Le premier master Fabrique de la littérature ouvre à Limoges à la rentrée scolaire de septembre

Dès la rentrée universitaire de septembre, la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Limoges inaugurera la première promotion de la Fabrique de la Littérature en Nouvelle-Aquitaine. Des ateliers d'écriture, des séminaires internationaux et des rencontres avec le public sont au programme.

© Patrick Lefevre - MAXPPP

C'est officiel, le master Fabrique de la Littérature (FABLI) se dessinera dès la rentrée universitaire de septembre 2020. En discussion depuis deux ans, cette formation unique en Nouvelle-Aquitaine sera orchestrée par Jean-Michel Devésa, responsable de la mention et ses équipes et devrait accueillir 25 étudiants de toute la France.

Nous avons essayé d’avoir une grande majorité de limougeauds et si possible 1/3 d’étudiants venant de la Nouvelle-Aquitaine et d’ailleurs. C’est bien d’avoir des éléments extérieurs, ça peut permettre à la promotion de bien fonctionner.

Les étudiants sont sélectionnés par l'équipe enseignante sur la base de plusieurs critères, le premier étant d'avoir un goût pour l'écriture initialement développé, comme l'explique Jean-Michel Devésa, "nous avons privilégié les lettres de motivation astucieuses et les personnes pour qui, écrire est un besoin." Parmi les quelques arguments des postulants "je tiens un blog, j'écris des poèmes depuis l'âge de 13 ans, je fais des chroniques sur le cinéma". Autre mention faite pour espérer rejoindre la promotion : avoir obtenu une licence ou être en passe de la valider, avec des "résultats honorables" comme le mentionne le site de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Limoges.

Jean-Michel Devésa, à l'initiative de ce cursus, espère voir cette formation grandir dans les années à venir.

Mon rêve, c'est que dans deux ans, quand je vais rendre la main du master, on puisse dire : il y a une école à Limoges.

Sur les 75 candidats, 30 ont été retenus par l'équipe enseignante qui prévoit quelques désistements justifiés avant la rentrée universitaire. 11 des trente élèves acceptés ont d'ores et déjà confirmé leur intêret pour le master. Dès le mois de septembre et pour une durée de deux ans, ces passionnés d'écriture verront leurs études rythmées par la littérature.

Au programme : des ateliers d'écriture, des séminaire internationaux chaque semestre en présence de professeurs étrangers, des cours de langues, de traduction, d'histoire de la littérature... Le spectre des matières est large et devrait permettre aux aspirants écrivains de perfectionner leur plume.

Pour Jean Lambert-wild, directeur du Théâtre de l'Union et intervenant pour le master FABLI, "tout passe par l'écriture". Ce dramaturge et écrivain travaille actuellement sur une "synthèse" de ses savoirs pour penser leur transmission à travers des exemples concrets alliant théorie et pratique sur diverses réflexion autour de l'écriture, "ce sera parfois des cours un peu étonnants, sur les incidences qu'il y a eu entre le cinéma et le théâtre, les questions autour de l'intelligence artificielle, les sms, les réseaux sociaux, etc."

Ça va être un master de grande exigence, qui va nécessitera de la part des personnes qui s'y inscrivent de la maturité d'esprit, de l'invention, de ne pas avoir de doxa pré-établie.

Des études pour devenir écrivain ? Oui, mais pas que. Pour Jean-Michel Devésa, cette formation est également une opportunité pour les étudiants de passer l'agrégation et d'offrir à Limoges, une vitrine prestigieuse au niveau universitaire.

Si vous êtes capables d'écrire des nouvelles, des poèmes et d'intéresser des lecteurs, donc des inconnus, il y a quelques chances que vous sachiez faire un devoir en 7h, qui ne soit pas inachevé.

Pour Jean-Michel Devésa, lui-même écrivain, bien que préférant la mention "d'auteur", "l'institution universitaire, avec les meilleures intentions du monde, ne prend pas en compte l'attente des étudiants". Il déplore le manque d'intêret justifié de ces derniers lors des cours magistraux, "si nous les passionnons, pourquoi communiquent-ils avec leurs amis sur leur smartphone ?" Afin d'éviter ce genre d'attitude et passionner au sens propre les élèves pour la formation qu'ils ont choisie, l'équipe enseignante a refléchi à une stratégie. En un mot : intéraction.

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Premièrement, les élèves seront acteurs de leurs cours. Ils écriront, présenteront leur travail aux limougeauds, et interagirons avec la Bibliothèque Francophone Multimédia de Limoges et le Théâtre de l'Union. La création d'un blog auto-géré par les étudiants est également envisagé pour permettre à ces jeunes d'avoir une meilleure visibilité auprès de la population limousine et au-delà.

Enfin, un des objectifs de la formation est de travailler en "synergie" avec le master Edition et le master sociologie.

L'idée, c'est qu'en mai 2021, nos masters organisent des journées d'études et que celles-ci soient communes à nos trois master. Qu'il y ait un pôle à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines.

À quelques mois de l'ouverture de la formation, Jean-Michel Devésa croit en la motivation de ses futurs élèves et au succès du cursus, "très vite, au bout de trois ou quatre ans, on peut avoir des gens qui viendront de Bordeaux, de Brest, pour suivre notre enseignement, j'ai envie de contribuer à la mise en place d'un diplôme pérenne."

L'ouverture de ce parcours intervient alors que le parcours master recherche "Textes et Représentations du Monde" était "en naufrage" comme l'explique Jean-Michel Devésa.

L'an dernier, en première année, nous n'avions que 5 inscrits.

Un scénario que l'équipe de la Fabrique de la Littérature ne souhaite pas revivre. Pleine de projets et d'ambitions, cette nouvelle formation devrait finalement ouvrir la voie à de nouveaux écrivains en Limousin.

Le mot de François David
Commissaire de la Foire du Livre de Brive et ancien Chef d'établissement

Que pensez-vous de cette nouvelle formation ?

Cette initiative est extrêmement originale et utile, j'en suis sûre. Elle peut aider des jeunes à franchir le cap. L'écriture et les livres sont tellement importants dans notre société, tout ce qui permet aux livres de grandir doit être félicité. Naturellement, ces jeunes seront les bienvenus à la Foire du Livre de Brive. Pendant ces trois jours s'ils le souhaitent, ils pourront continuer à travailler, rencontrer des auteurs et s'enrichir. L'invitation est lancée !

Je suis témoin que la Foire du Livre de Brive et le contact avec les écrivains a donné l'envie d'écrire et a créé des vocations. Ecrire un livre est un acte dur et professionnel. Le livre n'est pas qu'une histoire de formation. Il est une histoire de coeur, d'intuition. Certaines personnes n'ayant pas fait d'études ont écrit de très beaux livres. Tout ne passe pas par la formation, on peut faire sans, mais c'est mieux avec.

Est-ce important d'ancrer un peu plus la littérature en Limousin grâce à cette formation ?

C'est fondamental. Le Limousin est terre d'écrivains : Franck Bouysse, Denis Tillinac, Claude Michelet, Michel Peyramaure, Christian Signol... On peut faire émerger des talents.

Cinq anciens élèves de l'Ensemble Scolaire Edmond Michelet (dont il était à la direction) étaient présents à la Foire du Livre l'année dernière. Ils ont attrapé ce virus en venant rencontrer les auteurs à Brive. Ce que je souhaite c'est que ça devienne contagieux. L'envie d'écrire n'entraînera pas le confinement de toute une population mais celui des personnes qui écrivent, pour une bonne cause.

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