Réouverture de la ligne SNCF entre Limoges et Saillat-sur-Vienne après plusieurs mois de travaux

durée de la vidéo : 00h01mn42s
Réouverture ce matin de la ligne de chemin de fer entre Limoges et Saillat-sur-Vienne après plusieurs mois de travaux. Reste maintenant à rouvrir le tronçon restant jusqu'à Angoulême. Mais ça n'est malheureusement pas pour tout de suite. ©France Télévisions

Réouverture ce samedi 16 décembre au matin de la ligne de chemin de fer entre Limoges et Saillat-sur-Vienne après plusieurs mois de travaux. Reste maintenant à rouvrir le tronçon restant jusqu'à Angoulême. Mais ça n'est malheureusement pas pour tout de suite.

Petit matin brumeux en gare de Limoges. Le train part à 9 h précise. 47 minutes de trajet pour aller jusqu’au terminus à Saillat sur Vienne. Pendant plus de trois mois, le bus a mis beaucoup plus longtemps. Une passagère s’arrête à Saint-Victurnien.

"Je prenais le bus. Une heure de trajet contre 30 minutes maintenant. C'était beaucoup plus long" confie la jeune femme.

Les travaux ont débuté en septembre dernier. 10 km de voie ont été restaurés entre Limoges et Aixe-Sur-Vienne pour 10 millions d’euros.

Le train arrive à Saillat Sur Vienne, le terminus. Il n’ira pas plus loin, ce qui est un non-sens pour Pascal Cluzeau, le maire du village. La ligne se prolonge théoriquement jusqu’à la préfecture de la Charente.

"Les gens pourraient aller jusqu'à Angoulême, récupérer le TGV, ou aller jusqu'à Royan à la mer comme ça existait dans le temps" déplore l'édile.

Réouverture de la ligne Limoges-Angoulême en 2029

En mai dernier, élus et usagers se sont mobilisés pour la réouverture complète de la liaison, fermée il y a quelques années, faute d’un entretien suffisant. Le conseil régional assure que cette ligne rouvrira avant 2029. Des études seront nécessaires avant les travaux.

"Il faut regarder les rails, les ballasts, la signalisation ou encore les passages à niveau. Quand ça n'a pas été circulé pendant cinq ou six ans, il y a des nouvelles normes qui s'imposent. On est dans un monde ferroviaire où le temps est très très long. Je ne m'y habitue toujours pas moi-même" explique Renaud Lagrave, vice-président de la région Nouvelle-Aquitaine en charge des transports.

Pour la région Nouvelle-Aquitaine, Les petites lignes régionales restent une priorité, pour décarboner les transports.

Perte de temps et d'argent pour le patron de la CCI

Vision contestée par le président de la CCI, Pierre Massy. Pour lui, la réouverture de cette ligne est une perte de temps et d'argent.

"Je considère que des trains diesel avec si peu de fréquentation sont une aberration. Il existe une alternative sur ce tronçon : la RN141, quasi une autoroute, qui va bientôt passer dans son intégralité en 2×2 voies jusqu'à Angoulême. On pourrait faire circuler les bus GPL ou électriques avec 20 ou 30 passagers. Cela serait plus judicieux. Les sommes engagées (on parle de plusieurs centaines de millions d'euros pour toute la ligne) seraient mieux employées, par exemple sur la ligne TER entre Limoges et Poitiers. Elle pourrait être une bonne alternative au réseau routier défaillant, puisqu'on ne veut pas nous octroyer d'autoroute. Mais non, on s'entête à vouloir faire du train et de la route vers Angoulême".

"Je laisse le président de la CCI à ses déclarations. Visiblement, c'est un ami de la route quand nous sommes les amis du ferroviaire", rétorque Renaud Lagrave. "C'est le sens de l'histoire de décarboner les transports en passant par le rail. Cette ligne peut servir pour les voyageurs, mais aussi pour le transport de marchandises. Notre idée, c'est de faire du report modal, mettre des camions sur les rails".

Les études pour la réouverture de la ligne doivent être validées lors de la signature du prochain contrat de plan entre l'État et la région.