Agen : les syndicats craignent pour l'avenir d'Upsa en Lot-et-Garonne

Après les élus locaux et les chambres consulaires, les représentants du personnel d'Upsa, premier employeur privé du Lot-et-Garonne, viennent d'alerter le gouvernement sur l'avenir de l'entreprise pharmaceutique, menacée, selon eux, par l'arrivée sur le marché d'un médicament générique.

    Dans une lettre ouverte au président de la République, au  gouvernement et à l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament), les délégués ont dénoncé début octobre un "nouveau coup dur (qui) met en danger la survie de l'entreprise".

    "Quelle économie réelle pour le contribuable serait réalisée si cela devait en parallèle menacer une grosse partie des emplois directs et indirects que génère Upsa ?", interroge la lettre.


 

Damalgo, un générique qui pourrait faire concurrence

    L'ANSM a en effet accepté la demande du laboratoire américain Mylan de mettre sur le marché le Damalgo, un générique du Dafalgan codéiné 500 mg pelliculé, produit par Upsa. Le Damalgo a été inscrit le 30 juillet au répertoire des génériques.

    Upsa est le premier employeur privé du Lot-et-Garonne avec 1.312 salariés sur ses sites agenais (sur un total de 1.573 en France), et représente près de 4.000 emplois induits dans ce département qui compte très peu de grosses entreprises privées, après la disparition de l'industrie métallurgique à Fumel au nord d'Agen.
 

Des courriers envoyés à Bercy

    Le 6 septembre, les trois députés LREM et les deux sénateurs LR et UDI du département avaient déjà adressé un courrier commun aux ministères de l'économie et de la santé pour alerter sur une décision qui "fragilise le site de production d'Upsa à Agen, avec un risque de licenciements massifs" si cette "générication" était étendue à l'ensemble du Dafalgan.

    Une tribune des élus locaux et des chambres consulaires avaient alerté le 26 septembre sur un "contresens économique absolu", outre les menaces sur l'emploi.
 

Un recours gracieux

    Selon la direction d'Upsa, le Dafalgan concerné représente 3,5% de la production totale de médicaments mais syndicats et élus s'inquiètent d'une possible inscription au répertoire des génériques de tous les paracétamols, déjà envisagée en 2013 et 2014.
    Une vague de protestation avait alors submergé la ville d'Agen symbolisée par une manifestation qui avait rassemblé des milliers de personnes le 11 janvier 2014.

    La direction d'Upsa, qui appartient depuis le 1er juillet au japonais Taisho, a indiqué à un correspondant de l'AFP avoir déposé un recours gracieux pour contester cette décision et son président François Duplaix a rencontré le 18 septembre le directeur de l'ANSM. L'ANSM a jusqu'au 5 novembre pour répondre à ce recours.
 
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