"Stupéfaction" après la mise en examen pour viols et séquestration d'un collaborateur parlementaire originaire de Limoges

Louki-Géronimo Richou, 26 ans, collaborateur parlementaire au Sénat, a été mis en examen et placé en détention provisoire pour viols et séquestration, vendredi 9 juin 2023. Des perquisitions, près de Limoges, ont eu lieu dans le cadre des investigations. Au total, six victimes sont identifiées par les enquêteurs parisiens.

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe, d’une "surprise générale" au Sénat, selon nos informations. Elle a provoqué également la stupeur au sein de l’association que le mis en examen venait de créer sur notre territoire : "De la Haute-Vienne aux Grandes Écoles". Un choc enfin auprès de ceux qui l’ont côtoyé, et que nous avons pu joindre par téléphone ce mardi.

Louki-Géronimo Richou, 26 ans, originaire de Haute-Vienne, diplômé de Sciences Po Paris et collaborateur parlementaire au Sénat depuis cinq ans, a été écroué vendredi 9 juin 2023.

Arrêté mercredi, selon Le Parisien qui a dévoilé l’affaire, l’homme a été placé en garde à vue le même jour dans les locaux du 3e district de la police judiciaire de Paris. Il a ensuite été "mis en examen pour viols par conjoint, concubin ou partenaire, ainsi que pour arrestation, enlèvement et séquestration", détaillait l’AFP vendredi. Des informations qui nous ont été confirmées ce mardi, tout comme les poursuites "pour violences et menaces de mort sur conjoint, ainsi que chantage, ou encore administration de substances nuisibles."

Au total, six femmes sont identifiées comme victimes à ce jour dans cette enquête, selon nos sources concordantes. Un juge d'instruction a été saisi et l'enquête s'annonce longue : les recherches vont notamment porter sur l'analyse des téléphones et ordinateurs utilisés dans les relations. Les enquêteurs n'excluent pas également de nouveaux témoignages en raison de la médiatisation de l'affaire. 

Les faits reprochés

D’après Le Parisien, les victimes déclarées sont des femmes évoluant dans les milieux politiques, dans des institutions locales ou nationales, certaines rencontrées sur les bancs de Sciences-Po. Dans le cadre des investigations, des perquisitions ont eu lieu à Paris ainsi qu'en Haute-Vienne, dans la famille du mis en cause, avec l'aide des équipes de la police judiciaire de Limoges.

Les faits qui lui sont reprochés sont particulièrement graves. Selon nos informations, l'enquête porte sur la relation que l'homme entretenait avec ses victimes présumées, une relation qui aurait placé ces femmes dans un "état de soumission". Les plaignantes auraient été droguées au GHB et auraient également étaient filmées à leur insu. 

L’une d’entre elle, sa compagne ou petite amie, aurait également été contrainte à une relation sexuelle alors que le mis en cause se savait porteur d’une MST.

Ce que l'on sait du mis en examen ? 

Louki-Géronimo Richou, âgé de 26 ans, travaille depuis cinq ans au Sénat. Il y a collaboré avec deux sénatrices. La dernière en date est Nicole Duranton, sénatrice Renaissance de l’Eure, de 2020 à 2022, selon son profil LinkedIn. En parallèle, il exerce en tant qu’assistant pédagogique à Sciences Po Paris. Mais aussi à la Sorbonne depuis juin 2022, en tant que prestataire/consultant pour aider à l'animation de cours en ligne à l’Institut SCAI (Sorbonne Center for Artificial Intelligence).

Récemment, il a créé une association "De la Haute-Vienne aux Grandes Écoles". Une association dont il avait la présidence et pour laquelle il avait été invité sur notre plateau de France 3 Limousin.

"Les faits reprochés sont sordides. C'est impensable."

Au Sénat, la nouvelle a fait l’effet, d’une "bombe", d’une "surprise générale."

Contacté ce mardi, Science Po Paris, affirme avoir cessé toute collaboration avec le mis en cause et indique travailler "pleinement avec les services de police et a tiré toutes les conséquences de la situation qui a été portée à sa connaissance."

"Nous confirmons que Louki-Géronimo Richou collaborait à Sorbonne Université (...) Nous ne souhaitons pas faire d’autres commentaires. La justice est saisie, nous la laissons faire son travail", réagit la Sorbonne dans un mail envoyé à la rédaction de France 3 Limousin ce mardi. 

Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, son association "De la Haute-Vienne aux grandes écoles" précise l'avoir exclu "dès que ces éléments ont été portés à la connaissance de l'association."

Le trésorier de l'association, joint par téléphone, a également réagit : "Nous sommes stupéfaits depuis vendredi. Je pense à ces femmes qui ont déposé plainte. Les faits reprochés sont sordides. C'est impensable. On ne se doutait pas."

L’association affirme également qu’aucun signalement n’a été émis dans le cadre de son activité associative. Et selon nos informations à Science Po Paris, non plus lorsqu’il était étudiant ou assistant pédagogique.

Les investigations sont toujours en cours et s’annoncent longues. Louki Géronimo Richou est, à ce stade, toujours présumé innocent. Devant la gravité des faits, la justice a décidé son maintien en détention provisoire.