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Loi travail: une survivante d'Oradour entre en résistance

Par solidarité avec le mouvement social contre la Loi travail, Camille Senon, 91 ans, survivante du massacre d'Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) en 1944, a opposé une fin de non-recevoir à la proposition du Premier ministre de l'élever au rang de commandeur de l'Ordre national du mérite.

© Franck Petit - F3Limousin
"Dans le contexte actuel il m'est impossible d'accepter de votre part cette distinction(...) alors que je suis totalement solidaire des luttes menées depuis deux mois par les salariés, les jeunes, une majorité de députés et de Français contre la Loi travail que vous venez d'imposer par le 49-3", a-t-elle écrit dans une lettre adressée au Premier ministre fin mai 2016

Accepter cette distinction aujourd'hui serait, explique-t-elle, "renier toute ma vie militante pour plus de justice et de solidarité, de liberté, de fraternité et de paix".

Jointe par l'AFP dimanche 29 mai 2016, l'intéressée a évoqué "un hasard du calendrier qui tombe particulièrement mal".

"Quand j'ai reçu cette proposition le 17 mai, il m'a paru évident que dans ce contexte où des gens luttent pour faire respecter leurs droits et où mes camarades syndicalistes d'Air France sont traduits devant les tribunaux il était tout simplement inacceptable pour moi de recevoir cette distinction sur proposition de Monsieur Manuel Valls", a-t-elle ajouté. 

Infatigable militante

Déjà récipiendaire de la Légion d'honneur, cette survivante du tramway d'Oradour-sur-Glane, qui a perdu sa famille dans la massacre des habitants par le détachement de la Waffen-SS Das Reich le 10 juin 1944, est une infatigable militante syndicaliste et féministe.

Ancienne secrétaire générale du syndicat des chèques postaux, elle a compté parmi les membres dirigeants de la CGT des PTT. En 2014, cette voix qui porte dans le paysage mémoriel avait porté son nom sur la liste d'opposition du Front de gauche lors des élections municipales à Limoges.

Plus récemment, en octobre 2015, elle avait, malgré son âge avancé, assisté à la célébration des 120 ans de la création de la CGT, à Limoges, aux côtés du leader syndical Philippe Martinez.
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