Niger, Mali, Burkina : pas de déprogrammation d'artistes pour le Festival Zébrures d'automne, mais la confusion demeure

Le festival des Zébrures d'automne débutera à Limoges le 20 septembre 2023 comme prévu, mais non sans confusion. La polémique concernant la collaboration avec des artistes venus de ces trois pays fait réagir et laisse planer des doutes sur la programmation de ce rendez-vous culturel incontournable de la Francophonie.

Après la demande de suspension de "toute collaboration avec des artistes du Niger, du Mali et du Burkina Faso", où des putschs ont été menés ces derniers mois, la ministre de la Culture Rima Abdul-Malak a tempéré ce vendredi matin : aucun artiste ne sera boycotté. 

Retournement de situation : "Il n'est pas question d'arrêter d'échanger avec les artistes", a rassuré vendredi sur RTL la ministre française de la Culture Rima Abdul Malak, précisant que tous ceux "qui ont déjà des visas et qui ont des tournées ou des spectacles prévus (...) vont pouvoir venir comme prévu".

Une information pourtant contradictoire a été envoyée à l'ensemble des acteurs culturels français mercredi, en provenance des directions régionales de la culture (DRAC), sur demande du ministère de l'Europe et des Affaires Étrangères, dans le contexte géopolitique tendu au Sahel.

"Ce message au ton comminatoire demande à nos adhérents de suspendre, jusqu'à nouvel ordre, toute coopération avec les pays suivants : Mali, Niger, Burkina Faso", écrivaient alors les syndicats des entreprises artistiques et culturelles. 

"Je ne comprends rien : est-ce qu'il y a un capitaine derrière le bateau ? 

Hassane Kassi Kouyaté, metteur en scène franco-burkinabé, directeur du Festival des Francophonies en Limousin, s'apprête à ouvrir la 40ᵉ édition des Zébrures d'automne. 

Le festival ouvre ses portes le 20 septembre à Limoges, et ces annonces de dernière minute plongent toute l'organisation dans la confusion. "Est-ce que je dois me fier à la DRAC ou au ministère ? Les informations sont contradictoires", se questionne le directeur des Francophonies. 

En automne comme en hiver, le festival accueille des artistes francophones du monde entier. "Chaque année, nous avons des problèmes de visa, depuis trente ans, le problème est récurrent", explique Hassane Kassi Kouyaté, "ce qui se passe aujourd'hui c'est l'arbre qui se cache derrière la forêt". 

Atteinte à la liberté de programmation culturelle

Le directeur, qui est également artiste, dénonce un problème de fond, alors que les artistes ukrainiens ou afghans - en ces temps de conflits - n'ont pas été déprogrammés, il questionne l'influence des décisions politiques sur la programmation culturelle en France

"On est dans un pays des droits de l'homme, qui a signé des conventions internationales sur la liberté des arts (...) C'est une réelle atteinte à la liberté de programmation culturelle", dénonce Hassane Kassi Kouyaté. 

Le directeur garde cependant la tête froide. Le Festival des Zébrures d'automne est maintenu en l'état. "Je reste à ma place et je n'agis pas dans l'émotion", explique-t-il. 

Néanmoins, certains artistes interprètes, au programme cette année, sont concernés par la décision. L'organisation ne sait pas encore s'ils pourront venir jusqu'à Limoges d'ici au 20 septembre prochain. 

La décision serait matérielle et temporaire

Ce vendredi 15 septembre, Emmanuel Macron clarifie la situation :  "Lorsqu'on dit qu'il n'y aura pas de visa ou qu'on annule tous les événements qui seraient faits en France avec tous les artistes venant du Burkina Faso, du Mali ou du Niger : c'est faux, ça ne se passera pas", a affirmé le président Emmanuel Macron lors d'un déplacement en Côte-d'Or (est de la France).

Il a ajouté que "la vocation de la France, c'est d'accueillir les artistes, les intellectuels, et de pouvoir justement les faire rayonner en toute liberté."

Pour des raisons de sécurité, les services de visa dans ces pays ne sont pas fonctionnels, donc il est matériellement impossible de délivrer des visas pour venir en France. 

L'organisation des Zébrures d'Automne risque donc d'être bousculée, car la suspension des vols de et vers Bamako est prolongée jusqu'au 24 septembre inclus, tout comme celle des vols de et vers Ouagadougou, a annoncé Air France ce vendredi.

Le directeur reste optimiste : "J'ai bon espoir que ça bouge". 

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