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Il fait chaud en Nouvelle-Aquitaine : vague de chaleur ou canicule, quelle différence ?

© jplenio via Pixabay
© jplenio via Pixabay

La France connaît une hausse significative des températures depuis dimanche 23 juin 2019. Coup de chaud, vague de chaleur, canicule ? Quels sont les critères d'alerte ? Comment la Nouvelle-Aquitaine est-elle impactée ? Éléments de réponse.

Par Hélène Abalo

Le mercure a pris de la hauteur depuis dimanche 23 juin 2019 sur toute la France et les températures vont continuer à grimper toute la semaine. Un épisode caniculaire intense, précoce et remarquable selon Météo France
 
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source : https://fr.statista.com/infographie/18468/temperatures-moyennes-sur-terre-rechauffement-climatique/

 

Doit-on parler de coup de chaud, de vague de chaleur ou de canicule, et dans quels cas des alertes sanitaires peuvent-elles être déclenchées ? 


Il faut savoir que le plan national canicule dispose de trois niveaux :
  • le niveau de veille saisonnière, activé systématiquement entre le 1er juin et le 31 août partout en France pour assurer le suivi des indicateurs.
  • le niveau 2 est un niveau d'avertissement avec une veille renforcée.
  • le niveau 3 (orange) permet de prendre les mesures pour protéger la population.
  • le niveau 4 (rouge) est un niveau de crise.
La définition de la "canicule" est très précise. Elle repose sur les températures prévues le jour, la nuit, et sur la durée du phénomène.

  

Comment ça marche ?


Des indicateurs biométéorologiques sont fixés pour chaque département. Dans la cadre du SACS (Système D’alerte Canicule Et Santé), sont déterminés des seuils minimaux (IBMn) et des maximaux (IBMx). La moyenne des températures prévues (diurnes et nocturnes) est réalisée. Si ces moyennes prévues atteignent les seuils ou les dépassent pendant 3 jours et 3 nuits à la suite, l'alerte (niveau 3) peut être déclenchée. Cette alerte permet de mobiliser, si nécessaire, des moyens de prévention et des dispositifs sanitaires précis.

Ces indicateurs et les seuils ont été calculés pour la première fois en 2004 dans le premier plan canicule mis en place après la surmortalité de l'été 2003. Ce sont 14 villes pilotes qui ont été retenues pour les calculs. Bordeaux, Dijon, Grenoble, Le  Havre, Lille, Limoges, Lyon, Marseille, Nantes, Nice, Paris, Strasbourg, Toulouse et Tours.

Dans chacune de ces villes, les températures minimales et maximales du 1er juin au  31 août entre 1973 et 2003 ont été passées au crible. Ce qui a permis de dégager des moyennes. Pour définir les seuils à risque, ces données ont été croisées avec la mortalité et la surmortalité estivale sur cette même période. C'est ainsi qu'on a pu s'apercevoir que la population du sud, plus habituée aux fortes chaleurs, résistait à des températures plus élevées que les gens du nord du pays. Les IBMn et IBMx ne sont donc pas les mêmes qu'on habite en Nouvelle-Aquitaine ou dans les Hauts-de-France.

  


Quels sont les IBM en Nouvelle-Aquitaine ?

Au sein de la grande région, les indicateurs ne sont pas les mêmes que l'on soit à l'intérieur des terres, en façade maritime ou en altitude.

Indicateurs biométéorologiques max (jour)
Cliquez sur le département de votre choix pour faire apparaître les données. 




Ainsi, l'alerte canicule ne sera déclenchée dans les départements que si ces seuils sont atteints et perdurent trois jours :
 
  • Charente : 36° le jour, 20° la nuit
  • Charente-Maritime : 35° le jour, 20° la nuit
  • Corrèze : 36° le jour, 19° la nuit
  • Creuse : 34° le jour, 20° la nuit
  • Dordogne : 36° le jour, 20° la nuit
  • Gironde : 35° le jour, 21° la nuit
  • Landes : 35° le jour, 20° la nuit
  • Lot-et-Garonne : 36° le jour, 20° la nuit
  • Pyrénées-Atlantiques : 34° le jour, 20° la nuit
  • Deux-Sèvres : 35° le jour, 20° la nuit
  • Vienne : 35° le jour, 19° la nuit
  • Haute-Vienne : 34° le jour, 20° la nuit

Indicateurs biométéorologiques min (nuit)
Cliquez sur le département de votre choix pour faire apparaître les données.  
 
 

Et alors, pour cette fois-ci ?

C'est la façade Est de la France qui risque d'être touchée par les plus fortes chaleurs. Néanmoins, à l'intérieur des terres de Nouvelle-Aquitaine et dans les grandes villes, les températures pourraient être élevées de jour comme de nuit, ce qui pourrait conduire les autorités à déclencher des alertes (niveau 2, voire 3) mais l'épisode ne devrait pas excéder les 3 jours (mercredi, jeudi, vendredi).

Attention ! Il ne s'agit que de prévisions. Mieux vaut suivre l'évolution de la situation régulièrement en consultant le site de Météo France et celui des vigilances météo.  Les alertes peuvent être déclenchées ou suspendues en fonction de l'évolution des prévisions et des situations observées localement. 

 

Canicule ou pas, alerte ou pas, protégez-vous !

© Santé publique France
© Santé publique France

En cas de forte chaleur, n'oubliez pas de vous hydrater, de manger en quantité suffisante, de maintenir votre habitat au frais, d'éviter l'alcool et les efforts physiques. Les personnes âgées, les femmes enceintes et les enfants doivent bénéficier d'une attention toute particulière. Plus de conseils sur le site du ministère de la Santé.

Soyez vigilants également si vous stationnez votre véhicule en plein soleil et n'oubliez pas de rafraîchir vos animaux. 
 
  

A faire...

En cas de fortes chaleurs, les municipalités s'organisent pour venir en aide aux plus fragiles avec notamment un registre "canicule". En cas de déclenchement de l'alerte "niveau 3 - orange", les personnes âgées ou handicapées et isolées, inscrites sur ce registre, sont contactées régulièrement pour s'assurer que tout va bien.  

N'hésitez pas à prendre contact avec les services de votre mairie.  

...et à ne pas faire


Avec la chaleur, on recherche... la fraîcheur. Or, depuis plusieurs années, de nombreuses villes de France sont confrontées à un phénomène : celui des ouvertures des bouches à incendie ou "street pooling". Outre les risques de blessures et les conséquences sur l'intervention de pompiers sur un sinistre, cette pratique engendre un dysfonctionnement du réseau de distribution de l'eau et un énorme gaspillage. Ainsi, à Limoges, l'ouverture sauvage d'une bouche à incendie pendant une heure représente une perte d’une environ 200 m3 (soit l’équivalent d’une consommation supérieure à celle d’une famille durant un an).

La municipalité rappelle qu'elle organise régulièrement des sorties au bord de l'eau ou des jeux aquatiques pour les enfants que ce soit à La Bastide ou à Beaubreuil. 

La ville de Bordeaux propose de nombreuses fontaines et points d'eau portable en accès libre

 

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