Agriculteurs au Salon. "On attend les visiteurs, il ne faut pas qu'ils aient peur de venir nous voir" : le 60e SIA démarre

Avec beaucoup de retard ce samedi 24 février 2024, la 60ᵉ édition du Salon international de l'agriculture a finalement ouvert ses portes à Paris, dans un contexte de grande tension. Pour les éleveurs limousins sur place, cette 60ᵉ édition reste essentielle pour aller à la rencontre des consommateurs.

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"On veut vous nourrir, pas mourir", peut-on lire sur les t-shirts des Jeunes Agriculteurs.

L'ouverture de l'édition 2024 du salon international de l'agriculture s'est déroulée sous tension, dans un contexte particulier en raison de la mobilisation des agriculteurs depuis plus d'un mois.

Le salon devait ouvrir aux visiteurs à neuf heures, mais l'accès du public a finalement été retardé. Avec deux heures de retard, les premiers visiteurs ont pu commencer à entrer, au compte-gouttes, dans le parc des expositions de Paris, bien que le pavillon 1 soit resté un temps fermé.

"Ça ne va pas être un salon raté, mais sous pression"

"Tant qu'Emmanuel Macron sera dans les locaux du parc des expos, ça se passera mal. C'était très violent, des collègues se sont fait gazer par des CRS et certains ont été placés en garde à vue", nous confie par téléphone Amélie Rebière, présidente de la coordination rurale de la Corrèze.

"Ça ne va pas être un salon raté, mais sous pression. Il ne fallait pas s'attendre à moins, ça fait des années qu'on est en crise", déclare Christian Arvis, président de la FDSEA en Creuse et éleveur de bovins dans le sud du département. "La venue des politiques, c'est encore du foutage de gueule. Dans le contexte dans lequel on est, c'est de la provocation. On n'y croit plus, on veut des actes. On veut être rémunéré au coût de production."

"Être au contact de la population qu'on nourrit"

Malgré ce contexte, ce salon est un rendez-vous annuel incontournable pour tous les agriculteurs et éleveurs limousins, "pour aller à la rencontre des consommateurs, être au contact de la population qu'on nourrit, expliquer pourquoi il y a une telle crise agricole et pourquoi on est dans la rue", déclare Amélie Rebière. "On attend les visiteurs, il ne faut pas qu'ils aient peur de venir nous voir."

Christian Arvis partage ce point de vue, mais semble résigné : "C'est un événement très important pour les producteurs, car ça représente un travail énorme en amont depuis des mois. Ceci étant, je ne sais pas si on doit en attendre grand-chose".

Échanges houleux entre syndicats et Emmanuel Macron

Jean-Baptiste Moreau, agriculteur dans la Creuse et ancien député "Renaissance", participe à son 28ᵉ salon. "Il va falloir qu'Emmanuel Macron puisse s'exprimer et répondre aux interrogations des agriculteurs. Ça va être compliqué de déambuler dans ce climat-là, mais il y a un tel niveau de désespoir, que c'est compréhensible...". Il déclarait d'ailleurs au Figaro ce vendredi 23 février : "Il ne faut pas que Macron aille au Salon de l'Agriculture demain". Sur BFMTV, il évoque la reconnaissance dans le projet de loi de l'agriculture comme un "intérêt général prioritaire".

On ne peut pas partir de ce rendez-vous sans engagement de votre part !

Agricultrice

Quelques minutes plus tard, le président de la République a improvisé un débat avec les syndicats agricoles. Les échanges, énièmes appels à l'aide de la part des agriculteurs, sont assez houleux. "Aujourd'hui, un agriculteur est un ouvrier d'état sur lequel on fait peser la finance, mais qui n'a plus aucune maîtrise", crie un éleveur. "On ne peut pas partir de ce rendez-vous sans engagement de votre part", ajoute une agricultrice. "Vous n'allez pas repartir sans, vous allez voir", répond Emmanuel Macron.

"Le président récolte ce qu'il a semé depuis 24h avec le débat et l'invitation de tous nos opposants. Aujourd'hui, on attend des réponses sur l'élevage. Si on n'en a pas, on continuera la mobilisation", assure Boris Bulan, président de la FDSEA en Haute-Vienne.

La 60ᵉ édition du salon international de l'agriculture se tient jusqu'au 3 mars 2024, au parc des expositions de Paris.