Une intersyndicale de l’éducation nationale appelle à une "grève sanitaire" ce mardi 10 novembre

La journée de mobilisation nationale à l’appel de syndicats enseignants entend alerter contre les mesures sanitaires insuffisantes dans les lycées et particulièrement dans les collèges, grands absents des aménagements du ministre de la semaine dernière.
Manifestation des enseignants à Pau, en novembre 2018
Manifestation des enseignants à Pau, en novembre 2018 © Quentin TOP - MaxPPP
Les principaux syndicats de l’éducation nationale ont choisi de maintenir l’appel à la « grève sanitaire » pour ce mardi 10 novembre, pointant les difficultés, quand ce n’est pas l’impossibilité de mettre en place les mesures de distanciation dans les classes. Alors que la limitation en vigueur est de six personnes pour l’ensemble de la population, les élèves sont toujours pour la plupart à 35 par classe, parfois plus. Les dispositions annoncées par le ministre en fin de semaine dernière concernent uniquement les lycées et sont un casse-tête à organiser sur le terrain.

Dans son discours de la semaine dernière le ministre  préconisait de limiter le brassage des élèves, pointant en particulier la cantine, qui, au passage, ne dépend pas de l’éducation nationale. Mais il s’est bien gardé de dire que la principale cause du brassage ce sont les enseignements de spécialités mis en place avec sa réforme du bac. Maintenant qu’il n’y a plus de filières comme c’était le cas auparavant, il n’y plus de « groupe classe » à proprement parler. Un collègue qui enseigne une spécialité peut avoir des élèves issus de cinq, six voire sept classes différentes ! Difficile dans ces conditions de limiter le brassage. D’autant qu’ils en ont profité pour supprimer des postes, ce qui gonfle d’autant le nombre d’élèves par classe. Des classes qui, elles, n’ont pas changé de format. 

Alain Héraud, secrétaire académique du Syndicat National des Enseignants de Second degré - FSU

Une trentaine de classes ont ainsi été fermées dans l’académie.

Les enseignants demeurent très attachés à l’enseignement présentiel.

Si jamais on repart sur un confinement total, c'est-à-dire en tout distanciel, c’est une catastrophe. Moi j’enseigne en lycée professionnel, et le décrochage à l’occasion du premier confinement, a été de l’ordre de 90 %. Ça a été terrible. Mais si les préconisations du ministre, avec une partie en présentiel et une autre à distance, est assuré par le même prof, c’est ingérable. Ou alors ce sera du bricolage, parce qu’il est hors de question qu’on multiplie par deux notre volume de travail. Entre la préparation, le cours et la vérification des apprentissages, l’enseignement traditionnel, ça prend du temps. Si on y rajoute le distanciel qui demande une autre énergie et une autre structuration, on va avoir d’autres soucis de santé au travail, qui relèveront du burnout. 

Bertrand Verhaeghe, secrétaire académique de la CGT Educ'action

Les syndicats réclament des recrutements d’enseignants, ainsi que l’embauche de personnels d’entretien.

Au mois de juin, on savait qu’une deuxième vague était probable. Il aurait fallu recruter, ouvrir un peu plus les concours. Pour qu’on ait les moyens, aujourd’hui qu’on y est, de continuer d’assurer le travail en présentiel. Parce que la majorité des collègues veulent absolument pouvoir continuer d’enseigner face à leurs classes.

Bertrand Verhaeghe, secrétaire académique de la CGT Educ'action

La grève sanitaire de mardi 10 novembre pointera la situation des collèges, grands oubliés des préconisations du ministre, pourtant confrontés à la même problématique que les lycées.
 
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