas de subventions" indique Thierry Beaulaton, Responsable des co-productions du Groupement des Radios Associatives Libres et animateur sur radio Emergence à Limoges.

Tissu informatif local

Exclues du plan de relance économique gouvernemental, les radios associatives se sentent oubliées. Au-delà des problèmes financiers, Sébastien Péjou, journaliste au sein du GRAL  pointe un autre danger potentiel : une atteinte à la pluralité d'information. "Les radios associatives existeront toujours" tempère-t-il "par contre, elles ne pourront plus avoir autant de salariés, de journalistes et donc d'information sérieuse". Car selon lui, les radios associatives sont un maillon essentiel du tissu informatif local.

La semaine dernière, le Sénat a voté un amendement prévoyant l'augmentation exceptionnelle de 3,5 millions d'euros du Fonds de soutien à l'expression radiophonique. Celui-ci sera examiné en commission paritaire cette semaine. Son adoption pourrait sauver certaines radios associatives.

En 2015, les trois fédérations de radios associatives en Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes (FARL, FRANC CP et FRALA) représentaient 83 radios locales qui employaient 242 permanents salariés (dont 54 journalistes titulaires d’une carte de presse) et mobilisaient près de 3 000 bénévoles.

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