"On ne peut pas effectuer des soins dans un couloir." Nouvelle alerte aux urgences de Limoges après une nuit difficile

Dans la nuit du 2 au 3 janvier, une quinzaine de patients auraient été été pris en charge dans la zone d'accueil et d'orientation des Urgences du CHU de Limoges, selon la CFDT Santé. Le syndicat dépose un nouveau droit d'alerte sur la saturation du service.

"Les personnels sont à bout !"... C'est, une nouvelle fois, le cri d'alarme lancé par la CFDT Santé-Sociaux 87 du CHU au nom du personnel hospitalier et notamment celui des Urgences.
Le syndicat a déposé, ce mercredi matin, un droit d'alerte auprès de la direction de l'établissement pour dénoncer la saturation récurrente au service des Urgences.

"Les patients y passent 20 minutes, pas la nuit entière !"

Selon David Combeau, secrétaire général départemental du syndicat, une quinzaine de patients ont passé la nuit dans la zone d'accueil et d'orientation des urgences. "Ce n'est pas du tout fait pour cela, les passants y passent d'ordinaire une vingtaine de minutes avant d'être orientés dans le service des urgences. On ne peut pas effectuer des soins dans un couloir, ce n'est pas le lieu pour, c'est un poste qui gère l'accueil !", déplore-t-il.

Pour le syndicaliste, un seuil a été franchi : "C’est la saturation, il n’y a plus de lits en aval, les urgences débordent. C’est de la maltraitance institutionnelle, il est impossible d’exercer en toute sérénité pour les personnels. Le patient est une marchandise, ce n’est plus humain. Sur un an, le nombre de démissions a doublé à l’hôpital. Nous sommes aujourd’hui à 200 démissions sur un an".

Des alertes répétées

Cet épisode n'est malheureusement que la dernière illustration d'une saturation chronique des Urgences de Limoges, liée au manque de lits d'aval.

Le 27 décembre, la direction du CHU postait même un message sur ses réseaux sociaux pour dissuader les patients de se rendre aux Urgences sans nécessité absolue.

En janvier 2022, la CFDT avait déjà déposé un droit d'alerte pour les mêmes raisons. Pour quelle efficacité ? "Des solutions sont trouvées, mais elles sont provisoires", affirme David Combeau, "Après un droit d'alerte, notre direction va libérer des lits, mais en faisant rentrer des gens chez eux plus tôt ou en décommandant des soins. On annihile une qualité de soins parce qu'il faut faire de la place..."

Contactée ce jour, la direction du CHU n'a pas donné suite, affirmant consacrer son temps à régler le problème.

La CFDT a également lancé une pétition en ligne contre les fermetures de lits, les conditions de travail dégradées et la baisse de la qualité des soins.