VIDÉO. "C'est notre source de revenu" : vente à perte de carburant, une loi qui défavoriserait les indépendants en zone rurale

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Essence. La vente à perte bientôt autorisée ? Les indépendants s'inquiètent en Limousin. Dans l'ordre d'apparition : 1/ Bruno Marchat, Secrétaire général du groupe Picoty 2/ Céline Poujaud, Gérante de station essence 3/ Un usager ©Frédéric Cano, Nassuf Djalani / France 3 Limousin

Face à la hausse des prix du carburant, le gouvernement envisage d'autoriser la vente à perte pour les distributeurs sur une période limitée à compter du 1ᵉʳ décembre. Une mesure qui inquiète les indépendants du Limousin. Leur réaction ainsi que celle du groupe Avia - Picoty.

Alors que l'inflation est prévue à 5 % pour 2023, les prix des carburants sont à la hausse. Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a annoncé qu'une loi pourrait permettre aux distributeurs de vendre du carburant "à perte" afin de faire baisser les prix à la pompe.

Ce serait une mesure "inédite", a rappelé la première ministre Elisabeth Borne. Depuis 1963, la revente à perte est interdite en France, pour protéger les professionnels les plus fragiles, ou éviter toute menace de "dumping", à l'exception des périodes de soldes ou bien des déstockages. 

Si la loi est adoptée, les stations services pourront bientôt, si elles le souhaitent, proposer leur carburant à un tarif inférieur à son prix d’achat. Le distributeur limousin de carburants Avia Picoty s'y oppose fermement : "Je la trouve antiéconomique, ça n'a pas de sens, je pense aux 2400 stations service indépendantes qui font toute la richesse des territoires ruraux qui vont se trouver demain en grande difficulté face à une telle mesure". 

Impossible de s'aligner sur les gros distributeurs  

En France, environ un tiers des 10.000 à 11.000 stations sont gérées par TotalEnergies (3.400 stations), la moitié sont celles des enseignes de la grande distribution et les autres sont indépendantes.

Pour les petites stations indépendantes, impossible de s'aligner sur les opérations des grandes surfaces ou le plafonnement du prix chez Total, qui pourraient - quant à eux - faire leurs marges sur d'autres produits.

"Nous c'est notre source de revenu, là il nous reste à peine trois centimes de marge sur le carburant sans marge, on ne peut pas vivre", s'inquiète Céline Poujaud, gérante d'une station essence indépendante à Saint-Sulpice-les-Feuilles, en Haute-Vienne.

Jusqu'à cinquante centimes de réduction au litre 

Avec des prix qui dépassent parfois les deux euros par litre, la vente à perte permettrait une baisse allant jusqu'à cinquante centimes par litre. Si elle favorise les clients, elle ne les emballe pas pour autant. "Ici, plus de 2 euros le litre, le gazole... la nouvelle, on la prend bien, mais tous ces distributeurs, que vont-ils devenir ? (...) On ne devrait pas favoriser ses réseaux qui distribuent énormément de carburants au détriment des autres", s'indigne un automobiliste.

Selon les annonces de Bruno Le Maire. Ministre de l'Économie, le projet de loi, après un examen à l'Assemblée Nationale début octobre, serait effectif début décembre.

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