Assises des Landes : le procès de l'adolescent tué et enterré à Yssos commence ce jeudi

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Écrit par América Lopez et Thibault Grouhel sur place

Lundi 3 février 2020, le corps sans vie de Victor Faget, lycéen Dacquois de 17 ans, est retrouvé enterré dans un champ au bord d'une route d'Yzosse près du centre-ville de Dax. Le procès de trois jeunes, aujourd’hui âgés de 19 ans, s'ouvre ce jeudi 24 novembre 2022 pour assassinat, complicité d’assassinat et abstention volontaire d’empêcher un crime.

Deux ans après les faits, le procès doit se tenir à huis clos devant la cour d'assises des mineurs des Landes durant douze jours. 

Mort dans un guet-apens

Dans le box des accusés, trois jeunes adultes vont devoir répondre de leur acte, un guet-apens mortel opéré le 3 février 2020.

Un Basco-Béarnais de 19 ans va répondre d’assassinat, une jeune femme landaise de 19 ans de complicité d’assassinat et un jeune homme de Saint-Palais du même âge d’abstention volontaire d’empêcher un crime.

À l’époque des faits, le trio était mineur, âgé de 16 ans et scolarisé dans la même classe au lycée d’Orthez. Les deux premiers sont en détention provisoire, le dernier placé sous contrôle judiciaire.

L'enquête a révélé que Victor Faget est tombé dans un guet-apens tendu par son ex-copine. Alors qu’il croyait la retrouver, c’est le nouveau compagnon de cette dernière qui s’est présenté au rendez-vous.

Le principal accusé, lycéen d’Orthez, a reconnu les faits devant les enquêteurs. Une bagarre a éclaté entre les deux adolescents, et il a indiqué lui avoir serré le cou puis frappé sa tête à plusieurs reprises avec un bâton.

Confondue par des messages téléphoniques, la jeune fille avait été placée en détention provisoire en février 2021. 

Les enjeux du procès

Ce jeudi matin, se posent trois interrogations concernant le procès.

La première concerne la publicité des débats : huis clos ou pas huis clos ? Dans la mesure où les auteurs des faits étaient mineurs en 2020, le huis clos est de mise, mais l'avocate générale est favorable à un déroulement public. Cette question doit être tranchée ce jeudi matin avant le début des débats. Finalement la cour a décidé le huis clos.

Deuxième enjeu : l'excuse de minorité. Les accusés étaient mineurs au moment des faits, "ils doivent donc être jugés comme mineurs", et c'est le souhait de Me Arnaud Dupin, l'avocat de l'ex-copine de la victime interrogé par France 3 Aquitaine.

En revanche Me Frédéric Dutin qui défend la mère de Victor Faget souhaite que les trois accusés soient jugés comme adultes puisqu'ils ont 19 ans aujourd'hui. Les peines encourues sont évidemment plus lourdes.

Enfin, troisième enjeu, qui serait le plus accablant : la préméditation de l'assassinat. Il y a une forte possibilité qu'il y ait eu préméditation car le principal accusé s'est rendu au rendez-vous mortel muni d'un bâton et de gants. Par ailleurs, il aurait voulu confondre Victor Faget qui aurait eu une relation sexuelle forcée avec la jeune fille, un viol dont elle aurait parlé à une amie quelques mois après les faits.

Le procès doit durer douze jours.

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