“Pour la planète” : Marc vit en quasi-autonomie en pleine nature

40m² de cabane auto-construite, 800m² de jardin vivrier, et un puits, c'est la "sobriété heureuse" de Marc et son épouse Corine / © Louis Duménil / FTV
40m² de cabane auto-construite, 800m² de jardin vivrier, et un puits, c'est la "sobriété heureuse" de Marc et son épouse Corine / © Louis Duménil / FTV

Installés à Buissière-Galant, dans le parc naturel Périgord-Limousin, Corine et Marc vivent une "sobriété heureuse" dans leur cabane, en harmonie avec la nature. Avec leur association Terres de Cabanes, ils transmettent aux autres ce qu'ils ont appris de leur mode de vie quasi-autonome.

Par Emma Derome avec Marine Guigné

"Une fois qu’on a ouvert les yeux, on ne peut plus dormir tranquille", aime à répéter Marc Jeannot, en citant l'un de ses poètes favoris, Pierre Reverdy. Cela fait déjà 10 ans que lui et sa compagne Corine ont tout quitté pour créer leur lieu de vie où ils vivent en toute "sobriété heureuse".

Basé à Bussière-Galant, en Haute-Vienne, au cœur du parc naturel Périgord Limousin, classé Natura 2000, le site comprend une cabane auto-construite, un jardin vivrier et un puits d'eau. Il leur permet de vivre au plus près de la nature en ayant le moins d'impact possible sur leur environnement. 

Baptisé Terres de Cabanes, le lieu sert d'exemple, et accueille les publics désireux d'en savoir plus sur ce mode de vie alternatif. Alors, comment font-ils pour vivre en quasi-autonomie ? 

Une cabane de bois et de paille

La cabane a été construite avec des matériaux locaux / © Louis Duménil / FTV
La cabane a été construite avec des matériaux locaux / © Louis Duménil / FTV

Tout a commencé pour Marc en 1999, alors qu'il vivait à Aiguevives, dans l'Aude.

Dans la nuit du 12 au 13 novembre 1999, on a été inondé, et on a tout perdu en une nuit. Ça a été pour moi un déclenchement, un signe de la planète qui est en train de nous dire qu’on a été un peu trop loin, et qu’il faut faire machine arrière. Le projet a été construit sur ce constat-là.

Marc a quitté son travail pour suivre une formation de charpentier. Avec Corine, qui est professeure des écoles, ils jettent leur dévolu sur ce terrain de 7 hectares situé en pleine zone protégée. Il y construit lui-même sa cabane de 40 m², en bois et en paille.

Ce sont des techniques de construction très classiques. À l’extérieur, le bois c'est du Douglas, qui sont des essences qui maintenant sont devenues locales, et de la paille, qui vient de 50 à 60 kilomètres d’ici, à la limite de la Dordogne.

Un "habitat primaire", comme l'appelle Marc, avec juste ce qu'il faut. 

"À 40m², on y vit à deux, ou à trois" / © Louis Duménil / FTV
"À 40m², on y vit à deux, ou à trois" / © Louis Duménil / FTV
 

Un jardin vivrier pour toute l'année

Le couple arrive à subvenir à ses besoins grâce aux récoltes du potager. Végétariens, ils ne consomment pratiquement aucun produit d'origine animale.

Cette année, on a augmenté la surface du jardin, avec 800 mètres de jardin cultivé. Avec toute cette surface, on a pu produire des pommes de terre, des courges… On utilise également de la tanaisie ou de l’absinthe, qui sont des plantes qui ont des propriétés médicinales et insecticides, pour avoir un jardin productif sans mettre aucun produit ni engrais.

Cette année, à cause de la sécheresse, la production du potager n'est pas tout à fait à la hauteur de ses espérances. "On devrait quand même pouvoir passer l’année", assure-t-il.
 
À cause de la sécheresse, la récole sera moins abondante cette année / © Louis Duménil / FTV
À cause de la sécheresse, la récole sera moins abondante cette année / © Louis Duménil / FTV

Marc et Corine ne vivent toutefois pas sans eau et sans électricité.

On a fait le choix d’une autonomie partielle. On n’est pas totalement autonome pour l’énergie, mais pour l’eau, on n’est pas raccordé au réseau, on a un puits.

 
Grace à leur puits, Marc et Corine ne sont pas raccordés au réseau d'eau / © Louis Duménil / FTV
Grace à leur puits, Marc et Corine ne sont pas raccordés au réseau d'eau / © Louis Duménil / FTV
 

La passion de la transmission


"Je rêve d’un monde où la cabane reprendrait sa place", songe Marc. "Terres de cabanes" est venu de cette envie de partager ces connaissances liées à la construction de cet habitat écologique. Son association propose des animations pour les scolaires et des ateliers depuis 10 ans. Des projets de construction de cabanes avec des centres de loisirs ou des centres sociaux de Limoges ont même vus le jour.

Notre action est minime par rapport aux enjeux environnementaux, mais en tout cas, on a conscience de ce qui est nécessaire aujourd’hui de faire pour préserver la planète. C’est à la portée de tous à condition que l'on ait du terrain. Il faut juste se demander si l'on ne ferait pas mieux d’investir du temps dans notre alimentation plutôt que dans des déplacements pour aller travailler ailleurs, au détriment de la réappropriation de notre espace de vie.


Face aux enjeux du réchauffement climatique, de la destruction de la biodiversité ou encore de la pénurie d'eau, la seule solution pour Marc est de tourner vers un mode de vie différent. 

On ne peut plus imaginer développer un système économique dans un monde dont tout le monde sait qu’il est en danger, voir fini. Seule la sobriété permet de passer à un niveau de consommation acceptable pour tout le monde et pour la planète.

Retrouvez notre page spéciale environnement avec Terres de cabanes : 

Ils vivent en quasi-autonomie dans la nature limousine
Equipe : Marine Guigné, Louis Duménil, Jean-François Andrieux, et Alain Lafeuille

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