Limousin : les artisans préparent les madeleines du déconfinement

En période de confinement, les artisans pleurent-ils comme des madeleines ? En raison d'une activité ralentie, ils trouvent des alternatives à la consommation de leur fidèle clientèle. A quelques jours du déconfinement, plusieurs entreprises locales envisagent déjà l'avenir avec espoir.

Même en période de confinement, les madeleines restent le produit phare de l'entreprise Bébé.
Même en période de confinement, les madeleines restent le produit phare de l'entreprise Bébé. © France Télévisions

Bijou, Bébé ou encore Golfier... Des artisans du Limousin qui se battent en période de confinement pour maintenir leur activité principale : la production de madeleine. Témoignages.

Continuité d'activité et reprise progressive pour Bijou

Depuis le début du confinement, l'entreprise Bijou continue son activité tout en respectant la distanciation sociale. La fermeture des quatre magasins Bijou a été palliée par la livraison à domicile et sans contact avec les clients depuis le 17 mars.

Malgré cette continuité d'activité, l'entreprise est dans une situation "largement catastrophique", souligne Anne Evene, responsable marketing et commerciale des magasins Bijou.
La madeleine, produit phare de l'entreprise Bijou.
La madeleine, produit phare de l'entreprise Bijou. © Bijou
Entre mars et avril, Bijou a touché 10% de son chiffre d'affaire habituel. Une perte majeure dûe en grande partie à l'activité ralentie sur la période de Pâques, "les gens n'ont pas consommé comme habituellement". Autre large perte pour l'entreprise Bijou : les fermetures des écoles et les comités d'entreprises suspendus.

Depuis le début du confinement, l'antre de la madeleine s'est organisée, explique Anne Evene.

Une partie du personnel est en chômage partiel, une grosse majorité est en télétravail. Des équipes tournantes ont été mises en place pour maintenir la production de madeleines en usine.

Face à une clientèle moins nombreuse, seule une sélection de produits phares comme les madeleines ou les financiers ont été maintenus à la livraison.

Les prochaines semaines, l'entreprise Bijou devrait progressivement retrouver une activité "normale" avec une réouverture des quatre magasins (Bordeaux, Brive, Saint-Yrieix et Limoges) prévue le 4 mai.

Nous aurions pu rester ouverts dès le début du confinement, mais nous avons préféré préserver nos équipes et respecter le sans contact : les gens ne doivent pas se déplacer.

Les magasins Bijou ont été réorganisés pour éviter le contact entre les clients, comme ici à Saint-Yrieix.
Les magasins Bijou ont été réorganisés pour éviter le contact entre les clients, comme ici à Saint-Yrieix. © Bijou

Pour cette reprise, des adaptations et mesures ont été prises en amont. Les magasins vont être réorganisés, de façon à ce que les clients ne se croisent pas et le nombre de clients sera limité au sein du magasin. Enfin, les plages horaires ont été modifiées sur les prochaines semaines.

Etant dans l'agroalimentaire, nous suspendons les dégustations en magasins. Les employés porteront des masques et se laveront les mains au gel hydro-alcoolique. Nous privilégions les mains propres plutôt que les gants sales.

Ces dernières semaines, l'entreprise Bijou a oeuvré auprès des soignants, des Ehpad et maisons de retraites. "Nous avons donné les masques, charlottes et surblouses que nous avions en stocks aux structures médicales de Haute-Vienne, Corrèze et Dordogne. Nous avons également donné des madeleines dans certains Ehpad et maisons de retraite, pour ces personnes particulièrement isolées et seules en ce moment".

Les madeleines Bébé : la livraison à domicile a du bon

Si les deux premières semaines du confinement, l'entreprise Bébé a fermé ses portes, elle a rapidement repris du service avec un nouveau mode de vente : la livraison à domicile. Aucune transaction avec le client, tout est commandé et payé sur le site internet.

Actuellement, l'entreprise compte encore deux employés au chômage partiel. Seuls, Christophe Brouillet, dirigeant de l'entreprise et son fils, avec qui il est confiné, assurent une partie de la production. Une clientèle en baisse et un effectif réduit, l'entreprise déplore à ce jour une perte de 90% des ventes habituelles. Pour pallier ce manque, le chef d'entreprise a bénéficié de l'aide promise par l'Etat.

Le peu de vente à domicile nous ont permis de compléter les salaires. C'est très compliqué à gérer. Ces livraisons sont un mal pour un bien, nous découvrons de nouvelles choses et ça nous permet de découvrir la Haute-Vienne différemment.

A l'issue du confinement, Christophe Brouillet et ses équipes réorganiseront leurs magasins pour envisager une réouverture. Le gérant de l'entreprise Bébé prévoit de maintenir la livraison à domicile "les clients en sont très contents".

© France Télévisions

A l'heure actuelle, pas de date fixée pour le reprise d'activité dans les boutiques de Limoges et Saint-Maurice-les-Brousses, mais des idées de mesures sanitaires émergent déjà.

Nos magasins sont petits. Je vais condamner les portes à l'aide d'une table, sur laquelle les clients viendront récupérer les produits. Il n'y aura pas de contact avec les clients. Je ne veux que personne ne se donne la maladie au sein de mon magasin.

L'entreprise a suspendu la production de certains produits. "Nous sommes à 80% de notre gamme générale et nous produisons en petite quantité, il nous manque des bras."

Et même en confinement, la madeleine reste le produit phare de l'entreprise Bébé. A la question "la madeleine de post-confinement sera-t-elle meilleure?" Christophe Brouillet répond en rigolant.

Meilleure dans l'âme, certainement. Les clients ont adoré retrouver leurs madeleines chez eux. Nous avons toujours été bien reçus et avec le sourire.

Les clients viennent chercher "leur petit plaisir" à la boulangerie Golfier

Une activité continue mais une activité alterée à la boulangerie Golfier depuis le début du confinement. Des horaires modifiés, une clientèle en baisse et une employée en moins. Les gérants de la boulangerie sont inquiets quant à l'avenir : "avec le rythme actuelle, je ne sais pas comment nous allons pouvoir revenir à la normale", mentionne Sylvie Golfier.En effet, depuis plusieurs semaines, M. et Mme Golfier sont "partis de l'idée" qu'ils ne pouvaient "compter que sur eux-mêmes". De fait, ils ont maintenu le salaire de leur unique employée, bien que confinée pour garantir sa sécurité et qu'ils "souhaitent préserver autant que possible". 

Malheureusement, nous avons dégringolé. Nous espérons avoir une petite aide financière, mais nous essayons de nous débrouiller.

A l'issue du confinement, l'entreprise Golfier ne souhaite pas communiquer davantage sur sa production sur les réseaux sociaux "Ça nous permettra de repartir doucement, Je ne pourrais pas imaginer des samedis comme nous faisons habituellement, nous ne savons pas comment nous organiser".

Des protections en plexiglas ont été installées à la caisse de la boulangerie Golfier.
Des protections en plexiglas ont été installées à la caisse de la boulangerie Golfier. © Boulangerie Golfier - Facebook

Depuis plusieurs semaines, la boulangerie Golfier est équipée de protections pour limiter le contact avec la clientèle, des dispositions qui devraient être maintenues et renforcées sur les semaines à venir. Une façon de permettre aux férus de madeleines, de venir "chercher leur petit plaisir" en toute sécurité, dans le centre-ville Brive.

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