Produits nocifs et santé des bébés : l'hôpital de Limoges mise sur le savon et la pédagogie

Une chambre pédagogique, des nouvelles pratiques d'hygiène, moins de produits sur la peau des nouveaux-nés... L'Hôpital Mère-Enfant de Limoges multiplie les initiatives contre les substances nocives et les perturbateurs endocriniens. 

La peau des nouveaux-né est particulièrement fine, ce qui les expose davantage aux produits toxiques.
La peau des nouveaux-né est particulièrement fine, ce qui les expose davantage aux produits toxiques. © Rainer_Maiores via Pixabay
Comment éviter d'exposer son nourrisson à des produits toxiques ? Quels sont les labels à privilégier, les produits à fuir ? Pour guider les futurs parents et les aider à prendre soin de leurs nouveaux-nés, l'Hôpital Mère-Enfant de Limoges a conçu une chambre pédagogique pour y organiser deux ateliers mensuels. 

De la peinture aux meubles, en passant par les biberons, les couches et les produits de soin, les visiteurs examinent toute la pièce, guidés par Lisa Morin, responsable de mission en santé publique et environnementale. 

On peut faire avec des produits simples


"Regardez sur ce pot de peinture, cet éco-label européen, il vous garantit un minimum de substances chimiques", souligne la spécialiste. Les produits sains "ne sont pas forcément très onéreux" assure-t-elle. "On peut faire avec des produits simples, qu'on peut trouver dans le commerce"

"C'est bien de savoir ce qui est bon pour notre enfant ou pas. C'est mon premier bébé, alors il y a beaucoup de choses que je ne sais pas", confie Camille Letellier, qui visite la chambre pédagogique. "J'ai retenu qu'il fallait faire attention aux labels, aux ingrédients qui peuvent être nocifs, tout ce qui va être autour de mon bébé" résume Noëlline Faucher. 
 
Quels sont les biberons les moins toxiques pour les nouveaux-nés ? C'est une question soulevée lors de la visite de la chambre pédagogique au CHU de Limoges.
Quels sont les biberons les moins toxiques pour les nouveaux-nés ? C'est une question soulevée lors de la visite de la chambre pédagogique au CHU de Limoges. © France 3 Limousin


Sensibiliser sans culpabiliser 

 
Les professionnelles tiennent à ne pas culpabiliser ou moraliser les parents.

"C'est vraiment la sensibilisation que l'on souhaite apporter aux parents. Nous ne sommes absolument pas dans une démarche de dire ce qui est bien ou pas, mais sur la réflexion en fonction de son habitation, de son mode de vie..." précise Sarah Wehbe, sage-femme coordinatrice. 

 
Serum physiologique, eau et savon 


Et si les parents apprennent à protéger la santé de leurs nourrissons, la maternité aussi évolue et change ses pratiques. 

"Toute l'équipe s'est vraiment investie dans cette mission-là. Et même chez nous, on s'y met. Je suis maman de deux petites filles, et j'ai totalement changé mes pratiques à la maison" explique Marilyne Ferreira-Garcez, auxiliaire de puériculture. 

Le but, c'est d'utiliser le moins de produits possible sur la peau des bébés


"Le but, c'est d'utiliser le moins de produits possible sur la peau des bébés, qui est très très fine. Et de sensibiliser les parents pour qu'ils continuent dans cette démarche à la maison". Âgée de deux jours, Tanaïs profite des soins prodigués par les mains expertes de Marilyne. Savon, eau et sérum physiologique, bébé n'a besoin de rien d'autre !

Dans le service, les sols sont désormais lavés à l'eau. Et pour désinfecter la pouponnière, la vapeur suffit. Prochain défi : passer aux couches écologiques ! 

Dossier réalisé par Camille Chignac et Frédérique Bordes : 
Substances nocives et santé des bébés : l'hôpital de Limoges mise sur le savon et la pédagogie
Gare aux perturbateurs endocriniens 

Parmi les substances à éviter, les perturbateurs endocriniens. De quoi s'agit-il ? "De substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle qui dérèglent le fonctionnement hormonal des organismes vivants", selon une définition du ministère de la Santé.

Ces substances "ont des effets néfastes sur l’environnement et sur la santé humaine ; peuvent provoquer des troubles de la croissance, du développement sexuel ou neurologique, des troubles de la reproduction, ainsi que l’apparition de certains cancers et maladies métaboliques comme le diabète."

Femmes enceintes et nourrissons y sont particulièrement sensibles.
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