Gouf de Capbreton : rencontre exceptionnelle avec quatre cachalots pour un plongeur-photographe basque

Passionné du Gouf de Capbreton sur lequel il travaille depuis plusieurs années, le plongeur-photographe basque Lilian Haristoy a réalisé une "observation exceptionnelle" ce vendredi 20 août dans l'après-midi à proximité immédiate de la côte landaise...Il nous fait partager ses clichés.
Le plongeur basque Lilian Haristoy a pu capturer ces magnifiques clichés de cachalot dans le Gouf de Capbreton, à proximité immédiate de la côte ce vendredi 20 août.
Le plongeur basque Lilian Haristoy a pu capturer ces magnifiques clichés de cachalot dans le Gouf de Capbreton, à proximité immédiate de la côte ce vendredi 20 août. © avec l'autorisation de Lilian Haristoy

Une "observation exceptionnelle, et des sensations incroyables". C'est ainsi que Lilian Haristoy décrit la scène à laquelle il a eu la chance d'assister, ce vendredi 20 août au large de Capbreton, dans les Landes, à l'entrée du Gouf. "On m'avait signalé la présence de sept cachalots, j'en ai vu quatre" raconte-t-il.

La présence de cachalots n'est pas si rare sur le Gouf, mais Lilian, qui prépare un livre de photos sur ce gigantesque canyon sous-marin depuis plusieurs années, n'avait jamais pu plonger avec ces cétacés, qui sont les plus grosses des baleines à dents (par opposition aux baleines à fanons, comme la baleine bleue).

"Les cachalots sont très discrets" souligne-t-il. "Lorsqu'ils remontent à la surface, ils dépassent à peine de l'eau, et leur souffle est très bref, ce qui les rend plus difficile à repérer." 

Les cachalots se trouvaient à 4 milles nautiques de la côte, en face de Capbreton, ce vendredi 20 août.
Les cachalots se trouvaient à 4 milles nautiques de la côte, en face de Capbreton, ce vendredi 20 août. © avec l'autorisation de Lilian Haristoy

"Je me suis mis à l'eau pour deux plongées, et je me suis rapproché calmement des animaux. Ceux que j'ai vu devaient mesurer dans les 12 mètres, et peser trente tonnes. Ils sont connus pour accepter très bien les plongeurs, et être très sociables, pas du tout farouches". 

"À ma connaissance, il n'y a que des cachalots mâles qui passent sur le Gouf lors de leur migration. On peut les croiser pendant une longue période, de mai à octobre. Mais nous n'avons que très peu de données sur leur passage dans la zone, car il n'y a pas d'études, comme souvent en ce qui concerne le Gouf de Capbreton". 

Trois cachalots visibles sur la même photo ! "Certains fermaient les yeux et semblaient dormir".
Trois cachalots visibles sur la même photo ! "Certains fermaient les yeux et semblaient dormir". © avec l'autorisation de Lilian Haristoy

"Les cachalots se nourrissent de calamars, qui sont très nombreux dans le Gouf. Même en étant si près de la côte, il y a déjà 250 à 300 mètres de fond". 

"Comme l'eau était trouble, je me suis approché au plus près à deux mètres, en étant très calme et très prudent. Mais il y en a quand même un qui a réussi à passer derrière moi sans que je m'en rende compte !"

Si ce cachalot a déjà été répertorié par les scientifiques, la photo de sa nageoire pourrait permettre de l'identifier.
Si ce cachalot a déjà été répertorié par les scientifiques, la photo de sa nageoire pourrait permettre de l'identifier. © avec l'autorisation de Lilian Haristoy

Les cachalots ne sont pas les seuls à fréquenter le Gouf durant leur migration. En effet, ce très nombreux cétacés circulent dans cette zone. "Hier après-midi, au même endroit, il y avait aussi des globicéphales et des grands dauphins, c'était Disneyland !" s'amuse le plongeur.  

Pour faire progresser notre connaissance des cachalots, Lilian Haristoy a pu collecter des morceaux de peaux mortes qui s'étaient détachées des cétacés, et compte les faire parvenir à des scientifiques.

Il va aussi contacter le spécialiste français de ce cétacé, l'océanographe François Sarano, (qui travaillait avec le commandant Cousteau), et étudie les cachalots de l'Ile Maurice. 

Grâce à cette observation, le plongeur-photographe basque pourra compléter le livre qu'il prépare depuis longtemps pour faire découvrir au grand public les animaux qui peuplent le Gouf, et dont la campagne de souscription se termine le 30 août prochain. "C'est sûr, certains des clichés de vendredi iront dans le livre !" assure-t-il. 

© Avec l'autorisation de Lilian Haristoy

 

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