Les éleveurs landais victimes de la grippe aviaire ne savent toujours pas quand ils pourront relancer leur activité

L'heure est au nettoyage et à la désinfection des quelques 300 exploitations landaises touchées par l'épizootie de grippe aviaire dans les Landes. L'ensemble des sites devra être contrôlé avant l'instauration d'un vide sanitaire de 3 semaines. A quelle échéance ? C'est toute la question.

L'heure est au nettoyage et à la désinfection des élevages touchés par la grippe aviaire en Chalosse
L'heure est au nettoyage et à la désinfection des élevages touchés par la grippe aviaire en Chalosse © M.Lasbarrères/F3Aquitaine

Cela fait plus d'un mois qu'ils ne produisent plus. Et les perspectives de reprise sont lointaines. L'attente paraît interminable pour les centaines d'éleveurs qui ont dû faire abattre leurs animaux.

Un champ de ruines

"On est sur un champ de ruines aujourd'hui, on ne sait pas comment on va repartir" se désole Vincent Laborde, producteur de canards à St-Aubin-en-Chalosse, au coeur de la zone touchée par l'épizootie de grippe aviaire. 

"Les indemnisations vont nous aider mais nous avons besoin de produits, de canards. Nos clients appellent pour passer des commandes et on ne peut pas répondre à leurs demandes. On ne sait pas quand on pourra les fournir de nouveau. C'est très dangereux de ne pas pouvoir servir ses clients. Ils risquent d'aller s'adresser ailleurs".

Les élevages sont vides, près de 3 millions de palmipèdes ont été abattus pour stopper l'épizootie de grippe aviaire dans les Landes
Les élevages sont vides, près de 3 millions de palmipèdes ont été abattus pour stopper l'épizootie de grippe aviaire dans les Landes © M.Lasbarrères/F3Aquitaine

 

Nettoyage minutieux, contrôles, vide sanitaire, achat de canetons...la reprise va prendre du temps

Pour Vincent Laborde, comme pour l'ensemble des éleveurs dont les volatiles ont été abattus, l'heure est au nettoyage. "Il ne doit rester aucune trace de matière organique, plus de fumier, plus de paille". Le travail se fait au nettoyeur haute pression avant une désinfection totale des lieux. 

Aucune matière organique ne doit subsister, le nettoyeur haute pression est passé partout avant une désinfection du site.
Aucune matière organique ne doit subsister, le nettoyeur haute pression est passé partout avant une désinfection du site. © M.Lasbarrères/F3Aquitaine

Une fois l'exploitation asseptisée, Vincent Labrune devra attendre le passage des services vétérinaires du département. "Il y a près de 300 exploitations concernées dans les Landes qu'ils devront visiter. Ca va prendre du temps" regrette l'éleveur. "Le vide sanitaire n'interviendra qu'après. Il faut attendre" ajoute t-il résigné. 

Ce vide sanitaire devra durer trois semaines. Trois semaines sans que rien ne se passe. "Mon espoir c'est de recommencer le gavage au 1er septembre. Mais pour ça il faut que je puisse rentrer des canetons en élevage en mai. Sauf que ça aujourd'hui, c'est pas garanti".

Les éleveurs attendent tous une décision du ministère sur la date de reprise et sur d'éventuelles mesures à mettre en oeuvre dans les exploitations pour éviter une 4e crise. "On a aucune info. Si on doit faire des investissements, on ne peut pas les calculer du jour au lendemain. On a besoin de le savoir à l'avance. On a besoin des infos et on les a pas".

Pas assez de canetons pour repeupler l'ensemble des élevages

L'autre inquiétude porte sur le volume de canetons qui sera disponible à l'achat au moment où il faudra repeupler les élevages. "Il n'y aura pas suffisamment de canetons pour tout le monde" averti Serge Mora, le président du Modef, syndicat qui représente les petites exploitations familiales de plein air. "Il y a eu trop de reproducteurs abattus cette fois-ci. Il va falloir échelonner la reprise sur plusieurs semaines".

Pour le Modef, la première des mesures à prendre serait de réduire le nombre de canards en Chalosse . "C'est la condition numéro 1 à mettre en place. Nous avons aujourd'hui une densité beaucoup trop importante sur un territoire vraiment trop petit". La densité favorise en effet la transmission rapide des maladies.

Les autorités trancheront. Le plus vite possible espèrent les éleveurs.

Voir le reportage d'Alexandre Perrin et Marc Lasbarrères :

Les éleveurs victimes de la grippe aviaire ne savent toujours pas quand ils pourront relancer leur activité

 

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