Instruction à la maison : les parents entrent en résistance

Lors de son discours sur la lutte contre les séparatismes, le président de la République a annoncé la fin prochaine de l'instruction en famille. Les parents qui ont choisi de ne pas mettre leur enfant à l'école dénoncent une atteinte à leur liberté. 

L'instruction à la maison interdite à la rentrée prochaine
L'instruction à la maison interdite à la rentrée prochaine © Pixabay/Francine Sreca
"Je vais rentrer en résistance", c'est en ces termes qu'Erika Tombolato a accueilli l'annonce d'Emmanuel Macron d'interdire l'instruction à la maison.

Des contrôles

Comme 50 000 jeunes en France, les trois enfants de cette famille installée dans la Creuse ne vont pas à l'école. Certains parents choisissent de s'approcher le plus possible des programmes de l'école, d'autres comme Erika s'adaptent à l'évolution de leur enfant en étant à l'écoute de leurs centres d'intêret, c'est ce que l'on appelle le unschooling

L'instruction en famille est une pratique contrôlée.  Chaque année, l'éducation nationale intervient au domicile de la famille afin de vérifier les choix pédagogiques des parents et les connaissances des enfants.

Par ailleurs, les parents reçoivent aussi une visite de leur mairie afin de voir si toutes les conditions dans l'habitation sont réunies pour l'instruction à la maison.

Ces contrôles sont renforcés depuis la loi "école de la confiance" de juillet 2019. "Nous étions déjà dans le collimateur de l'éducation nationale!", proteste Erika Tombolato. 

Pour quelles raisons

 

On dérange

Erika Tombolato, relais des Enfants d'Abord dans le Limousin



"Je suis dépitée, explique Erika. Les contrôles sont de plus en plus stricts, mais ça ne suffit pas, on dérange. On échappe à la main mise de l'école et ça ne plaît pas". C'est ainsi que la mère de famille, relais en Limousin de l'association "Les Enfants d'Abord", explique la position du gouvernement. 

Car quel est le lien entre l'instruction à la maison et la lutte contre les séparatismes ? 

Les écoles clandestines sont visées. Deux d'entre elles ont été fermées à Marseille et une autre plus récemment dans la région parisienne.

Les familles avaient déclaré exercer l'instruction en famille, mais leurs enfants fréquentaient ces établissements. En Seine-Saint-Denis, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a parlé "d'endoctrinement", sur fond d'islam politique.

Aujourd'hui, les familles qui pratiquent l'instruction à la maison pour l'épanouissement de leur enfant se sentent à mille lieux de ces considérations et ne comprennent pas qu'on leur interdise ce choix.
 
Des parents du Limousin s'opposent à la fin de l'école à domicile

 

La résistance

Dès l'annonce du président de la République, une vingtaine de familles a contacté Erika Tombolato "des familles desespérées, mais nous avons décidé de ne pas nous laisser faire."

Sur sa page facebook, Elodie Crépel, mère de famille de Corrèze s'adresse au président de la République en indiquant "on ne vous laissera pas faire, on se battra pour que nos enfants aient leur liberté, car les familles IEFeuses sont des familles avant tout engagées auprès de leurs enfants (...)"

Erika Tombolato parle même de quitter la France, pour aller vivre dans un pays où l'instruction en famille est autorisée. 






 
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