Ychoux : un an et demi après le décès de Saïd El Barkaoui, le tireur présumé remis en liberté

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Écrit par Maïté Koda
Une marche blanche à la mémoire du père de famille et en soutien à sa compagne et leurs quatre enfants.
Une marche blanche à la mémoire du père de famille et en soutien à sa compagne et leurs quatre enfants. © H. Chauwin

Après dix-huit mois de détention provisoire, le retraité qui avait tiré à cinq reprises sur son voisin à Ychoux dans les Landes a été libéré et placé sous contrôle judiciaire.
 

Mardi 10 décembre, la chambre de l'instruction a décidé en appel la libération de Claude Gorsky, auteur présumé de cinq coups de feu sur son voisin Saïd El Barkaoui, à Ychoux dans les Landes.

Début novembre, à l'issue de 18 mois de détention de Claude Gorsky, le juge des libertés et de la détention avait demandé son maintien en détention provisoire.
Ses avocats ont donc obtenu gain de cause en appel, une décision prévisible, selon Me Anthony Sutter. "L'essentiel de l'instruction est déjà réalisé. Il n'y avait pas de risque de trouble à l'ordre public en libérant Mr Gorsky.  Par ailleurs mon client a un casier vierge, et personne n'a de doute sur le fait qu'il répondra aux convocations à venir".
 

Cinq coups de feu

Le 20 mai 2018, Claude Gorsky tirait à cinq reprises sur Saïd El Barkaoui. Ce dernier, âgé de 39 ans, s'est écroulé avant d'être transporté au CHU de Bordeaux.
Quinze jours plus tard, alors qu'il venait de rentrer à son domicile landais après une nouvelle opération chirurgicale, Saïd El Barkaoui, père de quatre enfants, est décédé.
   

Caractère raciste

Depuis Claude Gorsky a été mis en examen pour tentative de meurtre à caractère raciste. Ce dernier a toujours nié la motivation raciste de son geste, reconnaissant un conflit de voisinage latent qui a dégénéré.
"Monsieur Gorsky  est toujours resté constant. Il n'a jamais eu l'intention de tuer Monsieur El Barkaoui. Et jamais les origines de la victime n'ont servi à justifier son geste", assure Me Sutter.



Une version qui ne convainc pas Frédéric Dutin, avocat de la famille  El Barkaoui. "La veuve de Saïd El Barkaoui a entendu des propos sans équivoque, au moment où son voisin tirait sur son mari, et après, alors que ce dernier gisait au sol", précise-t-il.

Il ajoute que la famille a été "évidemment" surprise et choquée de la remise en liberté du tireur présumé. "C'est une famille très responsable et respectueuse. La femme et la sœur de la victime restent déterminées à poursuivre leur combat".

Requalification

Les parties civiles souhaitent faire admettre la connotation raciste du drame, mais aussi obtenir une requalification en assassinat.  Reste à démontrer que le tireur avait prémédité son acte, et que les cinq coups de feu tirés sur la victime sont bien en lien  avec la rupture d'anévrisme qui a causé son décès.

Une première expertise avait écarté tout lien entre les deux. Les parties civiles restent en attente des résultats d'une contre-expertise, réalisée à leur demande.

 

Soutien de SOS Racisme

Les victimes sont soutenues par l'association SOS racisme, qui avait déjà participé à une marche blanche en mémoire de Saïd El Barkaoui en juin 2018. " Nous avons appris la nouvelle de sa libération hier. On ne peut pas laisser passer ça, assure Ramatoulaye Diop, présidente de l'association en Gironde.

Le racisme, ce n'est pas qu'un fait divers, ça en dit long sur l'état de notre société". La militante regrette que ce drame n'ait été que très peu relayé dans les médias et confie "réfléchir à la mise en place de nouvelles actions en soutien à la famille de la victime".
 

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