Transition énergétique. Ces déchets qui nous permettent de nous chauffer

Pour étendre encore son réseau de chaleur urbain, l'agglomération de Limoges investit dans une nouvelle unité de production d'énergie verte. Après les ordures ménagères et les déchets forestiers, ce sont les eaux usées qui permettront d'ici à cinq ans à 4 000 Limougeauds de se chauffer. Au total 28 000 logements seront alors raccordés au réseau de chaleur de la métropole.

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Première source, l’usine d’incinération des ordures ménagères de Beaubreuil, officiellement nommée Centrale Énergie Déchets Limoges Métropole (CEDLM), alimente le réseau de chaleur limougeaud depuis 2015. Un réseau qui profite actuellement à 18 000 logements, et que la métropole entend développer : les travaux pour raccorder 6 000 nouveaux logements sont en cours.

Vers un chauffage urbain plus vert

L'autre source qui alimente ce réseau et permet notamment de chauffer les logements sociaux des quartiers prioritaires, c'est la chaufferie biomasse du Val de l'Aurence. Depuis 2019, elle utilise les déchets forestiers pour produire de l'énergie. Des plaquettes forestières 100% locales, fournies par les entreprises du département.

"Quand on coupe un arbre, on obtient le bois d'œuvre qui sert à la construction, le bois bûche pour les branches un peu plus petites Et le reste, on le récupère maintenant et on en fait des petits copeaux qu'on brûle. De cette chaleur, on fait de la vapeur, et à partir de cette vapeur, on fait deux types d'énergie : de l'électricité, et de la chaleur, c'est pour ça qu'on l'appelle la cogénération bois", détaille Cyril Brunie, directeur de la transition énergétique à Limoges Métropole.

La cloacothermie

D'ici à cinq ans, c'est avec l'énergie produite par les eaux usées que l'agglomération prévoit d'alimenter 4 000 logements supplémentaires. Une technologie appelée la cloacothermie.

"L'eau qui est rejetée en Vienne est entre 15 et 18 degrés. Ces calories, on va venir les capter et elles vont permettre de préchauffer l'eau du réseau. Ce sera complémenté par une chaudière bois, et la biomasse permettra de boucler la boucle de notre réseau de chaleur vertueux", explique la vice-présidente de Limoges Métropole, Émilie Rabeteau.

Une technologie verte et performante : les aux usées générées par une centaine d'habitants permettent d'en chauffer une dizaine. L'énergie ainsi produite est moins chère de 5 à 15% par rapport au gaz. 

"Il y a aussi cette volonté politique chez nous de mailler de plus en plus le territoire avec ce réseau de chaleur pour que l'abonné ait un prix stable avec des énergies renouvelables. Et puis économiquement, créer un réseau de chaleur, ça a un impact fort sur le tissu économique et sa dynamique" affirme Émilie Rabeteau.

Le coût pour la collectivité de l'extension du réseau de chaleur est estimé à 70 millions d'€

Les travaux devraient s'achever en 2028.

D'autre part, la création d'une nouvelle unité de valorisation énergétique des déchets est à l'étude, pour remplacer l'usine d'incinération de Beaubreuil vieillissante : sa mise en service date de juin 1989 et son exploitation doit prendre fin en 2030.