"Tout le monde vit avec la peur au ventre" : dans les Landes, la menace de la grippe aviaire fait son retour

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Écrit par Maïté Koda avec Alexandre Perrin

Le niveau de risque de grippe aviaire est remonté d'un cran le 30 septembre. Dans les Landes, les éleveurs composent avec les contraintes liées à ce risque, mais mettent en doute l'efficacité de ces mesures de prévention.

A Mugron dans les Landes, les cannetons de Julien ont été mis à l'abri sous des filets. Ils ont moins de 42 jours et l'éleveur a pour obligation de les claustrer. En cause : le risque d'épizootie de grippe aviaire, qui est passé, sur l'ensemble du territoire national, de négligeable à modéré. Et Julien Mora est, lui, situé en Chalosse, soit dans une "zone à risque de diffusion". 

Beaucoup de frais et de lassitude

L'installation nécessaire à la claustration des palmipèdes a un coût : "pour l'ensemble des lots, c'est environ 5 000  euros d'investissement initial, rien que pour le filet, compte l'éleveur. Sans compter le temps de travail de pose, et de déplacement entre chaque lot". 



A ces frais, s'ajoute une lassitude, palpable. "On nous rajoute encore une charge de travail. On est épuisé moralement physiquement" reconnaît-il,  avant de déplorer une accumulation de contraintes "sans résultat".

Aujourd'hui il n'y a pas de solution autre que le vaccin et les baisses de densité. Tout ce qu'on nous a préconisé jusqu'à présent n'était pas très efficace. Pourtant, on sait qu'une grande partie des volailles en France seront encore élevées en claustration cette année. 

Julien Mora, éleveur de canards à Mugron

France 3 Aquitaine

Un mode d'élevage qui va à l'encontre de ses convictions. "On a besoin de la qualité qu'offre le plein air, à la fois pour les animaux et pour les consommateurs", martèle l'éleveur.

Réduction de la densité

Afin de limiter le risque de transmission du virus, Julien et son père, également éleveur, ont réduit la densité de leurs palmipèdes. "On a réduit de plus de 50 % pour diminuer ces risques de diffusion, explique Serge Mora, lui aussi  installé à Mugron. Pas de quoi écarter la menace pour autant :  "Tout le monde vit avec la peur au ventre. Chaque épisode est assorti d'une nouvelle mesure censée nous protéger, et chaque épisode est pire que le précédent", constate-t-il avec amertume. 

 

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